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L’imposture

Didier Robert a toujours été opposé aux réalisations montrées à Navin Rangoolam

Témoignages.re / 27 janvier 2011

Les réalisations exhibées avec fierté au Premier ministre mauricien sont les fruits d’une politique à laquelle l’UMP a brutalement mis fin.

Les médias réunionnais ont largement couvert la visite du premier ministre mauricien Navin Ramgoolam, qui s’est rendu avant-hier sur les sites de la plate-forme logistique Logistisud, avant d’assister à l’inauguration de la ferme agri-solaire de Bérive, sur la commune du Tampon. Une visite dont l’UMP nationale, qui a dépêché Marie-Luce Penchard, et locale, via ses représentants, ont voulu faire un grand moment de communication. Difficile pourtant de ne pas trouver des airs de comédie à l’opération séduction effectuée par ces derniers en direction du dirigeant de l’île sœur. En montrant M. Rangoolam les fleurons du développement économique de La Réunion, ses hôtes ne font que présenter des réalisations acquises et rendues possibles par la politique menée sous la précédente mandature… grâce à une politique à laquelle ils ont mis un coup d’arrêt.

Le travail des autres

Si Paulet Payet, Didier Robert et compagnie se contentaient de récupérer les honneurs dus au travail des autres, il n’y aurait finalement là qu’un procédé politicien classique. Mais la com’ de l’UMP va bien au-delà de l’indélicatesse : car c’est toute la politique qui a permis à ces réalisations de voir le jour qui a fait l’objet de dénonciations ou d’attaques de la part des dirigeants UMP de la Région. Devant le dirigeant mauricien, Alex How-Choong de Logisud a lui-même souligné l’importance décisive de la Route des Tamarins, axe de circulation essentiel dans l’Ouest, sans laquelle la plate-forme logistique qu’il exploite n’aurait pas vu le jour. Les installations dans le domaine de l’énergie solaire, photovoltaïque et de l’énergie marine ont été engagées grâce à une politique volontaire visant à l’autonomie énergétique, définie et mise en application à partir de 1999. Celle-ci a bénéficié de l’activisme déployé au cours des deux mandatures de l’Alliance : le photovoltaïque a été soutenu grâce à des modes de financement assumés par la Région et l’Europe, qui furent ensuite remplacés par des mesures de défiscalisation. Le développement de l’éolien bénéficia de dispositifs du même ordre ; dans le même temps, le Conseil régional investissait massivement dans la recherche et le développement de technologies alternatives au tout-pétrole et au tout-automobile.

L’élan brisé du développement durable

Or, les représentants de la majorité actuelle, alors dans l’opposition, n’ont guère ménagé les critiques et l’obstruction systématique à la Route des Tamarins. L’exemple du tram-train, arrêté à la veille du démarrage par Didier Robert, ne laisse planer aucun doute : si l’UMP avait eu les moyens institutionnels d’empêcher la construction de la Route des Tamarins, elle l’aurait fait sans état d’âme. Comme elle a détruit sans état d’âme le projet de la géothermie, comme elle a sans état d’âme appuyé son gouvernement dans le « rabotage » des mesures qui avaient permis l’essor de l’énergie solaire, et comme elle a sans état d’âme laissé EDF déménager aux Antilles l’expérimentation de l’énergie thermique marine, partiellement financée par les contribuables réunionnais. La venue de M. Ramgoolam était la première du genre. On peut sans s’avancer prédire que s’il revenait dans trois ans, il ne serait pas plus en mesure qu’aujourd’hui de contempler les grands travaux de la mandature Robert. Car après presque une année après l’élection régionale, ni le Trans-éco-express, ni la « nouvelle » route du Littoral n’ont connu le moindre commencement de réalisation.

Geoffroy Géraud-Legros


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