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L’union sacrée à la sauce Robert

Démasqué dans son petit jeu personnel, que fera le nouveau conseiller municipal ?

Témoignages.re / 14 novembre 2011

En pleine crise financière qui ébranle le monde, Didier Robert provoque une mini-tempête au Conseil Municipal du Tampon. Il n’a pas apprécié que Paulet Payet soit invité à l’Élysée. Par contre, l’intéressé considère le geste avec fierté et le proclame : « J’ai rendez-vous le 23 novembre avec le Président de la République ». Est-ce à dire que, tel un arriviste, les objectifs personnels de Didier Robert ont été démasqués, ici et à Paris ? Vanessa-Robert : un cas troublant.

1- Mini-tempête au Tampon, maxi dégâts
Il y a une semaine, 2 informations d’inégale importance envahissent La Réunion par le truchement de nos médias. À l’extérieur, c’est la crise mondiale et ses conséquences politiques. Ici, c’est la crise politique au Tampon qui montre le niveau d’une certaine classe politique.
En effet, nous vivons une crise financière sans précédent aux conséquences incalculables pour la population, les entreprises et les institutions publiques. L’Europe risque d’imploser, et nous avec. La France n’en finit pas avec ses plans d’austérité et la croissance est en berne. Pire, La Réunion est déjà en récession économique. Aucune perspective de redressement n’apparaît à très court terme. Pendant ce temps, au Tampon, le Conseil Municipal se réunit. Pas un mot sur la réalité criante. L’événement, c’est l’annonce de la démission de Didier Robert de son poste de premier adjoint… mais il « reste conseiller municipal », dit-il. Le motif avancé : divergence avec le maire sur fond d’embauche ! Le mensonge n’a pas duré 24h ! Pour l’heure, le menteur encaisse.

2- Il ment aux Réunionnais
En effet, ce jour-là, il sait qu’il ment. Didier Robert ira jusqu’à affirmer qu’avant d’entrer en séance, il avait déposé sa démission en Préfecture. Puisqu’il reste conseiller municipal, la démission ne porte que sur la fonction "d’adjoint au maire" qui lui est conférée par délégation du maire.
Seul le maire est habilité à recevoir son refus à continuer de le servir. On est sidéré devant la propension de ce produit politico-médiatique à mentir sans que les médias officiels (1) ne lui retournent la contradiction ! Ce qui fera dire à Paulet Payet que «  cette démission est un non-événement  ».
C’est l’annonce qu’il va honorer une invitation de Sarkozy le 23 novembre qui finit par donner un nouvel éclairage au coup de bluff de son ex-premier adjoint. Depuis que cette information a été rendue publique par son maire, le conseiller municipal Didier Robert s’est réfugié dans un silence de plomb et aucun média officiel ne s’est encore aventuré à lui soutirer quelques infos sur le contenu de ce mystérieux rendez-vous du 23 novembre qui illustre la crise réelle.

3- Des questions pour ouvrir le débat
En pleine crise financière, qu’est-ce qui pousserait l’Élysée à accorder autant d’importance à recevoir le Maire du Tampon ? Probablement, Paulet Payet remet-il une couche quand il se vante d’être reçu. Mais bon, chacun trouve raison à son ambition. Mais une chose est sure : à Paris, les conseillers du président de la République sont en train de réévaluer la situation politique à la veille du scrutin présidentiel qui s’annonce très serré.
Car, la crise financière aura des répercussions évidentes sur les élections. Comment, dans ces conditions, obtenir une majorité de Députés pour soutenir et porter les choix du nouvel exécutif ? En d’autres termes, combien de députés convaincus du soutien sans faille à Sarkozy, Didier Robert va-t-il apporter ? Que signifient les candidatures qu’il veut imposer ? Si ça continue, le risque d’un 7 à 0 est-il à exclure ?

4-Sarkozy et l’UMP visent la réélection, dans 6 mois
Cela suppose de trouver dans l’immédiat une équipe prête à porter le projet présidentiel.
À Paris, ils constatent que le président de Région n’explique pas et ne défend pas la politique du gouvernement. Depuis que Fillon a fait l’annonce de son plan, il n’a rien fait pour soutenir. La Présidentielle n’est pas une priorité. En faisant des législatives la priorité, il anime les ambitions qui risquent de pénaliser l’union pour la présidentielle. En fait, il joue sa carte personnelle. Il soigne une image.
À Paris, les responsables se rappellent comment Didier Robert a imposé son point de vue lors de la désignation des candidats aux cantonales. Il semble qu’il ait même réussi à faire partir les émissaires parisiens. D’ailleurs, Paulet Payet fait remonter l’origine de la crise actuelle aux conséquences désastreuses de ces élections. Il dit avoir été convoqué à la Région pour recevoir une bastonnade. Il retiendra une phrase de cet accueil particulier. Son hôte lui aurait dit : « je reviendrai et je te laminerai ». Ce qui veut dire que depuis mars 2011, « l’union sacrée » de Didier Robert est une grande hypocrisie pour servir son ambition personnelle. Il s’agit d’éliminer toute référence aux anciens élus et de s’ouvrir à la gauche anti-communistes. Le CCSud et la Région sont les lieux d’expression de cette stratégie qu’il tente de développer aux législatives.

5-Application au cas de La Possession
Lors des Cantonales du mois de mars, Didier Robert fait la promotion de Vanessa Miranville (en remerciement des Régionales ?). Il désignera un candidat UMP sans envergure pour ne pas lui porter ombrage. Les ténors de la droite locale agissent en faveur de la Verte. Le résultat est connu. L’UMP est laminé. Peu importe, Didier Robert n’en est pas malade, bien au contraire. Le moment est donc propice pour qu’à son tour elle quitte les Verts, non sans fracas, en trouvant d’un coup tous les défauts à ses amis qui l’ont fait reine (pas un militant Vert n’a manqué à La Possession au deuxième tour). Elle n’a bien entendu rien à se rapprocher !
Surtout pas lorsqu’elle s’est drapée dans un linceul de gauche pour obtenir le soutien de la section socialiste de La Possession contre le maire communiste Roland Robert, en dépit de l’accord de désistement réciproque PS/PCR !
En jouant la carte anti communiste aux Régionales et aux Cantonales, les Verts ont travaillé pour Didier Robert.
C’est certainement à La Possession où le stratège de la droite moderne a réussi sa démonstration : éliminer les partis institués au profit de créatures à son service. Après Valérie Bénard, l’égérie de l’ARAST qui déclare avoir été contacté 4 jours avant le scrutin, Fabienne Couapel, la pourfendeuse du gaspillage, arrivée à La Réunion depuis peu, Vanessa Miranville fait partie du tableau. Elle déclare avoir été contactée par Didier Robert. Elle sera candidate aux législatives. Parions que Objectif Réunion va inventer une candidature de circonstance pour que l’UMP ne lui fasse pas ombrage.

6- En perte de crédibilité dans son propre camp
Il a fait battre l’UMP aux Cantonales. Il a menti lors des incendies. Il ment au Tampon. On s’interroge à Paris. Désormais qu’il est démasqué, le simple conseiller municipal, Didier Robert, ira-t-il jusqu’au bout de sa logique et renverser le maire du Tampon ? Ira-t-il à Paris le 23 novembre ? Affaire à suivre.

(Fin)

(1) Nous employons ce terme pour distinguer les médias invités aux conférences de presse de Didier Robert, les médias officiels, de ceux qui ne le sont pas.

Le "JIR" n’aime pas les communistes


L’Éditorial du "JIR" du 7 novembre est caractéristique de l’exercice de fabrication de créature médiatique. Montrouge s’est transformé en Agence de notation qui s’arroge le droit de dicter la bonne conduite en politique, suivant ses critères. Cela vaut le détour. Extraits.

« Vanessa Miranville, bien que jeune (et ravissante) »… « Vanessa Miranville, elle, a le courage de ses opinions »... « comme une grande fille qui s’assume »… « La jeune Vanessa »… « une longueur d’avance sur les chefs d’EELV »…

Dirait-il la même chose d’Eva Joly, la candidate des Verts à la présidentielle ? Qui, en politique, a certainement une « longueur d’avance »(sic) sur sa créature médiatique ? Et, il se permet de parler de crédibilité.

Elle « aurait ainsi perdu toute crédibilité à batailler main dans la main avec le communiste Roland Robert en faveur du socialiste François Hollande en 2012 »… « Un peu de cohérence ne fait jamais de mal, surtout en politique ».

Au contraire, la démission est le propre des gens qui n’ont pas de racines solides. Elle se barre au premier coup de vent. C’est tellement facile et commode d’avoir raison toute seule ! De telles créatures politico-médiatiques sont incapables d’articuler « conviction et contradiction » dans une société complexe. Montrouge fonctionne comme un fondamentaliste qui détermine des « purs » et des « impurs ». Quand ça l’arrange bien sûr. Le lecteur aura remarqué que «  crédibilité  » et «  cohérence  » concernent les rapports aux communistes mais pas vis-à-vis de l’UMP et les associations de la droite Possessionnaise, ni le PS.

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Ben voyons, Montrouge, tu es un mec bien, tu sais ! Tu es un jeune-vieux carriériste du "JIR". Depuis, tu sais tout en « politique », tu es « cohérent », « crédible », tu « as une longueur d’avance », des « convictions à toutes épreuves », « diplômé »… c’est dommage d’envoyer « une si jeune et ravissante » créature au casse-pipe pendant que tu distribues les bons plans dans ton bureau. Allez, qu’attends-tu pour donner une bonne leçon de conduite à tous ces mécréants qui s’acoquinent avec le PCR. Tu ne manques pas de « courage », toi ! Tu les attaques tout le temps, même pour rapporter des sornettes. Un scoop : annonce ta candidature !


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