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L’Union européenne rétablit l’aide au développement pour Madagascar

Témoignages.re / 9 août 2012

Dans un communiqué diffusé hier l’Union européenne (UE) annonce qu’elle a décidé de rétablir progressivement les programmes d’aide au développement en faveur de Madagascar, après une interruption pendant les trois dernières années.

Dans un contexte de sortie de crise politique progressive, au terme de trois années de soubresauts, les programmes d’aide au développement européens redémarrent. L’Union européenne (UE) adopte un nouveau plan de soutien articulé autour de la santé, l’éducation et le renforcement de la société civile. Cette aide sera mise en œuvre au niveau régional à travers des ONG (organisations non-gouvernementales) locales et internationales, des organisations internationales — notamment l’UNICEF —, ainsi que directement par l’Union européenne.
Le Commissaire au développement Andris Piebalgs a déclaré : "L’instabilité politique et la crise économique à Madagascar entraînent des conséquences dramatiques pour les populations. Avec nos nouveaux programmes, nous allons concentrer nos efforts sur la santé, l’éducation et le rôle de la société civile au bénéfice des plus démunis et permettre au pays de poser les premiers jalons d’une nouvelle dynamique de développement."
L’accès à la santé et à l’éducation seront en particulier améliorés dans les régions de la SAVA, l’Analanjirofo, le Menabe, l’Atsimo-Andrefana et l’Anosy, notamment, en formant et en engageant du personnel spécialisé supplémentaire ainsi qu’en rééquipant les centres de santé dans les zones les plus inaccessibles.
Dans le domaine de l’éducation, les établissements scolaires construits par les communes ne bénéficient souvent ni du personnel nécessaire ni d’une dotation initiale en matériel. Les programmes qui seront mis en œuvre seront axés sur la formation du personnel enseignant et administratif, le financement des indemnités de 9.000 enseignants (notamment ceux recrutés par les parents d’élèves), et l’acquisition de matériel pédagogique (kits scolaires, fournitures, etc.).
Enfin, le programme d’appui à la société civile a pour objectif d’accompagner les acteurs émergents de la société civile, en portant une attention particulière aux associations de femmes et de jeunes. Ces derniers doivent pouvoir accroître leur influence sur les questions politiques qui les concernent directement comme l’éducation, l’accès aux soins, la gouvernance ou la gestion des finances publiques.

Un plan de 54 millions d’euros

« Le montant global du nouveau plan s’élève à € 54 millions dont € 22 millions seront alloués au profit de la santé, € 22 millions à l’enseignement, tandis que le solde, soit € 10 millions, sera affecté à l’appui aux organisations de la société civile.

L’aide publique au développement avait été suspendue depuis 2009 par presque tous les bailleurs de fonds à cause du changement non constitutionnel du pouvoir. Cette situation a notamment entraîné une diminution des moyens pour fournir les services sociaux de base. De plus, le pays a souffert du ralentissement de son activité économique en raison de la crise financière internationale.

Depuis la crise, la santé comme l’éducation ont pâti de sous-investissements chroniques. La mortalité maternelle, par exemple, est de l’ordre de 500 décès pour 100.000 naissances, soit trois fois plus que l’objectif des OMD pour l’horizon 2015, établi à "seulement" 165 décès pour 100.000 naissances.

Le tableau affiché par le secteur de l’enseignement n’est guère satisfaisant : environ 10% des enfants de l’âge de 7 ans ne sont jamais allés à l’école, 1 enfant sur 4 ne fréquente pas l’école primaire et seulement moins de la moitié de ceux qui commencent le cycle primaire (5è année d’études) l’achèvent ».

La rencontre des Seychelles vue par la presse malgache

Dans un article publié hier sur son site, RFI donne le point de vue de différents journaux sur les discussions en cours aux Seychelles entre Andry Rajoelina et Marc Ravalomanana.

L’ancien chef de l’Etat en exil, Marc Ravalomanana, et l’actuel président de la Haute Autorité de transition, Andry Rajoelina, ont entamé ce mercredi matin 8 août des discussions indirectes, avant un face à face prévu dans la journée pour tenter d’aplanir leurs différends. Le retour de Marc Ravalomanana et sa participation aux futures élections restent le point central du désaccord entre les deux hommes, Andry Rajoelina jugeant son prédécesseur responsable d’une trentaine de morts lors son éviction du pouvoir en 2009. La presse malgache montre son pessimisme concernant ces pourparlers, qualifiés par certains de « dernière chance ».

Ce mercredi matin, le quotidien très proche d’Andry Rajoelina, “La Vérité”, préfère se concentrer sur l’entourage de Marc Ravalomanana aux Seychelles.

Sur les pourparlers eux-mêmes, “La Vérité” parle déjà d’un échec, qui traduirait « l’échec des négociations menées par la SADC, pendant au moins deux ans ».Le quotidien “Midi”, très proche de Marc Ravalomanana, conclut, lui, son éditorial sur « l’espoir d’un miracle » aux Seychelles. L’éditorial développe sur la SADC (Communauté de développement d’Afrique australe), qui « n’aura pas la partie facile pour arracher un accord ». Quant au “Cahier politique central”, il rappelle les revendications de Marc Ravalomanana et de la Transition.

Quelques Unes des journaux : “La Gazette” de la Grande Île, très nationaliste, titre : « le pessimisme prévaut » ; “L’Express”, propriété des Mauriciens parle du « Début des escarmouches » ; “Matin”, proche du pouvoir, « Sous haute tension ». Et pour le “Courrier de Madagascar”, plus proche d’Andry Rajoelina que de Marc Ravalomanana : « Le face à face entre ces deux-là risque de devenir un dos à dos ».


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