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L’"Union" de Didier Robert vient de phagocyter l’UMP Réunion

Dimanche à Saint-Pierre :

Témoignages.re / 15 décembre 2009

Les médias ont rendu compte d’un meeting que les uns présentent comme lancement de campagne des élections régionales quand d’autres parlent d’union de la droite. On n’est pas mieux sorti du flou quant au nombre qui, selon les mêmes observateurs, varie de quelques centaines à 1.500 voire 2.000 ou 3.000 ! Pourquoi est-ce si compliqué à déceler une simple vérité : Didier Robert vient de phagocyter l’UMP-Réunion, dans la tentative de créer un parti autonomiste de droite.

L’UMP-Réunion a vécu, vive "l’Union" !

Au lendemain des élections municipales et cantonales de mars 2008, la mouvance de droite avait perdu la capitale, Saint-Denis, les chefs-lieux d’arrondissements, Saint-Paul et Saint Benoît, ainsi que les communes de Saint-André, Saint-Louis et Saint-Leu. Didier Robert profita de la situation de détresse de ses camarades et les organisa pour s’accaparer de la présidence du Conseil général. En catimini, il peaufine son plan pour renverser la présidente sortante, UMP, Nassimah Dindar, dont Nicolas Sarkozy avait fait l’éloge en 2007 en prononçant un mémorable « Dinedar ».

À l’aide de ses amis centristes, il organisa une "primaire" en interne et réussit à évincer Mme Dindar qui n’avait plus que ses yeux pour pleurer. Une petite place lui fut quand même offerte dans la nouvelle majorité. Mais, lorsqu’elle a demandé à ses collègues de sa majorité sortante d’expliquer les raisons de cette sanction, la réponse fut cinglante : c’était à prendre ou à laisser !

Mme Dindar interroge la direction parisienne sur cette ambition fratricide au moment où la droite est un champs de ruine. Elle est encouragée à résister à cette tentative de faire perdre à l’UMP, une présidence départementale historique. Avec courage, elle réussit à sauver sa présidence en l’élargissant à d’autres composantes républicaines.

L’UMP à Paris a été tenue pour responsable de l’échec de ce putsch avorté. Dans la foulée, Didier Robert et ses amis ont crée "Objectif Réunion". Ce qui est apparu pour certains comme une saute d’humeur n’était autre qu’une tentative de construire un nouveau parti politique, radical, non inféodé à Paris et s’attaquant sans concession aux exécutifs des 2 assemblées locales, Conseil régional et Conseil général.

Et pour bien montrer la rigidité de ses positions, le maire du Tampon annula la construction de la rocade, un projet routier de plus de 100 millions d’euros alors qu’il avait voté toutes les délibérations en Conseil municipal, sous le majorat d’André Thien Ah Koon.

Ce qui s’apparente à un caprice est en fait une constante politique. Après avoir reçu des mains de TAK, les clefs de la mairie, il profite pour l’éjecter comme un malpropre du bureau qu’il occupait encore dans la place. Après s’être bien servi en emplois aidés durant la campagne électorale par le Conseil général, il s’emploie à éliminer la présidente sortante. Après avoir utilisé ses camarades pour créer Objectif Réunion et dénoncer l’UMP-Paris, il négocie en catimini une place au bureau national de l’UMP ; ce qui provoqua la colère de Jean-Louis Lagourgue, pas content du tout d’apprendre cela par les médias. La dernière étape a eu lieu à Saint-Pierre, ce dimanche.

"Le Congrès de l’Union"

C’est l’intitulé exact de la rencontre de ce dimanche. Cette union comporte 7 organisations. L’UMP est une simple composante de "L’Union" rangée au troisième rang de la représentation par logos, coincé entre la Relève et la Gauche moderne. Cela apparaît clairement en couverture de la brochure éditée à cette occasion et qui comporte le discours de Didier Robert, en photo légendée : "Congrès de l’Union, Discours de Didier Robert". Les 8 autres interventions, c’était pour amuser la galerie. À ceux qui n’avaient pas compris les raisons de leur présence, l’orateur rappelle en p.3 : « Merci d’être venus si nombreux des quatre coins de l’île, à ce Congrès fondateur de l’Union, à exprimer votre adhésion à la démarche que nous avons initiée ». Et, si l’orateur parle à la première personne du pluriel tout le long du discours, à la fin, il parle de lui à la première personne, pour mieux rappeler que le chef, c’est bien lui mais surtout qu’il est infaillible : « j’ai la conviction en moi de pouvoir réussir... ». Après ses déboires aux élections de la présidence départementale, un autre aux élections européennes, après 4 échecs électoraux partiels, il y a 2 mois, la vanité du chef est intacte.

Ce public qui a reçu peu encore Eric Raoult, responsable de l’UMP pour l’Outre-mer, venu prêter main-forte aux candidats UMP lors des dernières partielles, a été certainement étonné du silence des instances nationales. De Paris, il n’y avait ni message ni messager. Est-ce le signe d’un phagocytage réussi de l’UMP, sous couvert d’ouverture à 2 groupuscules : la gauche moderne de Louis-Bertrand Grondin et Emergence Réunion de Serge Camatchy ?

JB


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