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La casse de l’Éducation nationale à La Réunion

Plan de rigueur du gouvernement

Manuel Marchal / 27 janvier 2011

Le recteur a présenté hier l’application du budget d’austérité dans l’Éducation nationale à La Réunion. 162 postes de fonctionnaire seront supprimés à la prochaine rentrée. C’est un nombre sans précédent, cela signifie que la casse de l’Éducation nationale est en marche. Après la faillite d’un système, c’est son effondrement qui se prépare. Car l’annonce pour 2011 n’est qu’un début, puisque le plan de rigueur doit durer trois ans.

Au bout de 60 ans de scolarisation de masse à La Réunion, plus de 110.000 Réunionnais sont illettrés. C’est le constat de la faillite d’un système. Devant cette situation, l’administration a décidé de poursuivre avec la même méthode (voir "Témoignages" d’hier), mais la nouveauté c’est qu’elle le fera avec des effectifs moins nombreux.
Le recteur a en effet confirmé hier en conférence de presse le matin, puis le soir sur le plateau de Réunion Première, les propos tenus par Marie-Luce Penchard dès le 21 mai. Elle avait alors annoncé que l’Outre-mer devait contribuer au plan de rigueur. Le projet de budget avait précisé une diminution des crédits. Ce processus a franchi une étape supplémentaire hier avec l’annonce des suppressions de poste par le recteur.
Sur 16.000 postes supprimés au total dans la République, 162 le seront à La Réunion, soit plus de 1%. Au regard de sa population, cette suppression se situe dans la moyenne nationale. Cela signifie qu’il n’est fait aucun cas de nos spécificités. La population subit en effet chaque jour les conséquences d’une politique de non-développement décidée par les gouvernements qui se sont succédé à Paris. Pour tenter de réparer les dégâts de cette situation, une réparation sous forme d’un plan de rattrapage doit être lancée. Mais avec la baisse des effectifs d’encadrement dans l’Éducation nationale, c’est l’enterrement de tout plan de rattrapage.
Le système actuel est à bout de souffle, et il n’arrive pas à relever le défi de la lutte contre l’illettrisme. En 2011, le système sera le même, mais avec encore moins de moyens. Autrement dit, après le constat de faillite, la direction choisie est celle de l’effondrement puisque le plan de rigueur ne concerne pas seulement 2011. Ces suppressions ne seront donc pas les dernières. La casse du service public d’éducation s’accélère dans notre pays, et les victimes seront celles et ceux pour qui l’école est le seul moyen d’échapper à la pauvreté.

 Manuel Marchal  


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