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L’UMP, la droite populaire, le FN et l’immigration

Sur le blog de Pierre Vergès

Témoignages.re / 9 juillet 2011

Tout le monde connaît l’UMP. Le FN aussi. Mais la « Droite populaire » ? C’est un groupe né après la défaite de l’UMP aux élections régionales de mars 2010. Il est essentiellement composé de parlementaires venus du Sud-Est de la France. C’est loin d’être un hasard ou une spécificité géographique. C’est tout simplement une région dans laquelle le Front national a pu s’implanter fortement.

Ces parlementaires ont connu en août 2010 une sorte d’approbation présidentielle. C’était lors du trop célèbre « discours de Grenoble », prononcé par Sarkozy.
Depuis près d’un an maintenant, ils sont présents dans tous les débats, posent amendements sur amendements. Ils lancent des idées comme celle de réformer la double nationalité. « Ils étaient également très présents lors du débat sur la laïcité ».
Leur credo : patriotisme, laïcité, valeurs de la République, dignité sociale et solidarité, autorité, mérite et respect à l’école, immigration contrôlée et maîtrisée, rejet du sentiment d’impunité et du laxisme, soutien aux forces de l’ordre.
Cette « Droite populaire » se situe donc entre l’UMP et le FN. Et elle entend peser de tout son poids pour l’élection présidentielle. C’est dire ce qui nous attend. Même si au sein de l’UMP, tout le monde ne partage pas ces orientations.

Un « permis de séjour à points »

Toujours est-il que lors de la convention organisée par Jean-François Copé et animée par le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, mercredi, leur voix a été entendue. Ils ont réussi à faire passer leurs idées quant à l’immigration.
Ils ont obtenu que le délai de la durée de rétention passe de 45 jours à 2 mois, et que le nombre de places dans ces centres passe de 2.000 à 2.500.
Ils veulent également que l’on verse les prestations sociales seulement aux familles respectant les « obligations scolaires » (ce qui serait un renforcement sélectif de la loi Ciotti de 2010).
Ces prestations ne seraient également servies qu’à celles et ceux présentant « toutes les caractéristiques d’une bonne intégration ».
Ils ont également proposé que la durée de séjour des étrangers pour bénéficier du regroupement familial passe de 18 mois à 2 ans.
Avec la bénédiction de l’UMP, ils proposent également de limiter les régularisations de clandestins, ces régularisations ne pouvant se faire que lorsque la « famille est totalement assimilée ». Voire si elle est dans une situation humanitaire grave.
Autre incroyable proposition : un « permis de séjour à points », tout du moins un système de points obtenus par les candidats à l’immigration, en fonction de leur âge, leur maîtrise de la langue française, leur profession et leur expérience professionnelle, de leurs qualités, de leurs atouts… et des besoins éventuels de la France…
C’est dans le droit fil du principe de « l’immigration choisie » défendu par Sarkozy au cours de sa campagne présidentielle en 2007.

Une caution pour les visiteurs

L’UMP a même suggéré d’instaurer dans l’espace Schengen un système de caution/retour pour les dossiers « à risque » : lors d’une demande de visa présentant « un risque », les services consulaires seraient en droit de réclamer une caution, qui ne serait rendue qu’une fois le retour dans le pays effectué.
C’est un nouveau virage à droite du côté du FN que vient d’effectuer l’UMP, même si Copé s’en défend. Alors, voulant minimiser ces attaques, il tente de faire croire que la France est de loin un pays plus accueillant et bien moins sévère que d’autres.
Qui peut encore le croire ?


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