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L’UMP continue de culpabiliser les victimes de sa politique

Nouvelle attaque contre les allocataires du RSA

Manuel Marchal / 9 juin 2011

Après Laurent Wauquiez, membre du gouvernement, c’est cette fois-ci Jean-François Copé, le secrétaire général de l’UMP, qui lance l’offensive contre les plus démunis. L’objectif est d’obliger des allocataires du RSA à travailler quelques heures par semaine en échange du SMIC horaire.

Un mois après Laurent Wauquiez, secrétaire d’État aux Affaires européennes, c’est au tour de Jean-François Copé, secrétaire général de l’UMP, de lancer l’offensive contre les plus démunis quelques heures avant une réunion du parti au pouvoir sur le thème de la "justice sociale". Il propose d’obliger les personnes qui touchent le RSA et qui sont sans emploi à accepter un travail de 5 heures par semaine. Différence avec l’idée annoncée par Laurent Wauquiez, cette fois-ci, les allocataires du RSA ne sont plus soumis à un régime de bénévolat, mais percevront en échange le SMIC horaire.
En cas de refus, alors le RSA, qui ne s’élève qu’à 466 euros, sera encore réduit.
C’est donc à nouveau le travailleur qui est culpabilisé. S’il est au chômage depuis tellement longtemps qu’il a épuisé tous ses droits à une indemnisation, c’est bien parce que l’État n’a pas été capable de faire respecter son droit à l’emploi.
À La Réunion, le gouvernement porte une lourde responsabilité dans l’aggravation du chômage, et donc dans celle du maintien de plus de 90.000 Réunionnais au RSA. Il suffit de constater que le pouvoir central a brutalement mis fin au système de subvention de la construction privée, puis a diminué la Ligne budgétaire unique (LBU) chargée de financer le logement social.
Les conséquences de cette décision sont désastreuses, le BTP met un genou à terre. Le coup de grâce est donné par l’UMP dès son accession à la Région. Didier Robert décide d’arrêter tous les grands chantiers. Le tram-train et la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise étaient déjà financés, les travaux prêts à démarrer, l’UMP stoppe tout. Cela prive notre économie de toute solution de reprise, et jette au chômage des milliers de travailleurs.
Face à cette proposition de l’UMP, deux attitudes sont possibles.
Hier à la télé, sur Réunion Première, Pierre Vergès a fermement condamné une mesure démagogique visant à draguer les électeurs de l’extrême droite. Le vice-président du Conseil général a rappelé que le problème fondamental, c’est l’emploi.
Pour sa part, Didier Robert, interrogé par France Inter hier, a un autre point de vue. À aucun moment il ne condamne cette idée. Ce qui signifie donc un soutien à la poursuite de la casse sociale par son parti, l’UMP.
L’UMP persiste à culpabiliser les victimes de sa politique. Cette nouvelle attaque montre combien il est nécessaire d’accentuer la mobilisation pour réussir le changement l’an prochain.
La solution réside dans la lutte contre le chômage, et à La Réunion, le PCR propose la création de deux grands services d’intérêts publics qui pourront créer dans l’urgence de véritables emplois durables pour les allocataires du RSA.

M.M.


Didier Robert soutient la proposition de l’UMP

Interrogé sur les propos tenus par Laurent Wauquiez dénonçant le cancer l’assistanat, Didier Robert n’a pas pris la défense des travailleurs visés. Il s’est borné à répéter que « tout le monde sent bien que ce sont des éléments de caricature dans les propos », et donc pas du mépris ou de l’insulte. En bon soldat UMP, Didier Robert a donc volé au secours de son ministre.
Interrogé ensuite sur la proposition du secrétaire général de l’UMP d’obliger les allocataires du RSA à travailler 5 heures par semaines payées au SMIC, le député UMP a tenté de tourner autour du pot avant d’être pris la main dans le sac. Il a commencé par dire en substance que peu importent les chiffres, « il y a des gens qui sont demandeurs de cela ». Il a ensuite cité en exemple les emplois aidés, affirmant qu’il faut qu’il y ait une économie marchande et une économie d’accompagnement « à travers les emplois aidés ». Cela n’est pas sans rappeler la fameuse formule de son ami Michel Vergoz, quand il parle des deux jambes de l’économie. Là aussi, pas d’opposition au projet de l’UMP, donc soutien.


Les auditeurs de France Inter pris pour des imbéciles

Sur les dossiers de l’éducation et de la défiscalisation, Didier Robert n’a pas craint de prendre les auditeurs de France Inter pour des imbéciles. Il a en effet adopté un point de vue totalement opposé à ses actes. À l’Assemblée nationale, le député UMP en mission n’a jamais voté contre les collectifs budgétaires qui entrainent les suppressions de postes dans l’Éducation nationale et la casse des énergies renouvelables.
Sans doute le journaliste chargé d’interviewer Didier Robert n’avait pas cette information en sa possession, ce qui explique pourquoi il a conclu en disant que Didier Robert n’était pas d’accord avec la Direction de l’UMP.


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