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« L’urgence de l’urgence, c’est de répondre aux besoins sociaux… »

Elections départementales : 1er canton de Saint-Pierre

Correspondant Témoignages / 11 mars 2015

À quelques jours du scrutin, les candidats du canton de Saint-Pierre 1 (Bois d’Olives, Ligne des Bambous, Condé-Concession, Ravine des Cabris, Pierrefonds) ont tenu à préciser les grandes lignes de leur programme partagé par les candidats soutenus par le Parti communiste réunionnais. Un programme qu’ils partagent depuis quelques semaines avec les électrices et les électeurs de leur canton.

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Jean-Michel Folio, Axel Maho, Gélita Hoarau et Fabienne Nativel.

Fabienne Nativel dont c’est la première expérience électorale note en ouverture qu’ « elle en avait assez de rester de l’autre côté et d’être déçue de ce qui se passe… ou de ce qui ne passe pas ». Elle souligne que chacun des candidats va présenter l’urgence sociale (Gélita Hoarau) ; la nécessité de redonner du lien social dans le canton (Axel Maho) et enfin, un projet global auquel l’assemblée départementale devrait apporter sa touche afin qu’il soit porté devant le gouvernement (Jean-Michel Folio).

Gélita Hoarau cite des chiffres : 170.000 personnes au chômage, 60 % des jeunes de 18 à 25 ans sans travail, 110.000 illettrés, 25.000 familles à la recherche d’un logement social, 343.000 personnes en dessous du seuil de pauvreté… Des chiffres qui ont amené l’INSEE à qualifier La Réunion de « territoire hors normes ». D’après l’ex-sénatrice, « l’urgence de l’urgence, c’est de répondre aux besoins sociaux », notamment en créant deux grands services d’aide à la personne et de l’environnement. Avec la perspective de créer des milliers d’emplois pérennes et d’en finir avec le clientélisme électoral.

6 % les plus faibles revenus

Faire face à l’urgence sociale, c’est aussi, pour Gélita Hoarau, augmenter de 6 % les plus faibles revenus. Ce n’est pas la principale compétence de l’Assemblée départementale ; à elle de faire remonter cette demande au gouvernement, « dans l’esprit de ce qui s’était passé lors de la création de la prime COSPAR, il y a quelques années ». Il est par contre parfaitement dans ces compétences de se préoccuper de l’amélioration de l’habitat et même de participer à un plan de construction auquel elle pourrait apporter sa quote-part sous forme de foncier. Comme elle pourrait participer, même si ce n’est pas sa compétence principale, à la solution des problèmes de déplacement.

Axel Maho s’appuie sur son expérience acquise dans les associations au service de la jeunesse de son quartier pour regretter « la dégradation, la diminution des activités en direction des personnes âgées et des jeunes ». Il cite notamment la fin de l’entretien du canal Saint-Etienne. Son expérience professionnelle comme directeur de centre médico-social, lui permet de dire que les propositions qu’il défend font partie « d’un projet réaliste et réfléchi ». Il dit sa surprise devant le niveau du débat. Alors que La Réunion est dans la détresse, « les candidats devraient présenter un projet plutôt que de tenter de détruire les autres candidats ».

Le signe d’une dégradation de la situation sociale

Il estime que le budget d’un milliard d’euros de l’Assemblée départementale pourrait être mieux utilisé. « Par exemple, le travail de l’UOSR présentait, il y a quelques années, une dynamique intéressante qui avait du sens, en matière de création d‘emplois et d’insertion professionnelle ». Même approche pour l’accueil familial des personnes âgées ou handicapées. Une famille peut accueillir trois personnes et travaille alors 24 heures sur 24. « Il faut continuer à développer l’accueil familial, mais mettre en place d’autres solutions. On doit rendre plus attractif ce genre d’accueil, car il n’est pas le même (liens familiaux, repères sociaux…) que celui offert par les centres médico-sociaux.

On peut aussi améliorer l’accueil en termes de coût. C’est le cas en matière d’aides à domicile. Il existe quatre opérateurs principaux sur Saint-Pierre. On pourrait sectoriser. Cela permettrait d’améliorer le système. Souvent, le budget de déplacement est élevé. Les intervenants passent plus de temps sur la route qu’avec les personnes âgées ou handicapées. On peut optimiser et améliorer l’aide à domicile des personnes âgées et handicapées. Enfin, Axel Maho s’inquiète de l’augmentation du nombre de « sans domicile fixe » dans les quartiers. « Cela n’existait pas auparavant. C’est le signe d’une dégradation de la situation sociale. Une précarité sociale ».

Donner une image positive des collèges

Il présente ensuite quatre mesures pour lutter contre la dégradation de la situation sociale ; création de banques alimentaires et d’épiceries solidaires ; aménagement de jardins familiaux pour recréer des liens avec la terre et du lien social, soulager le budget des familles modestes ; maisons d’accueil de personnes en situation de détresse – « un jour, une nuit permettent parfois de revenir dans la société… » ; mise en place de comités citoyens afin de rendre les gens plus acteurs de leur vie, de l’urbanisme… ». Enfin, Axel Maho estime nécessaire – après avoir salué le travail des équipes pédagogiques – « de donner une image positive des collèges en apaisant l’environnement et en travaillant à leur attractivité ».

Il revenait à Jean-Michel Folio, de souligner que ce programme « n’est pas une liste de bonnes intentions, mais un programme raisonné, raisonnable, qui apporte des solutions au problème du chômage au moment où des entreprises ferment, où le BTP va mal ».

Il avance au-delà des mesures de proximité : la construction de logements sociaux ; la sauvegarde de l’agriculture et plus particulièrement de la filière canne/sucre – « un pan de notre économie qui risque de s’écrouler ».

Nous prenons nos responsabilités

Il met le doigt sur le très faible taux de couverture de nos importations par nos exportations (6 %). « Ce qui nous rend dépendant de l’extérieur ». Et il appelle de ses vœux « une autre politique ». Mais il ne suffit pas de le proclamer. Et pour cela, il faut dépasser le cadre de l’Assemblée départementale. Laquelle peut apporter sa contribution à un véritable plan de développement et même devenir initiatrice. Ce qui rejoint l’idée du Président de la République quand il dit « qu’il faut un projet de territoire pour chaque territoire » et cela peut se faire avec l’Assemblée départementale, avec la Région, avec un Congrès, avec les forces vives… « Nous demanderons à l’Assemblée départementale d’élaborer un plan de développement global qui sera soumis au gouvernement ».

« Nous, nous prenons nos responsabilités et proposons nos solutions : autonomie énergétique ; autonomie alimentaire ; soutien au BTP ; liaison Ouest / Nord sécurisée ; transport par rail ; soutien à l’agriculture ; coopération régionale ; création d’un Fonds de développement local ». Et il conclut : « Tout cela n’est pas facile à expliquer. Mais, de plus en plus, les gens s’approprient nos solutions ».

Correspondant


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