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La dégringolade d’une députée perdue

Après 15 ans à l’Assemblée nationale

Témoignages.re / 20 mars 2012

Au lendemain du succès de la refondation de la section communiste de Saint-Paul avec pas moins de 59 adhésions à la clé, la présidente de l’Union des femmes réunionnaises a utilisé un rassemblement de son organisation pour attaquer le Parti qui l’a fait élire pendant 15 ans à l’Assemblée nationale.

« Aux yeux du PCR, aucune femme n’est digne d’être titulaire à une élection ! Avec eux, la parité c’est zéro calebasse ! », « dans les sept circonscriptions, les dirigeants du PCR n’ont désigné que des hommes comme titulaires et que des femmes comme suppléantes », « la direction du PCR préfère subir des sanctions financières que d’appliquer la parité », tels sont les morceaux choisis d’un discours tenu dimanche par une femme, qui pourtant aura passé trois mandats, soit 15 ans, sur les sièges de l’Assemblée nationale en tant que députée PCR. C’est un record, jamais aucun communiste réunionnais n’a connu une telle longévité au Parlement. Voilà où une députée perdue en est arrivée…
C’était dimanche, à l’occasion d’une assemblée de l’Union des femmes réunionnaises. Venues de toute l’île en bus, environ 200 femmes remplissaient la salle Leconte de Lisle de la Grande Fontaine. La députée qui a décidé de quitter le PCR a donc utilisé ce mouvement de femmes pour lancer une charge contre le parti qui l’a fait élire pendant 15 ans à l’Assemblée nationale. Ses arguments tournent autour de la parité aux législatives… ce qui n’a pas manqué d’étonner les observateurs attentifs de la vie politique à Saint-Paul.

Presque 4-0 aux cantonales de Saint-Paul

En effet, l’année dernière, il revenait à Huguette Bello et à la section communiste de présenter des candidatures aux cantonales. Quatre cantons étaient renouvelables dans la commune, et manifestement on était passé tout près du 4-0, car sur les quatre candidats choisis, trois étaient des hommes. Seule Pascaline Chéreau Némazine réussit à se frayer un chemin, car l’adjoint Emmanuel Séraphin était rejeté par la population.
Au soir du second tour, trois candidats désignés par la section de Saint-Paul sur quatre étaient élus : une femme et deux hommes.
Lors du 31 mars, date de l’installation du nouveau Conseil général, l’occasion était donnée à la députée-maire de Saint-Paul de défendre la parité. Mais à la grande surprise des participants à la réunion de groupe PCR-Alliance tenue ce jour, elle n’a pas souhaité qu’une femme accède à un poste de vice-présidente. Pourtant Pascaline Chéreau Némazine comme Michèle Caniguy avaient proclamé leur attachement à l’UFR.

Au service d’une femme…

Comment expliquer que celle qui fait aujourd’hui campagne sur le thème de la parité ait autant de mal à faire la promotion d’autres femmes aux responsabilités dans les institutions ? Le comportement de la députée-maire vis-à-vis de Gélita Hoarau apporte un éclairage. Quand Gélita Hoarau devient sénatrice de La Réunion, l’UFR et sa présidente restent silencieuses. L’événement est pourtant considérable, car c’est la première fois qu’une communiste réunionnaise siège au Sénat. Ce silence permet de comprendre pourquoi Gélita n’a pas été réélue en septembre dernier. Bello estime être la seule femme capable d’accéder à des responsabilités politiques. Voilà en tout cas qui permet de comprendre comment l’UFR, grand mouvement de défense des femmes, est devenue un groupe réduit au service d’une femme (voir encadré).


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