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La crise du modèle de l’intégration impacte la fédération du PSF

Les partis politiques sont touchés à leur tour — 2 —

Témoignages.re / 3 novembre 2012

Moins de 6 mois après la victoire d’un socialiste à l’élection présidentielle en France, la fédération réunionnaise de ce parti français est en pleine crise. Comme pour tous les partis en crise, au cœur du problème, il y a l’échec de l’intégration et la difficulté de trouver une solution centrée sur le développement de La Réunion. La conséquence : le débat se résume désormais à des questions de personnes…

La crise que connaît La Réunion vient de très loin et possède des racines très profondes. Il n’y a jamais eu autant de demandeurs d’emploi. Jamais le nombre de jeunes au chômage n’a été aussi élevé. La crise est d’une telle ampleur que les mesures prises à Paris apparaissent comme une goutte d’eau face à un océan de misère.

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Le gouvernement est coincé dans le cadre actuel, et le mieux que La Réunion puisse espérer, c’est une atténuation des effets de la crise pour quelques personnes.

Le modèle de l’intégration a donné ce qu’il a pu, et les partis qui en tirent leur raison d’être sont tous dans la même situation. Il y a une perte de repères et de perspectives. Tous les partis sont touchés, à quelques degrés près.

La fédération réunionnaise du Parti socialiste français illustre à son tour ouvertement ce profond malaise.

Quelle issue pour le PSF à La Réunion ?

À la fédération du PSF, il n’y a aucun débat sur le fond. L’idéologie, c’est l’intégration. Et, lorsque l’intégration bat de l’aile, ce sont les fondations qui se délitent, fragilisant tout l’édifice. Les lézardes apparaissent au grand jour, et la crise du modèle se traduit par une crise au sommet.

Alors qu’elle aurait dû triompher lors de son dernier congrès, la fédération du PSF a étalé au grand jour ces divisions. Tout l’effort fait pour cacher la vérité n’a servi à rien. Sur 6 parlementaires fraichement élus ou réélus, 4 n’ont pas participé. Tous sont ensuite allés au congrès du PS à Toulouse, prenant soin de ne pas poser ensemble. Qui aurait pu croire qu’à peine 3 mois après les législatives, la crise aurait pu faire autant de dégâts ?

Et comme le modèle de l’intégration voit chaque jour la pression augmenter à cause de l’aggravation des politiques d’austérité en Europe et en France, l’absence de solutions immédiates conduit à des divisions, encore plus profondes.

Jean-Claude Fruteau le confirme, à sa manière. Dans le "JIR" d’hier, il annonce la création possible d’un mouvement politique dans lequel pourraient se retrouver tous les socialistes qui ne reconnaissent plus la Direction de la fédération. Pas moins. Il va même jusqu’à calculer le poids électoral de chacune des parties en présence, estimant le poids des opposants à la Direction, pourtant récemment élue par les adhérents, à 65% des voix socialistes.

Après le social, l’économie, l’environnement, c’est le tour du politique : la crise ne fait que commencer. Et elle va s’amplifier au fur et à mesure que les protagonistes vont se rendre compte de l’impasse dans laquelle s’enfonce le modèle qui a tant nourri leurs illusions.

Manuel Marchal


Kanalreunion.com