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L’heure du changement arrive, nous allons reconstruire le pays

DANS 16 JOURS, L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE

Manuel Marchal / 6 avril 2012

Depuis 5 ans, des adversaires du développement de La Réunion ont pu s’appuyer sur un État partisan pour bloquer les Réunionnais. Après le discours de leur papa Sarkozy, ils sont inquiets, car le président sortant est apparu en totale perdition. Sans le soutien du gouvernement, Didier Robert et ses amis seront eux-aussi en perdition. Ils n’auront plus la même capacité de nuisance pour empêcher les Réunionnais de reconstruire leur pays.

C’est à l’heure du crépuscule que Nicolas Sarkozy a commencé son discours mercredi sur un terrain vague à Pierrefonds. Et pour les caciques de l’UMP installés au premier rang, l’heure du crépuscule est aussi arrivée. Ils savent que les promesses du président sortant ne peuvent convaincre personne.
En effet, le problème du chômage de masse n’est pas nouveau dans notre pays. Quand il est arrivé au pouvoir, Nicolas Sarkozy avait dit faire de l’Outre-mer sa priorité, en promettant une nouvelle loi-programme dès le début 2008 avec application rétroactive au 1er janvier. Il a fallu que l’Outre-mer se soulève en févier 2009 pour que cette loi soit enfin discutée au Parlement. Tout s’est fait avec plus d’un an de retard, un délai qui a fait fuir les investisseurs.
Quand Nicolas Sarkozy conditionne l’exonération totale des charges pour les embauches des jeunes, se pose alors cette question : pourquoi ne l’a-t-il pas fait depuis cinq ans ? Le candidat UMP n’a donné aucune explication.
Quant à sa proposition d’abolir les normes européennes pour faire baisser le prix des carburants, il est difficile de croire que de tels propos aient pu être tenus par quelqu’un qui pas plus tard que l’an dernier était président du G20 et du G8.

Les Réunionnais spoliés

Cette indigence intellectuelle contraste avec le dynamisme de la campagne des forces du changement. D’où l’inquiétude chez les amis de Sarkozy à La Réunion, et en premier lieu pour son représentant Didier Robert. Car ils prennent conscience qu’ils n’auront plus l’appui de l’Élysée et du gouvernement pour se maintenir au pouvoir.
Après plus de deux ans de violences institutionnelles, quand, grâce à la fédération socialiste, l’UMP a pu s’emparer de la Région, le pouvoir central s’est fait le complice de la démolition des projets de développement.
Paul Vergès avait réussi à négocier plus de 2 milliards d’investissements dans deux grands chantiers, Didier Robert a tout démoli avec l’appui de Paris, trop content de spolier le peuple réunionnais.

Le changement arrive

Quand l’UMP a cassé le projet de Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise, l’État a donné son accord, alors qu’il est pourtant un des partenaires de ce projet culturel d’envergure mondiale. Et quand le peuple excédé se révolte, alors les peines de prison pleuvent comme des galets pendant que Didier Robert et ses acolytes courent se réfugier à la préfecture.
Mais dans un mois, leur papa Sarkozy ne sera plus là. Et tous ceux qui étaient mercredi au premier rang à Pierrefonds ne pourront plus compter sur l’appui de l’Élysée et du gouvernement pour maintenir le pays dans le non-développement. Le changement arrive, et les adversaires du développement ne pourront plus empêcher de reconstruire les projets qu’ils ont démolis.

M.M. 

L’État instrument de la violence institutionnelle

Depuis 2007, les adversaires du développement ont bénéficié de l’appui d’un État partisan pour se maintenir dans des positions de pouvoir. La Réunion a été le terrain de la violence institutionnelle visant les collectivités à direction progressiste. Cela a été tout d’abord le refus de l’État d’assumer sa compétence en matière de continuité territoriale.

Sous la direction de Paul Vergès, la Région avait mis en place des critères permettant de faire voyager des dizaines de milliers de personnes. Cela donnait entière satisfaction aux Réunionnais. Alors le gouvernement UMP a décidé de tout stopper en refusant de payer. Il s’agissait alors de discréditer la Région, qui était à ce moment-là un moyen de résistance contre la politique de casse sociale du gouvernement.

Impunité pour des hors-la-loi UMP (inter)

Il y eut ensuite les mises en examen de maires communistes pour des problèmes liés à l’assainissement, alors que la responsabilité était à rechercher ailleurs.

Quelques mois plus tard, en novembre 2008, des camionneurs conduits par Joël Mongin annoncent devant les caméras de RFO et devant le préfet Maccioni qu’ils vont assiéger la Région. Le préfet laisse faire et dit sa compréhension. Pendant plus de 48 heures, une institution de la République est donc assiégée par une bande de hors-la-loi pour qui l’impunité est garantie.

Les moyens de l’État au service de l’UMP (inter)

En juillet 2009, le Premier ministre vient participer à l’inauguration de la route des Tamarins. L’État laisse Joël Mongin et sa clique agir encore en toute illégalité. Ils dressent à la sortie de l’aéroport une banderole insultant les élus du peuple n’appartenant pas au camp de Didier Robert et Sarkozy. Dans le même temps, ils recommencent à assiéger la Région. Ils sont ensuite escortés par les gendarmes pour s’installer dans le champ des caméras quand Fillon commence son discours.

En novembre 2009, il y eut le scandale de la faillite de l’ARAST et l’implication du préfet dans le pourrissement de la situation. Au lieu de mettre la pression sur l’AGS afin que les indemnités soient versées sans délai aux travailleurs comme le prévoit la loi, le préfet a laissé la future vice-présidente UMP de la Région mener une occupation du Conseil général dans un but clairement politicien.

Manifestement, les moyens de l’État étaient utilisés pour déstabiliser des institutions qui n’étaient pas dans les mains de l’UMP.


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