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La crise s’aggrave en France

Vers une accélération du calendrier du gouvernement ?

Céline Tabou / 3 septembre 2012

Conscient de l’aggravation de la situation économique et financière du pays, François Hollande a annoncé une accélération de son action, le 1er septembre. Ce dernier a indiqué : « Nous sommes devant une crise d’une gravité exceptionnelle » et pour faire face à l’urgence, « il faudra du temps » pour gagner « la bataille de la croissance, de l’emploi, de la compétitivité ».

« Il y a une urgence économique et sociale » avec « structurellement un modèle en crise », a expliqué le politologue Jérôme Fourquet à l’Agence France Presse. Ce dernier a indiqué que le président ne pouvait plus prendre de temps, car son quinquennat est sujet à « l’accélération du temps politique et à la médiatisation », d’autant plus que « le profond pessimisme et l’angoisse des Français » persistent.

Le changement prend du temps

Pour répondre à certaines urgences, le dispositif sur les contrats de génération sera présenté dans "les jours qui viennent" aux partenaires sociaux a expliqué le chef de l’État. De plus, les plans sociaux et restructurations seront négociés entre syndicats et patronat « dés le mois prochain ». L’accélération de « son action » intervient au moment où l’État se porte garant pour le Crédit Immobilier de France qui s’est coupé ses financements sur le marché.
Cette situation met en exergue les dossiers à venir pour le gouvernement. Il devra également concrétiser sa proposition de banque publique d’investissement, qui doit en particulier participer au financement des PME. Du côté des collectivités locales, une réforme de leur financement va être lancée, afin de réduire le déficit public et permettre de respecter les 3% imposé par Bruxelles pour rester dans la zone euro. En contrepartie, l’État a indiqué que les Régions pourront gérer les « fonds européens consacrés à leur territoire ». D’ici là, François Hollande a expliqué qu’« il n’y a pas de jour à perdre, trop de périls nous menacent. Le changement ce n’est pas une somme d’annonces, c’est une force qui sait où elle va, susceptible de rassembler le pays. Oui, il y aura des efforts à faire, mais ils seront consentis dans la justice ».

L’optimisme affiché des Européens

Alors que les dirigeants des États européens tentent de rassurer leurs concitoyens, Angel Gurria, secrétaire général de l’OCDE, a exhorté la Banque centrale européenne à commencer des rachats illimités d’obligations pour endiguer la crise de la zone euro. Selon le chef de l’Organisation de coopération et de développement économiques, cité par l’agence de presse Reuters, « la BCE doit agir davantage, car les fonds de sauvetage mis en place par les Européens depuis le début de la crise (le Fonds européen de stabilité financière et Mécanisme européen de stabilités) ne suffisent pas, pas assez rapides, pas assez réactifs ».
Ce dernier s’est iniquité de l’ampleur de la crise européenne et a indiqué que « c’est le système qui est en jeu, l’euro ne devrait pas être exposé à un risque ». Souhaitant rester optimiste et conforter les responsables européens, Angel Gurria a prédit que la zone euro sortirait intacte de la crise actuelle : « Je suis convaincu que personne ne va quitter l’euro et que personne ne devrait quitter l’euro. Et je suis convaincu que plusieurs autres pays rejoindront l’euro dans le futur », a-t-il déclaré.
Au même moment, le directeur du Fonds européen de stabilité financière, l’Allemand Klaus Regling, s’est dit convaincu que « la crise de la zone euro pouvait être réglée d’ici à un ou deux ans, si les pays concernés tiennent leurs engagements budgétaires », a-t-il expliqué dans une interview à paraître lundi 3 septembre dans l’hebdomadaire “Der Spiegel” (AFP).
Klaus Regling a affirmé que le maintien des engagements de consolidation budgétaire ainsi qu’une amélioration de la compétitivité permettront de régler la crise.

 Céline Tabou  


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