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La crise touche le Conseil général

Des groupes divisés, de soudaines réorientations idéologiques

Témoignages.re / 13 décembre 2012

Un budget adopté par 19 voix et 22 abstentions dans une assemblée de 49 élus, une recette non garantie de 13 millions d’euros… le Conseil général n’échappe pas à la crise qui traverse tout le pays.

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À l’assemblée plénière du Conseil général de mercredi, le Plan départemental des transports piloté par Pierre Vergès a été adopté à l’unanimité. Si le budget a été également validé, le résultat du vote sort de l’ordinaire. Le Conseil général compte 49 élus. 41 ont pris part au vote, 22 se sont abstenus et 19 ont voté pour.

Rappelons que la majorité du Conseil général comprend 33 élus. Au lendemain des dernières cantonales, elle était forte de 3 composantes ayant chacune 11 élus : MODÉRÉS, PCR-Alliance et PS.

Depuis, les composantes ont évolué. 8 élus ont décidé de quitter le PCR et de créer un nouveau groupe. Lors du vote du budget, ils n’ont pas été unis : certains ont voté pour, d’autres se sont abstenus.

Au sein du groupe MODÉRÉS s’est créé un parti de la Nouvelle Droite sociale dirigé par la présidente du Conseil général. Dans ce parti, plusieurs de ces membres ont décidé de rejoindre l’UDI. L’UDI est précisément le parti de conseillers généraux de l’opposition qui siègent au sein d’Objectif Réunion, la déclinaison réunionnaise de l’UMP.

Du côté du PS, l’unité est un lointain souvenir. Le dernier congrès de la Fédération a été boycotté par tous les parlementaires sauf deux. Le vote du budget a de nouveau révélé les divisions. Des conseillers généraux ne sont pas venus, d’autres se sont abstenus et 2 ont voté pour.

Le budget sort également de l’ordinaire. Son équilibre repose sur une recette de 13 millions d’euros qui n’est pas garantie. André Thien Ah Koon, membre de la majorité, le juge même insincère.

Pas de sanctuaire

Toute cette confusion montre l’ampleur de la crise dans notre pays. Elle démontre qu’aucun secteur n’est épargné. La classe politique est touchée comme les autres couches de la population. Au Conseil général, la crise se traduit par des repositionnements idéologiques semblant défier la raison. Cela n’est guère étonnant, car si le modèle qui dirige notre société est en perdition, la logique veut que sa classe dirigeante suive le même chemin. Véritable conseil des maires, le Conseil général montre que la crise s’insinue au cœur de la pièce maîtresse de l’administration post-coloniale du pays : la commune.

L’impasse budgétaire liée à la dette de l’État accélèrera la crise, car les recettes garanties en provenance de Paris n’augmentent plus, pendant que les besoins en action sociale et en investissements continuent de croître.

Les perspectives annoncent en effet une année 2013 encore plus difficile qu’en 2012, et sans possibilité de reprise à court terme.

M.M.

Le gouvernement face à ses responsabilités

Les 13 millions mis en exergue pour équilibrer le budget doivent provenir d’un fonds de soutien aux Départements les plus pauvres d’un montant total de 170 millions d’euros. Or le gouvernement a décidé de critères différents pour les Départements d’Outre-mer. La conséquence de cette dérogation, c’est une diminution de l’enveloppe accordée à La Réunion par rapport à l’application des règles du droit commun.

Le Conseil général propose donc aux parlementaires de porter un amendement qui permettra à la collectivité d’être sûre d’obtenir les 13 millions d’euros qui équilibreront son budget.

Tout dépend maintenant de l’attitude du gouvernement. Les positions à Paris et les votes des parlementaires de La Réunion seront également l’objet de toutes les attentions.


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