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« L’union doit être notre force »

Hervé Lauret

Témoignages.re / 17 décembre 2010

Lors de son intervention, samedi après-midi, Hervé Lauret a souligné que « nous devons avoir pleinement conscience de notre rôle de militant communiste, et ce, quelque soit notre rang dans la société, que l’on soit jeune ou ancien, élu ou non, travailleur manuel ou intellectuel ».

« Amis et camarades,
Nous sommes, aujourd’hui encore face à une organisation économique mondiale fondée uniquement sur la recherche du profit, sans tenir compte de la place de l’homme dans ses rouages. Pour les tenants de cette organisation, la place de l’homme est moins importante que leurs taux de profit.

On sait tous que les grands pays sont à l’origine de l’épuisement des ressources, ainsi que de la plupart des conflits actuels sur la planète, mais on les voit malgré tout se rencontrer et dire que tout va pour le mieux, lors des fameux « sommets », ou conférence pour la paix.

Alors que nous possédons assez de savoir scientifique et technologique pour changer radicalement et positivement le monde, on entend partout parler de récession, de baisse en matière d’équipement technologique, d’arrêts de tel ou tel programme scientifique. Jamais, rien que pour la France, la recherche n’avait à ce point régressé en matière de subventionnement de projets.

Rien qu’au niveau de la santé, une infime quantité de l’argent englouti ces derniers temps dans les différentes crises bancaires suffirait à sauver une grande partie de la population mondiale souffrant de malnutrition. Et pourtant, rien n’est fait. Les états riches ferment leurs frontières et continuent à exploiter le reste de la planète tandis que la dette des pays pauvres continue d’enfler.

Ici, à La Réunion, le rôle historique qui est le nôtre nous oblige à dénoncer cette situation. Comme nous avons dénoncé par le passé la dure réalité néo-colonialiste, nous devons aujourd’hui, avec la même vigueur, dénoncer l’oppression du capitalisme actuel. Un système qui engendre des souffrances touchant en priorité les classes opprimées. Que ce soit le chômage, les crises économiques, la famine, le racisme, les guerres, les menaces environnementales, etc., rien n’est dû à la fatalité. Tout ce dont l’humanité souffre est dû à la société inégalitaire dans laquelle nous vivons. Notre rôle de militant communiste est d’y mettre fin. On sait aujourd’hui qu’il ne suffira pas de convaincre les actuels dirigeants du monde avec des paroles. Personne ne peut croire qu’on peut encore les transformer en philanthropes ou en humanistes simplement avec de bonnes paroles.

On le voit, tout ce que l’on subit aujourd’hui est l’émanation d’une politique traitée à l’échelle internationale, voire mondiale. C’est pourquoi la voix qui est la nôtre doit être portée et entendue au-delà de nos frontières. C’est la raison pour laquelle on doit se fixer, parmi nos priorités, une ligne directrice en matière d’échange et de partage avec les organisations progressistes de par le monde. Là où existaient des liens par le passé, nous devons chercher à renouer et relancer les correspondances sur des bases restant à définir. Pour le reste, la cellule du Parti en charge des relations à l’internationale devra rapidement faire un état des forces et des sphères progressistes avec lesquelles avancer.
Ce cadre d’échange à l’internationale nous est nécessaire pour populariser nos idées et renforcer nos rangs, en soutenant les causes justes, en participant aux luttes contre l’exclusion, en étant solidaires avec les plus faibles, notamment dans notre environnement proche, en partageant notre enthousiasme, notre générosité, en ne baissant pas les bras dans les moments difficiles. Une dimension à l’internationale du PCR c’est aussi l’occasion d’avoir une tribune pour mieux nous faire entendre et participer, d’une certaine manière, à la marche du monde.
Car nous ne pouvons rester spectateurs de la misère du monde ; il nous appartient d’être des acteurs de sa transformation.

Rien qu’autour de nous, il ne manque pas de matière à débat. Je prendrai un exemple : « Les Chagos ». Au moment où les documents à caractère diplomatique dévoilés sur internet par le site Wikileaks nous montrent tout le cynisme de la Grande-Bretagne et des USA sur ce sujet, nous pouvons, nous Réunionnais, continuer à soutenir le combat des Chagossiens dans la reconquête de leurs droits.

Sur le plan culturel, notre richesse est telle que nous ne devons pas à avoir honte de parler du « modèle réunionnais », notamment en matière d’interculturalité. Et même si le dossier de la Maison des civilisations et de l’unité réunionnaise a connu un temps d’arrêt, nous pouvons, et nous devons, continuer à promouvoir cette idée et trouver du soutien à travers le monde.

Sur le plan économique et environnemental, comment ne pas s’appuyer sur notre expérience dans le domaine des énergies renouvelables tout comme sur notre capacité à proposer des solutions pérennes dans la lutte contre le réchauffement climatique, terrain sur lequel le PCR et son président ont été des précurseurs.
Et que dire de la place qu’occupe La Réunion dans cette zone de l’océan Indien ?
Les Réunionnais doivent être conscients qu’il appartient, à eux aussi, puisqu’ils occupent une place de choix dans ce vaste périmètre de l’hémisphère sud, de décider des conditions d’exploitation des richesses halieutiques ainsi que tout ce que peut leur procurer cet immense domaine maritime. Un domaine auquel ils n’ont pas l’impression d’avoir accès. Rien qu’en matière de ressources venues de la mer, il existe un boulevard pour les générations futures, à condition que nous prenions conscience de la dimension géopolitique dans laquelle nous nous trouvons, que nous prenions nos responsabilités et que nous occupions la place qui doit nous revenir.

Pour cela, nous devons avoir pleinement conscience de notre rôle de militant communiste, et ce, quelque soit notre rang dans la société, que l’on soit jeune ou ancien, élu ou non, travailleur manuel ou intellectuel. Le militantisme est le ciment de notre unité, indépendamment de nos croyances respectives. C’est pourquoi chaque militant a droit au même respect qu’un autre, je le répète, quel que soit son rang social.
L’union doit être notre force.
En face, on voit les capitalistes s’unir pour protéger leurs capitaux. Ils arrivent à se rassembler pour contrôler les outils de production, c’est en unissant leurs moyens qu’ils arrivent, alors qu’ils ne sont qu’une minorité, à exploiter les ouvriers comme ils le veulent, en les jetant à la rue le moment venu ; on le voit : ils s’unissent pour polluer, et ruiner des populations entières comme récemment aux États-Unis avec les stocks options.
Face à l’union des requins, nous devons opposer la force de notre unité, l’unité des exploités, l’unité des chômeurs, l’unité des smicards qui n’arrivent plus à s’en sortir, l’unité des petits artisans sont pressés par le système, l’unité des fonctionnaires qui n’ont plus les moyens de travailler, l’unité des anciens, et surtout, l’unité de toute une jeunesse qui craint pour son avenir. Cette union doit être un levier essentiel pour l’amélioration de notre condition de vie, un levier essentiel pour un monde meilleur.

Merci ».


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