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La crainte de la pauvreté

Le gouvernement responsable du malaise social

Céline Tabou / 27 septembre 2010

Dans une étude annuelle Ipsos pour le Secours populaire français (SPF), publiée le 20 septembre, près d’un Français sur deux a connu ou a été sur le point de connaître un jour la pauvreté. Le sondage met également en évidence les craintes d’une large majorité de la population vis-à-vis de la précarité dans laquelle leurs enfants vont vivre.

Ipsos indique que les Français considèrent que l’on est pauvre lorsqu’on dispose d’un revenu net inférieur à 1.003 euros par mois, ce qui est plus élevé que le seuil de pauvreté officiel de 910 euros. L’agence de presse Reuters rappelle que ce sondage sur les Français et la pauvreté a été réalisé les 9 et 10 juillet auprès d’un échantillon de 1.021 personnes représentatif de la population âgée de 15 ans et plus.

« Raz-de-marée de la misère »

« Nous assistons en ce moment à un raz-de-marée de la misère. Ce sondage est le reflet de ce qui se passe réellement dans la vie », a déclaré le président du SPF, Julien Lauprêtre, lors d’une conférence de presse de présentation des résultats, lundi 20 septembre.
Le président du SPF explique que la crise économique a conduit de « plus en plus de personnes âgées, de familles monoparentales et de travailleurs pauvres » dans la misère. De plus, « nous avons aussi un phénomène nouveau, des petits artisans, petits commerçants » font appel à nos services.
Selon cette étude, 84% des Français estiment que les générations à venir seront plus exposées au risque de pauvreté que la leur. 50% des jeunes âgés de 18 à 30 ans expriment leur angoisse vis-à-vis de l’avenir. 25% des 18-30 ans se disent confiants, mais le désespoir est cité par plus d’un jeune Français sur cinq (21%).

Les jeunes de plus en plus inquiets

« Particulièrement touchés par la crise, les jeunes adultes ne sont pas épargnés par la crainte de la précarité, bien au contraire : 50% des jeunes se disent angoissés, 58% des femmes citent l’angoisse contre 41% des hommes, 49% des jeunes qui travaillent ont des appréhensions », commente le site de l’Ipsos.
La sociologue Cécile Van de Velde, maître de conférences à l’EHESS et auteure de “Devenir adulte, sociologie comparée de la jeunesse en Europe” (aux éditions PUF), a expliqué au Point.fr que « L’angoisse face à l’avenir est liée à un sentiment d’iniquité entre les générations (...). Ce qui est nouveau, en revanche, dans cette étude, c’est le sentiment de colère qui est mis en évidence ».
Cette dernière ajoute que « La jeunesse est le point mort de la politique sociale en France », car « la crise, que le marché du travail fait payer très cher aux jeunes, contribue encore à accentuer » l’angoisse et la colère. Les mesures engagées par le gouvernement ne vont en rien rassurer la jeunesse, notamment la réforme des retraites qui « brise l’avenir des jeunes », comme l’a indiqué Béatrice Leperlier, conseillère régionale, lors de la manifestation du 23 septembre.

Céline Tabou


Kanalreunion.com