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L’urgence sociale revient au premier plan

À trois mois des élections régionales

Manuel Marchal / 16 septembre 2015

Un homme ou une femme à la tête de la Région Réunion ? Qui pour succéder à Didier Robert ? Voilà le niveau du débat politique dans certains médias dominants à La Réunion à trois mois du premier tour des régionales. La personnalisation est la grande diversion, car elle éloigne le débat du programme et des problèmes de la population ? Est-il alors étonnant qu’une grande partie des citoyens rejettent les élections et ont alors recours à d’autres moyens d’expression ?

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Le chômage de masse, c’est le résultat du système actuel. La personnalisation du débat politique évite d’en parler.

À trois mois des élections régionales, l’urgence sociale est revenue au premier plan à La Réunion. Vendredi dernier, des jeunes ont bloqué un rond point à Saint-Pierre. Reçus par le maire, ils ont obtenu rapidement la promesse de 30 emplois. Hier, d’autres jeunes ont barré une route à Sainte-Suzanne avant d’aller stopper un chantier. Ils demandaient aussi du travail. Une rencontre a eu lieu entre les jeunes et l’entreprise concernée.
Ces manifestations illustrent la précarité dans laquelle la majorité de la population est maintenue. Au cours des 5 dernières années, le mandat de Didier Robert a accompagné une hausse de 40.000 personnes du nombre de demandeurs d’emploi. La direction de la Région a en effet choisi de stopper les grands chantiers du tram-train et de l’autonomie énergétique. Mais ce programme de démolition était partagé par d’autres collectivités. En 2008, les mairies de Saint-Denis et de Saint-Paul respectivement dirigées par Gilbert Annette et Huguette Bello, ont stoppé des projets qui allaient créer de nombreux emplois : Pôle océan, Zénith intercommunal et hippodrome. Ce sont des actes concrets découlant d’un programme.

Prime à la casse sociale ?

Mais pour illustrer combien la crise est profonde à La Réunion, ce sont les responsables de cette casse sociale qui sont présentés comme les futurs vainqueurs des élections régionales. Cette orientation découle d’une volonté de transformer le débat d’idées indispensable à toute démocratie en un affrontement de personnes. La question posée n’est pas de savoir quel est le parti qui peut apporter des réponses à un problème concernant la population, mais de connaître quelle personne commandera. Cela ramène le débat à des considérations du style : un homme ou une femme à la tête de la Région ? Ou alors qui pour succéder à Didier Robert ? Comment s’étonner que les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejeter les élections ?
L’emploi n’est pas un problème récent. La recherche de solutions crédibles devrait être la principale préoccupation de la société, de ses représentants et des faiseurs d’opinion. Mais le système est bloqué, il est incapable de sortir plus de 40 % de la population de la grande pauvreté.

Redonnons l’espoir aux abandonnés

C’est pourquoi l’union PCR-Progrès propose que ces élections soient le point de départ d’une alternative. Ce n’est pas s’accommoder avec ce système injuste pour promettre 100.000 chômeurs au lieu de 130.000. C’est le remettre à plat pour qu’en 20 ans, La Réunion soit sortie de la crise. C’est cette voie qui est choisie par l’union PCR-Progrès.
Le travail est si important que cette union a choisi de constituer un Comité de parrainage qui permettra à beaucoup plus de personnes de s’impliquer dans la construction et la mise en œuvre du plan de développement sur 20 ans. Voilà du sérieux et du concret sur lequel il est possible de débattre. Cette démarche est à l’opposé de la personnalisation du débat politique. Mais elle est de nature à redonner espoir à la population et donc à ramener le peuple vers les urnes pour que la future assemblée puisse avoir une légitimité.


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