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La condamnation sans pitié de la répression contre les communistes et tous les Réunionnais jugés coupables de revendiquer

Hommages unanimes à Roland Robert, victime de l’Ordonnance du 15 octobre 1960

Manuel Marchal / 3 mai 2014

Jeudi devant la mairie de La Possession, les hommages ont été unanimes pour saluer l’œuvre de Roland Robert. Ils raisonnent aussi comme la condamnation sans équivoque de toute la répression qui a visé des Réunionnais parce qu’ils étaient communistes, ou plus largement parce qu’ils revendiquaient pour remettre en cause le régime post-colonial.

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Par son esprit d’ouverture, Roland Robert a montré qu’il n’avait rien à voir avec le traitement que le pouvoir lui a fait subir. (photo Toniox)

Roland Robert était une des victimes de l’Ordonnance du 15 octobre 1960. Son engagement politique lui a valu d’être exilé en France.

Il a poursuivi là bas la lutte pour organiser les Réunionnais émigrés et aussi pour obtenir de la justice la reconnaissance de l’arbitraire qu’il subissait. Il finit par obtenir gain de cause et il rentra à La Réunion en 1969, sans jamais reculer sur ses idées. Deux ans plus tard, il devenait maire de La Possession.

L’exil subi par Roland Robert eut lieu au moment où le pouvoir faisait tout pour empêcher les Réunionnais d’exprimer leur opinion, quitte à organiser la fraude électorale pour ne pas que des communistes soient élus. Ce pouvoir avait trouvé à La Réunion des complices pour soutenir des atteintes aussi graves à la démocratie.

L’arbitraire organisé par le pouvoir

Un des apports essentiels des communistes a été de ne jamais transiger sur le droit à la liberté d’opinion. Cette lutte difficile a permis de faire bouger les lignes, et de rassembler autour du respect des libertés élémentaires garanties par la démocratie. C’est ce qui a permis en 1971 les élections des deux premiers maires appartenant au Parti communiste réunionnais : Paul Vergès et Roland Robert.

Jusqu’à son dernier souffle, il est resté un communiste réunionnais. La fermeté de ses convictions ne l’a pas empêché de témoigner d’un esprit d’ouverture. C’est cela que les orateurs unanimes ont rappelé jeudi après-midi à La Possession. Le préfet lui aussi a exprimé combien il adhérait à tout ce qui était dit au sujet de Roland Robert, un homme de dialogue responsable.

Ces propos raisonnent comme une condamnation ferme de ce qui s’est passé pendant plusieurs décennies à La Réunion : la répression du pouvoir et de ses complices à La Réunion contre les communistes, et plus largement contre tous les Réunionnais qui revendiquaient.

Le jugement de l’histoire

Plus de 50 ans après le début de cette répression, l’histoire a jugé.
Roland Robert a été banni de La Réunion pendant plusieurs années. C’était un traitement d’exception.

Roland Robert en a été la victime, à cause de son engagement dans le Parti communiste réunionnais qu’il n’a jamais renié. Victime de l’arbitraire, Roland Robert a su témoigner d’une grande ouverture d’esprit. C’est cela qui a montré qu’il n’était pas celui que le pouvoir avait condamné.

En 1972, l’Assemblée nationale avait abrogé l’Ordonnance du 15 octobre 1960. Pour la deuxième fois, cette décision politique sectaire est condamnée par l’histoire. L’histoire a jugé, elle a réhabilité les victimes de la répression anti-communiste. Elle a reconnu la justesse d’une des causes défendues par le PCR.

 M.M. 


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