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La campagne présidentielle bat son plein

À un peu plus d’un mois du premier tour

Céline Tabou / 9 mars 2012

Tous les candidats font leurs propositions aux médias, entre démagogie et prises de position contre le système. Nicolas Sarkozy s’argue d’être le président du peuple, François Hollande… et Jean-Luc Mélenchon pourraient être la surprise de cette année.

A moins de 45 jours de la Présidentielle, François Hollande est toujours en tête des intentions de vote au premier tour, suivi de près par Nicolas Sarkozy, selon un sondage Ipsos-Logica pour “France Télévisions”, “Radio France” et “Le Monde”, diffusé mardi 6 mars. Le candidat PS récolte 29,5% des intentions de vote, contre 25% pour le leader de l’UMP. Marine Le Pen gagne 1,5 point et arrive à 17,5% des intentions de vote. La surprise vient de Jean-Luc Mélenchon, qui atteint la barre des 10%. Eva Joly est à 2%, elle perd 0,5 point, Dominique de Villepin 1,5% (+0,5%), Nicolas Dupont-Aignan 1%, Nathalie Arthaud, Philippe Poutou et Corinne Lepage 0,5%. Ces petits candidats conservent des intentions de vote stables pour le 1er tour.
Le sondage Ipsos estime à 58% les électeurs qui ont l’intention de voter François Hollande et 42% Nicolas Sarkozy pour le second tour.

Démagogie de Nicolas Sarkozy

Nicolas Sarkozy a déclaré, mercredi 7 mars, qu’être « le candidat du peuple » ne consistait pas à faire croire aux Français qu’on leur « ressemble », mais à « parler un langage que chacun comprend » sur RMC/BFM-TV. « Je ne pense pas qu’on peut être le candidat du peuple (...) en faisant croire aux gens qu’on vit leur vie. Je suis le président de la République. Qui peut le croire » ? Cette remarque est sujette à polémique autant dans les camps adversaires que sur les réseaux sociaux. Ces derniers n’hésitent pas à rappeler à Nicolas Sarkozy sa période “bling-bling”, ses vacances luxueuses, montres hors de prix, son bouclier fiscal et ses esclandres avec les plus riches de France. S’excusant de son comportement, le sortant à la Présidentielle mène sa campagne sur le thème de l’immigration, aidé par Claude Guéant, ministre de l’Intérieur. En effet, voyant les résultats s’affaiblir en sa faveur, Nicolas Sarkozy veut récupérer le vote de l’extrême droite et surfe sur la vague du populisme.

François Hollande garde le cap

Malgré une petite baisse dans les sondages, François Hollande parvient à tenir tête à Nicolas Sarkozy sur les questions de fiscalité, d’immigration et l’Union européenne. Après un passage télévisé réussi, le candidat du Parti socialiste garde le cap des propositions, tout en taclant son principal adversaire, Nicolas Sarkozy. Les socialistes ont refusé la proposition de Nicolas Sarkozy d’intégrer la règle d’or interdisant les déficits publics dans la Constitution, mais souhaitent faire voter une loi organique en ce sens dès 2012. L’objectif est d’adopter des instruments de croissance qui feront le parallèle, respectant strictement la discipline budgétaire prévue par le Traité européen.

L’ outsider Jean-Luc Mélenchon

Le duel entre François Hollande et Nicolas Sarkozy monopolise les médias, qui surenchérissent à chaque remarque, appréciation ou proposition. De son côté, Jean-Luc Mélenchon dépasse la barre des 10% d’intentions de vote, selon les sondeurs. Appelant à l’insurrection civique, le candidat du Front de gauche s’est réjoui des derniers sondages et a souhaité « la continuation politique de la bataille de 2005 » avec le “non” au référendum européen. Pour cela, Jean-Luc Mélenchon veut d’abord « chasser la droite » et Nicolas Sarkozy du pouvoir afin de mettre « L’humain d’abord », thème de son programme. Ce dernier s’est également félicité de la « belle mécanique grippée » de Marine Le Pen et a affirmé qu’il allait continuer sa « bonne cognée » face à la candidate du FN.

Eva Joly peine et fustige

La candidate d’Europe-Écologie Les Verts a perdu un point dans les sondages et parvient difficilement à relancer sa campagne. Cette dernière accentue les meetings, mais n’oublie pas de fustiger le gouvernement qu’elle qualifie de xénophobe. En France, « il y a une xénophobie ambiante, qui est portée au plus haut niveau de l’État », a dénoncé Eva Joly, jeudi 8 mars, sur “Europe 1”. Cette dernière a ajouté : « Je veux dire qu’un Brice Hortefeux, un Claude Guéant, et même Nicolas Sarkozy ont dans leurs expressions une xénophobie. Souvenez-vous de Claude Guéant qui disait que les cultures ne se valent pas toutes. (…) La supériorité d’une culture, c’est la porte d’entrée à la supériorité des races. Cela, nous savons où cela mène, et nous n’en voulons pas », a indiqué la candidate écologiste.

Céline Tabou


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