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La Cour de Justice de la République saisie

Affaire Woerth/Bettencourt

Céline Tabou / 1er septembre 2010

Depuis deux mois, l’affaire de l’héritière de L’Oréal, Liliane Bettencourt, fait les gros titres de la presse, notamment depuis l’implication du ministre du Travail, Eric Woerth, déjà dans la tourmente avec la réforme des retraites. Soupçonné de conflit d’intérêt dans l’affaire, il aurait placé son épouse à la société gestionnaire de la fortune de Liliane Bettencourt lorsqu’il était ministre du Budget.

C’est Corinne Lepage, ancienne ministre de l’Environnement, qui a dénoncé mardi 31 août « les attaques personnelles infondées » du ministre du Travail qui a mis en cause sa moralité dans “Le Figaro” le jour même. A l’origine de la saisine de la Cour de Cassation dans le dossier Woerth-Bettencourt, Corinne Lepage a fait état par courrier, le 11 août, de faits susceptibles d’être considérés comme relevant de la prise illégale d’intérêts et du favoritisme concernant l’ex-ministre du Budget, Eric Woerth, dans l’affaire Bettencourt.

Accusation de prise illégale d’intérêts

Le procureur général, Jean-Louis Nadal, doit décider s’il convient de saisir la Cour de Justice de la République (CJR) dans l’affaire Bettencourt. En attendant, le ministre du Travail a annoncé dans la presse qu’il n’était en rien inquiet de cette possible saisie du dossier par la CJR.
Egalement mis en cause pour avoir attribué la Légion d’honneur au gestionnaire de fortune de la milliardaire, et patron de sa femme, Patrice de Maistre. Le procureur général de la Cour de Cassation a écrit au Ministère du Budget afin qu’il lui communique le rapport de l’Inspection générale des Finances (IGF) sur le traitement fiscal de l’affaire Bettencourt, lorsque qu’Eric Woerth était à Bercy de mai 2007 à mars 2010.

Le gouvernement derrière lui

Soutenu par le gouvernement, François Fillon a tenté d’éteindre l’incendie, en se disant « très confiant » sur les suites de cette affaire, et de l’innocence d’Eric Woerth, car « depuis deux mois que cette affaire dure, personne n’a réussi à établir la moindre faute pénale à l’encontre d’Eric Woerth (...) ». De son côté, le porte-parole du Parti socialiste, Benoît Hamon, a indiqué qu’il était « heureux que le plus haut magistrat du Parquet » se saisisse du dossier.
A la veille d’une rentrée mouvementée, cette affaire risque de porter un coup à Eric Woerth et au gouvernement de Nicolas Sarkozy, mais Eric Woerth a attesté qu’il ne démissionnerait pas du gouvernement, et déclaré au “Figaro” : « Je ferai ce que le président de la République voudra que je fasse. Mais je me sens très bien dans ce ministère où j’ai encore beaucoup de projets à porter ».

Céline Tabou


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