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L’irruption des religieux dans le débat politique sanctionnée

Echec de la manifestation contre le mariage pour tous

Manuel Marchal / 11 décembre 2012

Dimanche avait lieu à l’appel de plusieurs groupes religieux une manifestation sur un problème qui n’est pourtant pas religieux. Cette irruption du religieux dans le débat politique rappelle une époque où la croyance était utilisée pour peser sur une élection.

Dimanche dernier, une manifestation était organisée à l’appel d’un collectif "tous pour le mariage homme-femme" animé par des représentants de plusieurs groupes religieux. Ils comptaient rassembler plus de 5.000 personnes à Saint-Denis pour montrer l’opposition des Réunionnais au mariage pour tous.

Cette manifestation n’a pas atteint son objectif, et elle lève le voile sur une étonnante méthode. Tout d’abord, le nombre de participants était en deçà des prévisions. Ces dernières apparaissaient pour le moins minimalistes, car on peut se souvenir que sur d’autres sujets, plus de 20.000 Réunionnais avaient répondu à l’appel. Mais n’est-ce pas la revendication qui est la raison de l’échec de la mobilisation ?

La religion n’est pas concernée

En effet, l’objectif de la manifestation était de faire pression sur le gouvernement pour qu’il recule sur un projet de loi autorisant le mariage pour tous. Cette loi n’a rien à voir avec la religion. Elle vise à accorder les mêmes droits civiques, successoraux et politiques, à des couples qui n’ont pas la possibilité aujourd’hui de se marier.

Le législateur ne s’immisce pas dans le religieux. Il n’impose pas aux doctrines religieuses l’obligation de transcrire dans leurs écritures une évolution du droit civil. D’ailleurs le 9 septembre n’est-il pas l’anniversaire de la loi de la séparation de l’Église et de l’État votée en France en 1905 puis appliquée quelque temps plus tard à La Réunion ?

Par contre, la mobilisation de dimanche a montré que le religieux veut imposer ses vues à la sphère civile en disant à des couples homosexuels : « vous n’aurez pas l’égalité de traitement » car le mariage pour tous s’oppose à la "loi naturelle".

Manifestation contre le changement

Cette idée de loi naturelle a varié en fonction des époques. Fut un temps où un pape promulgua une Bulle autorisant la mise en esclavage de populations qui n’étaient pas chrétiennes. À La Réunion, les responsables de la religion dominante soutenaient l’esclavage, était-ce l’application de la "loi naturelle" ?

La "loi naturelle", ce fut également l’interdiction jusqu’en 1945 du vote des femmes et la répression de la liberté d’expression.

C’est là que se situe le fond du problème. Chaque modification dans la société a eu des adversaires, qui sont souvent des personnes bien établies qui refusent de voir la société changer.

Le mot d’ordre de la défense du "mariage homme-femme" est d’ailleurs pour le moins singulier. Car la conséquence du soutien de la religion dominante à l’esclavage fut l’interdiction de l’union légitime avec des esclaves. Même après l’abolition de l’esclavage, cette interdiction a laissé des traces. Les mariages mixtes ont commencé à sortir de l’interdit que depuis une époque récente.

Que la question du mariage pour tous provoque un débat, oui. Mais qu’il n’y ait aucune stigmatisation, et que la religion ne vienne pas faire pression sur un sujet qui ne la vise pas.

M.M.

À quand une marche contre le chômage ?

Manifestement, le mariage pour tous n’est pas le débat qui touche le plus la population. Rares sont en effet les familles réunionnaises épargnées par le chômage.

Pourquoi donc les responsables religieux du collectif n’organisent-ils pas une marche contre le chômage ? Une marche contre le mal-logement ? Une marche contre la vie chère ?

Pourquoi ne pas joindre ses forces à celles d’autres organisations qui luttent pour la réalisation d’un objectif qui ne peut que recevoir l’assentiment des religions : la justice sociale ?

Voilà qui permettra d’éviter tout procès en diversion.



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Messages






  • A kan un marché de dupe pour les chômeurs il ne fo pas confondre coco dur et abricot

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  • Revenir au bon vieux temps o les religieux ...
    C’est le 20 septembre 1792 qu’a été institué la laïcité du mariage.Ce jour-là le mariage est défini comme une institution républicaine, un acte juridique solennel.Jusqu’à cette date rvolutionnaire les religieux étaient les seuls à ternir le registre des mariages. Que dire sur la reconnaissance des enfants naturels et adultérins ? Même pendant ces années de Notre siècle de LUMIERES , même notre grand ami rvolutionnaire Monsieur SCHOELCHER n’a pas réussi à convaincre l’Assemble Nationale le 16 fvrier 1875 que ces enfants étaient des enfants et que ces enfants ne pouvaient pas être considrs comme "hors la loi "sur les successions ,à la filiation parentale. Il a fallu attendre les lois du 15 dcembre 1904 et celle de 1907 pour que ces enfants soient enfin reconnus. 1905 : la séparation de l’ Eglise et de l’ Etat. La République laque est née. Les dignitaires de nos religions existantes pendant ces siècles de l’Ancien Régime ont été les grands défenseurs du droit d’ Ainesse.Faut pas l’oublier. Ni leurs combats contre les lois de BONAPARTE qui remettaient en cause ce droit d’anesse.
    Lorsque la République Française a voté en 1999 la reconnaissance du statut de concubin et surtout a mis en place et a voté pour le statut de partenaires -Le PACS- Les religieux sont une nouvelle fois descendus dans la rue pour "réclamer" leur ancien dû. Chacune et chacun se souvient de ce que l’on a pu entendre : c’est la fin du mariage..c’est la porte ouverte à la polygamie et le droit à la prostitution légale, la fin de la fidélité entre les époux...Rien de ce que ces religieux avaient prédis n’a vu le jour . Bien au contraire, il y a eu plus de mariage...Faut reconnatre : c’est dur de renoncer à ses anciens privilges ...
    Les dignitaires des institutions religieuses ne mettent plus en cause ce statut du concubin , ni le P.A.C.S.
    Je laisse volontiers mes derniers mots pour aujourd’hui un Abbé , prêcheur, qui déclare :" Impossible aujourd’hui de refuser une égalité de Droits. Nous sommes dans une République de DROITS." Il se nomme : Abbé Alain MAILLARD de la MORANDAIS. Dois-je nommer les nombreux conseils de paroisse qui ont exprimé le mme sentiment .
    "Aimons-nous les uns les autres comme je vous ai aimés." Et Jésus a aimé cette prostituée en interpellant ces "bien intentionns" : "Que le premier qui n’a jamais pêché lui jette la première pierre". Puis Jésus a dit " Ce que vous ferez aux plus petits des humains, c’est moi que vous le faîtes."
    Pardon pour mon "irruption "dans la vie religieuse...Comment puis-je oublier mon éducation religieuse !
    Aimé TECHER

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