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La création d’un Conseil de développement pour renforcer la concertation

Débat de l’Alliance avec les opérateurs économiques à Saint-Pierre

Témoignages.re / 8 mars 2010

Elie Hoarau, Raymond Mollard et Philippe Jean-Pierre ont animé un débat, samedi soir à Saint-Pierre. Où l’on s’aperçoit que l’Alliance a un vrai programme peaufiné depuis cinq ans. Lequel prévoit le monde d’après les grands travaux en suscitant de l’activité pérenne. Rien à voir avec des promesses électorales bricolées un mois avant les élections pour ‘’boush lo zyé domoun’’.

Elie Hoarau a d’abord resitué la prochaine échéance électorale dans la situation de crise qui n’a épargné, ni la France hexagonale, ni La Réunion. Elle se traduit dans notre île, notamment, par une forte augmentation du chômage (+ 20.000 l’année dernière) et par un endettement des Etats (Grèce, Espagne, Portugal), mais aussi, dans une moindre mesure, de la France. Dès lors, on voit l’intérêt du protocole d’accord engageant l’Etat, signé par Paul Vergès avec Dominique de Villepin alors Premier ministre, et par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur. Cela se traduit par ce que Paul Vergès appelle « un trésor » de quelque 1,6 milliard d’euros pour réaliser le Tram-train que certains voudraient démolir et la nouvelle route littorale.
Or, 1,6 milliard d’euros, note l’économiste Philippe Jean-Pierre, candidat sur la liste de l’Alliance, cela correspond à l’investissement de l’Europe à La Réunion sur sept ans. Les grands travaux c’est « la relance de l’activité et surtout, cela correspond, à une redistribution des richesses à hauteur de 65 %». C’est à dire que sur ces 1,6 milliard d’euros, 522 millions d’euros vont être attribués directement aux PME dans le cadre du chantier du Tram-train (les appels d’offres sont prêts d’être lancés) et que 65 % du milliard restant, soit 650 millions, iront « irriguer le moteur de l’économie (salaires des travailleurs, artisans, commerçants, fournisseurs de services…) ».
Mais les grands travaux, selon l’économiste, « ce n’est pas que du structurel, c’est aussi de l’opérationnel (gains de temps, amélioration de la productivité, diminution de la pollution… ».

Préparer l’économie de demain

Ainsi dit-il, la route des Tamarins a contribué « à réunifier le marché ». Il indique au passage, pour ceux qui pointent du doigt le coût de ces grands travaux, le « coût du ‘’ne rien faire’’ qui revient très cher ».
Construire ces infrastructures : routes, moyen de transport nouveau, réseau Gazelle pour les technologie d’information et de communication, « c’est préparer l’économie de demain » et augmenter l’attractivité du territoire « pour attirer les investisseurs ». Construire l’économie de demain, c’est aussi – et nous sommes là en plein dans les compétences de la Région - organiser l’augmentation « de la solidarité entre les filières à l’intérieur de l’île ; prévoir la sécurité alimentaire, enjeu des 20 prochaines années ; équiper l’île (formation, recherche développement et innovation, rendre plus efficace l’accompagnement de l’entrepreneur…) ». Et c’est une des fonctions du futur Conseil de développement et de l’évaluation des politiques publiques récemment évoquée par le Conseil économique et social de La Réunion.
Un Conseil de développement, note Elie Hoarau, qui devra organiser le dialogue avec les acteurs du développement. Un dialogue « extrêmement important car les informations qui viennent du terrain sont déterminantes ».
Ces dernières années, la Région a joué son rôle de soutien de l’économie. L’enjeu des ces élections c’est de répondre à l’urgence sociale, mais aussi - et c’est dans les compétences de la Région -, de prévoir le monde d’après les grands travaux en suscitant de l’activité pérenne. C’est ce qui est inscrit dans le programme de l’Alliance. Un programme de développement intégré qui pense à court et à moyen terme. Un programme régional de développement durable sur lequel des experts travaillent depuis cinq ans. On est loin des quelques effets d’annonces ‘’bricolés’’ par les listes concurrentes de l’Alliance.

Correspondant


Les banques en situation de monopole dans un marché captif

Les opérateurs économiques présents ont fait état des difficultés rencontrées avec les banques de La Réunion. « Si le redémarrage économique tarde à La Réunion, c’est en partie à cause des banques », a affirmé un intervenant depuis la salle. Un promoteur immobilier indiquant par ailleurs que d’un côté, les banques refusent des prêts aux clients potentiels et d’autre part, les mêmes banques rachètent à bas prix des résidences immobilières. « Nous sommes rackettés », a même lancé un d’entre eux.
Un autre a cité l’exemple de la Corse où devant le peu d’implication des banques dans le développement de l’île, a été créée une banque véritablement mutualiste. Laquelle a permis de réguler quelque peu les choses.
Philippe Jean-Pierre a reconnu que la participation des banques n’est pas à la hauteur des enjeux du développement de La Réunion. Elles s’inscrivent dans les prêts à la consommation à court terme, mais pas dans les prêts pour le développement, à long terme. Il n’a pas caché non plus, les difficultés à faire évoluer les banques. Mais il a aussi noté que « la création d’un nouvel outil financier pourrait intervenir pour faire évoluer les banques, pour créer de la concurrence, pour susciter un rapport de forces, pour créer un effet de contrepoids ». Enfin, l’économiste a souligné que les banques étaient, à La Réunion, dans une position de « monopole dans un marché captif ».


An plis ke sa

Du travail pour les petites entreprises
Raymond Mollard, membre de la Commission d’appel d’offres, a indiqué que pour le futur lycée de Sainte-Anne, livré à la rentrée prochaine, l’équipement avait donné lieu à 21 lots soumis à appel d’offres et attribués à une quinzaine de petites entreprises réunionnaises. « Nous avons la volonté de fournir de l’activité économique, de fournir à l’économie le carburant dont elle a besoin », a souligné le vice-président de la Région.

Des pistes de développement
En réponse à une question, Philippe Jean-Pierre a tracé quelques pistes d’activités économiques : la labellisation CEE de produits fabriqués en Chine ou ailleurs et monté à La Réunion ; la vente du savoir-faire réunionnais dans un certain nombre de domaines (résorption de l’habitat insalubre, métiers du développement durable comme le traitement des déchets ou le photovoltaïque, adaptation de la technologie appliquée dans l’hémisphère Nord pour le Sud), la pêche au-delà de la recherche halieutique actuellement développée, etc.

Co-développement
Dans le débat a surgi la question de la coopération régionale, du co-développement. Il est clair que l’une des voies de développement se trouve dans le positionnement de La Réunion - qu’il soit géographique ou découlant de la nature du peuplement de l’île. « Etre réunionnais demain, c’est être dans la zone de l’Océan Indien », a résumé Philippe Jean-Pierre. Et cela doit s’accompagner des nécessaires relations culturelles et sportives.


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