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L’UMP accélère sur les retraites

Le gouvernement tire les premiers enseignements des Régionales

Témoignages.re / 26 mars 2010

Le premier Conseil des ministres suivant la large défaite de l’UMP aux Régionales a montré une évolution de la politique du gouvernement. Le cap ne change pas, et la mise en place des mesures sera accélérée sauf dans le domaine de l’environnement où le principe de la taxe carbone est remis en cause.

À la sortie du Conseil des ministres, Nicolas Sarkozy a fait une déclaration publique. En voici quelques éléments : il a assuré « comprendre l’impatience » des Français, mais affirmé qu’il allait « poursuivre les réformes ». Puis il s’est directement adressé à certaines catégories de son électorat de 2007.
D’abord, les agriculteurs : « Je le dis clairement, je suis prêt à aller une vers crise en Europe plutôt que d’accepter le démantèlement de la Politique agricole commune et de laisser la spéculation fixer de façon erratique des prix agricoles qui ne permettraient pas à nos agriculteurs de vivre décemment du fruit de leur travail », a-t-il affirmé. Nicolas Sarkozy a confirmé qu’il subordonnait désormais la mise en place d’une taxe carbone en France et la conditionnait à la création d’un tel dispositif aux frontières de l’Union européenne.
Ensuite, le chef de l’État a voulu s’adresser aux médecins. Il affirmé qu’une « grande concertation » allait s’engager sur les difficultés auxquelles est confrontée la médecine de proximité. « Depuis trois ans, l’essentiel de nos efforts ont porté sur l’hôpital et les personnels hospitaliers, le temps est venu d’attacher la même attention à la médecine de proximité », a déclaré le président de la République. « Le temps n’est pas aux rustines en la matière », a-t-il dit. Les syndicats de médecins libéraux ont exprimé ces dernières semaines un malaise grandissant.
Par ailleurs, Nicolas Sarkozy a voulu rassurer l’électorat âgé. Ainsi, il a affirmé qu’il ne « passerait pas en force » lors de la réforme des retraites, « mais avant six mois, les mesures nécessaires (...) auront été adoptées », a-t-il ajouté.
Ces points amènent un commentaire :
concernant la politique agricole et la taxe carbone, la mise en place d’une "taxe carbone" aux frontières de l’Europe est un dispositif protectionniste. Cela entre en contradiction avec les règles de l’Organisation mondiale du commerce. Il reste donc à savoir si la France peut convaincre les 26 autres États membres de l’Union européenne d’adopter ce point de vue. C’est en effet la Commission européenne qui discute à l’OMC au nom des 27 États membres de l’Union européenne.
L’autre point à noter est la volonté d’aller vite sur le dossier des retraites. Alors qu’en France, des centaines de milliers de personnes ont participé à des défilés de protestation, le gouvernement a été restructuré en vue de l’adoption de ces changements. Donc pas question pour lui de changer de cap, la stratégie est d’aller encore plus vite.
Ce qui n’est pas dit dans cette déclaration, c’est un élargissement du gouvernement à d’autres composantes de l’UMP. Le poste clé de ministre du Budget est confié à François Baroin, un proche de Jacques Chirac, et cela au même moment où Dominique de Villepin annonce la création d’un nouveau mouvement politique.
Cela prend donc le contrepied des attentes de ceux qui pensaient que la poussée de la Gauche française allait amplifier l’ouverture du gouvernement à d’autres personnalités dites de Gauche. Au contraire, c’est une "droitisation", qui n’est sans doute pas étrangère à la poussée du Front national en France.
À deux ans de la Présidentielle, la stratégie de la campagne de Nicolas Sarkozy commence à se mettre en place.


Bernard Debré, député UMP

« Jospin à l’envers » à la Présidentielle de 2012 ?

Le député UMP Bernard Debré a constaté un manque de visibilité de la politique gouvernementale.
« On ne comprend plus grand-chose », a-t-il dit. « On a voulu draguer les écolos avec la taxe carbone, draguer le Front national avec l’identité nationale, draguer je ne sais pas qui avec l’ouverture. Finalement, on n’a dragué personne ».
« Si nous continuons comme ça, à avoir une politique incompréhensible, nous aurons en 2012 les socialistes et le Front national et nous serons éliminés. Ça sera Jospin à l’envers », a-t-il ajouté.
En 2002, le Premier ministre et candidat socialiste de l’époque, Lionel Jospin, avait été devancé au premier tour par le candidat d’extrême droite Jean-Marie Le Pen et éliminé.


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