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L’Irlande appelle l’Europe et le FMI au secours

Conséquence de la nationalisation des dettes des banques

Témoignages.re / 23 novembre 2010

Voici quelques années, nombreux étaient ceux qui vantaient les mérites de l’Irlande, le « Tigre celtique », y voyant même un modèle pour sortir La Réunion de la crise. Aujourd’hui, ce pays est au bord de la faillite, et c’est la mobilisation en Europe pour empêcher l’écroulement d’un pays de la zone euro. Des dizaines de milliards d’euros vont être injectés dans les caisses d’un État qui a décidé de couvrir toutes les dettes des banques de son pays. Cette décision a fait exploser le déficit, qui atteint 32% du PIB, soit plus de 10 fois la limite. Cela se passe au moment où le gouvernement annonce dans le prochain Budget des coupes budgétaires dans tous les domaines.

L’Irlande a officiellement demandé l’assistance de l’Union européenne et du Fonds monétaire international pour sauvegarder sa stabilité financière, rejoignant ainsi la Grèce dans une requête impensable il y a quelques années encore, lorsque le pays était cité en exemple sur le plan économique. Certains y voyaient même un modèle pour La Réunion. Mais le « Tigre celtique » doit rendre les armes, et il vient de solliciter et d’obtenir des pays de l’Union européenne une aide de plusieurs dizaines de milliards d’euros.
Car les ministres des Finances de l’Union européenne ont rapidement accepté le principe d’un sauvetage destiné à protéger « la stabilité financière au sein de l’UE et de la zone euro ».
La Banque centrale européenne (BCE) — qui supervise la politique monétaire des 16 pays utilisant l’euro et qui avait été la première à tirer l’alarme sur une crise de liquidités des banques irlandaises — a estimé que l’aide « contribuerait à assurer la stabilité du système bancaire irlandais ». La Grande-Bretagne et la Suède, qui ne font pas partie de la zone euro, se sont déclarées disposées à octroyer des prêts bilatéraux à Dublin.
Le ministre irlandais des Finances, Brian Lenihan, a précisé que son pays avait besoin de moins de 100 milliards d’euros à utiliser sous la forme d’une ligne de crédit en faveur des banques, garanties par l’État. Il a fait état d’une durée des prêts de trois à neuf ans.
Le directeur général du FMI, Dominique Strauss-Kahn, a déclaré que son organisation se tenait « prête à se joindre à cet effort, y compris par le biais d’un prêt sur plusieurs années ». Il a précisé que des spécialistes du FMI, arrivés la semaine dernière à Dublin, tiendraient des « discussions rapides sur un programme économique avec les autorités irlandaises, la Commission européenne et la Banque centrale européenne » (BCE).

Transfert de la dette du privé au public

L’Irlande s’est retrouvée au bord de la faillite après avoir pris la décision en 2008 d’assurer ses banques contre toutes les pertes. La facture s’est envolée au-dessus de 50 milliards d’euros et a poussé le déficit de l’Irlande vers les abysses.
Longtemps, le pays a résisté à l’idée d’un sauvetage, mais Brian Lenihan a observé qu’il était malheureusement devenu évident que l’Irlande avait besoin d’une « puissance de feu financière » pour accompagner son propre plan d’assainissement des comptes et de restructuration du secteur bancaire.
Le pays de 4,5 millions d’habitants est désormais confronté à au moins quatre années supplémentaires de sévères coupes budgétaires et hausses fiscales s’élevant à un total d’au moins 15 milliards d’euros, dans le cadre d’un plan de consolidation budgétaire et de réformes structurelles. Il entend ainsi ramener son déficit dans les limites de 3% du Produit intérieur brut (PIB) de la zone euro d’ici à 2014, alors qu’il s’élève aujourd’hui à 32% du PIB — un record européen.
La décision de l’Irlande de se tourner vers l’UE intervient six mois après l’organisation par l’UE et le FMI d’un plan de sauvetage de 110 milliards d’euros sur trois ans en faveur de la Grèce, et la décision de créer un Fonds européen de stabilité financière (FESF) — mécanisme doté au total de 750 milliards d’euros — pour tout autre membre de la zone euro confronté à un risque imminent d’insolvabilité.


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