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L’UMP veut-il fausser la concurrence ?

Des fonds publics pour aider des entreprises à combler un retard provoqué par un sous-investissement ?

Témoignages.re / 21 avril 2011

De l’association dirigée par Yann De Prince au pouvoir central en passant par l’UMP, ou comment l’argent public risque d’être utilisé pour venir en aide à des entreprises qui ont moins investi que d’autres. Étonnant de voir comment l’UMP peut intervenir pour fausser la concurrence.

Janvier 2010, l’association dirigée par Yann De Prince réclame
L’ARTIC, alors dirigée par le PDG de Mobius, diffusé une "note blanche" demandant que des fonds publics subventionnent des entreprises privées, voici un extrait révélateur de ce "White Paper" :
« Le Fonds de continuité territoriale numérique pourrait accélérer le désenclavement de l’île : 15 millions d’euros suffiraient pour disposer de 1 Gbit de capacité de transport de données sur un câble d’une durée de vie moyenne de 15 ans !
L’installation à La Réunion de
serveurs de contenus peut contribuer à économiser de la bande passante sur les câbles sous-marins qui relient l’île à l’extérieur ».



Le 4 février 2010, l’UMP fait siennes les propositions de la "note blanche" de l’ARTIC
Jean-Paul Virapoullé et Didier Robert présentent le programme de l’UMP pour les TIC durant la campagne des régionales. Coïncidence ? Ils reprennent la thèse de la "note blanche" de l’ARTIC : donner 15 millions d’euros aux actionnaires du SAFE, le câble de France Télécom, pour acheter une capacité de transport de données sur un câble.

23 février 2010, Zéop dénonce le scandale
Pascal Laflamme, directeur de Zéop, concurrent de Mobius, met les points sur les i dans une dépêche diffusée par DOM TOM ADSL sur la base d’un article publié par le "JIR". Il dénonce l’utilisation d’argent public au profit d’entreprises qui veulent que le contribuable gomme leur retard concurrentiel sur Zéop :
«  Certains opérateurs proposent de faire subventionner l’achat de bande passante dédiée à alimenter des serveurs de cache sur l’île. Cette proposition nous scandalise car Zeop a installé, dès son arrivée sur l’île en 2008, de tels équipements pour son réseau. Cette technologie nous permet aujourd’hui d’accélérer près de 30 % de nos échanges. (…) Il s’agit pour nous d’un avantage concurrentiel et nous avons du mal à comprendre pourquoi d’autres opérateurs auraient accès à un tel avantage en puisant sur des fonds publics et donc sur l’argent du contribuable réunionnais ».

20 avril 2011, l’État reprend le principe de la "note blanche" de l’ARTIC soutenue par l’UMP
Dans un communiqué, l’État s’aligne sur la demande présentée par l’association dirigée au moment des régionales par Yann De Prince et soutenue par l’UMP : « une subvention directe aux FAI », « un achat public de capacité pour le mettre à disposition des FAI au tarif métropolitain », « un achat public de capacité et de serveur-caches ». Dans ces trois propositions, l’argent public vient au secours des entreprises qui n’ont pas fait le nécessaire pour offrir la meilleure qualité de service à leurs clients. Autrement dit, l’État suit l’UMP et intervient pour fausser délibérément la concurrence. Lorsque l’on sait qui sont les auteurs de la proposition originale, il est facile de savoir à qui va profiter cet argent public.
Reste une dernière inconnue, quel sera le montant des fonds publics qui seront distribués directement ou indirectement à ces entreprises ?


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