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La casse d’un gisement d’emplois pour les Réunionnais

L’imposture de l’UMP, le parti de Didier Robert

Manuel Marchal / 19 juillet 2011

Le projet de nouveau règlement de l’énergie photovoltaïque confirme que lorsqu’il a prononcé son discours le 19 janvier 2010 à Pierrefonds, Nicolas Sarkozy ne croyait pas un mot de ce qu’il disait. À ses côtés, Didier Robert a été le fidèle exécutant du sacrifice de milliers d’emplois aux intérêts de l’UMP. En annonçant l’arrêt de la géothermie, le président de la Région a donné le cadre d’une politique de régression, dans la droite ligne de celle de l’UMP.

Le 19 janvier 2010, le président de la République procède à la mise en service d’une ferme photovoltaïque à Pierrefonds. Didier Robert est à ses côtés, et quelques heures plus tard Nicolas Sarkozy sera au Tampon pour officiellement inaugurer un parc de palmiers. Plus de 2 ans après la naissance de GERRI, qui est officiellement la première déclinaison territoriale du Grenelle de l’Environnement mais qui en réalité à un objectif tout autre, le président de la République vient prononcer un discours où il est fortement question des énergies renouvelables.
Voici un extrait du début, qui plante le décor : « En matière d’énergies renouvelables et de réduction des émissions, La Réunion va montrer le chemin et c’est la Réunion qui va devenir une référence en France et une référence dans le monde et dans cette partie de l’océan Indien. Vous allez démontrer que vous êtes les meilleurs ».
Et ce n’est pas tout, car pour Nicolas Sarkozy, le photovoltaïque doit être le fer de lance de cette politique : « le projet GERRI est né du Grenelle de l’Environnement, en octobre 2007. Il a été confirmé par le conseil interministériel à l’Outre-mer et s’incarne aujourd’hui dans les projets d’énergies renouvelables et de mobilité durable les plus grands et les plus avancés de France. C’est formidable que cinq des 10 plus grandes fermes photovoltaïques de France se trouvent ici, à la Réunion, y compris la plus grande, 13,5 mégawatts ».

Un discours à l’opposé de la réalité

Sur la base d’un tel discours, l’avenir du photovoltaïque à La Réunion est assuré. Mais moins d’un an après, le gouvernement signait un décret donnant un coup d’arrêt à cette filière dans notre pays : le moratoire sur la construction des centrales photovoltaïques. Cette décision venait porter le coup final de toute une série de mesures allant à l’encontre du développement du photovoltaïque.
Par deux fois en 2010, c’est-à-dire dans les mois qui ont suivi le discours de Pierrefonds, le gouvernement baisse le tarif de rachat. Il devient alors beaucoup moins intéressant d’investir, car le prix payé par EDF aux producteurs d’électricité diminue. La première baisse date même de janvier 2010. Autrement dit Nicolas Sarkozy ne croyait pas un mot de ce qu’il disait en s’adressant aux Réunionnais le 19 janvier 2010.
Devant une telle imposture, des Réunionnais se sont mobilisés. Le PCR, l’Alliance et d’autres forces vives du pays ont alerté sur les dramatiques conséquences de telles décisions. Face à cela, l’UMP a fait la sourde oreille.
Aux côtés de Nicolas Sarkozy, Didier Robert n’a rien fait pour sauver La Réunion de la catastrophe. En tant que député, il n’a jamais voté contre les restrictions budgétaires à l’origine de ces décisions. C’est même lui qui a ouvert la brèche deux mois après le discours de Nicolas Sarkozy à Pierrefonds.

Catastrophe pour notre pays

En effet, le 26 mars 2010, Didier Robert annonce qu’il décide de mettre fin à l’expérimentation de la géothermie, une énergie renouvelable susceptible de répondre aux mêmes usages que le charbon. Cette déclaration allait être le point de départ de l’accentuation de l’offensive de l’UMP contre les énergies renouvelables à La Réunion. Sous la mandature régionale précédente, La Réunion était citée en exemple pour son projet d’autonomie énergétique en 2025, l’UMP allait se charger de tout casser avec l’aide de Didier Robert.
La conséquence, c’est qu’EDF annonce publiquement qu’il est nécessaire de construire des centrales thermiques supplémentaires fonctionnant avec du carburant importé à un prix qui n’est pas décidé par les Réunionnais.
Le projet du gouvernement de nouvelle réglementation du photovoltaïque dévoilé par "le Monde" de samedi dernier va encore enfoncer davantage la filière à La Réunion. Alors que des hectares de parkings peuvent être couverts par des panneaux solaires pour produire de l’électricité à partir du soleil, le projet prévoit d’exclure ce dispositif des installations éligibles après appel d’offres. Un tarif de rachat de l’énergie révisable tous les trois mois n’assure pas de visibilité à l’investisseur.
Avec la poursuite de cette politique à La Réunion, c’est la catastrophe pour notre pays. L’UMP transforme un gisement d’emplois en un secteur sinistré tout en faisant croire à l’opinion qu’elle œuvre pour les énergies renouvelables. C’est une imposture, dans laquelle est impliqué Didier Robert.

M.M.


L’objectif électoral de GERRI

Dans un numéro publié en mars 2010, "l’Express" révèle au sujet de GERRI que « le GIP avait été créé pour faire adhérer le Conseil régional à l’affaire tout en empêchant Paul Vergès d’en prendre la barre. Didier Robert ayant été élu, il paraît plus acceptable de lui laisser les mannettes ».
À ce jour, aucun démenti n’est venu contredire cette affirmation. Cela signifie donc que l’objectif de GERRI était d’aider l’UMP à gagner les régionales. Une fois cet objectif atteint, GERRI a été mis en veilleuse. Aujourd’hui, qui en entend encore parler ?


La casse de l’ARER de l’océan Indien

Sous la précédente mandature, la Région avait mis en œuvre une politique de co-développement avec tous les pays de la région. En mai 2008, le Conseil régional avait accueilli une rencontre intitulée Co-développement durable des îles de la COI. Parmi les thèmes évoqués, la question de l’énergie était au centre de toutes les attentions. Il avait été proposé de créer une ARER de l’océan Indien.
Deux ans plus tard, l’UMP a tout cassé. Il n’est plus question de développer une quelconque synergie avec les pays voisins en matière d’atténuation et d’adaptation au changement climatique. Un accord-cadre a été signé, privilégiant les relations avec un seul pays, en lui faisant don d’expertises et de moyens sans que ce pays ne propose quelque chose à La Réunion.


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