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La démocratie selon Nicolas Sarkozy

Les affaires politico-judiciaires s’aggravent

Céline Tabou / 1er octobre 2011

Depuis son arrivée à l’Élysée, Nicolas Sarkozy appelait à une attitude exemplaire au regard de la démocratie et des libertés fondamentales. Quatre ans plus tard, les constatations sont effarantes.

Les convocations Philippe Courroye, procureur de Nanterre et réputé apprécié par Nicolas Sarkozy est une première, d’autant plus que ce dernier a été nommé contre l’avis d’une partie de la magistrature. Dans sa suite, la magistrate Marie-Christine Daubigney et les deux premiers policiers de France, Bernard Squarcini, patron de la DCRI, et Frédéric Péchenard, directeur de la police nationale, se sont expliqués sur la plainte du journal « Le Monde ».
Le quotidien accuse les magistrats de s’être procuré illégalement des "fadettes" — des relevés téléphoniques — de trois de ses journalistes. Selon France Info, le procureur Courroye aurait voulu prouver que la juge de Nanterre Isabelle Prévost-Desprez, qui menait des investigations parallèles aux siennes dans l’affaire Bettencourt, était en relation directe avec la rédaction. Portant atteinte aux secrets des sources de la presse, Philippe Courroye, Marie-Christine Daubigney et Bernard Squarcini auraient obtenu des factures détaillées du téléphone du journaliste, Gérard Davet après un article en juillet 2010 sur une déposition dans l’enquête Liliane Bettencourt, mettant en difficulté le ministre du Travail d’alors, Éric Woerth.

Des atteintes à la démocratie

Le chef de l’état a usé de la procédure d’urgence pour faire voter une loi, notamment la réforme des retraites. Il a porté atteinte au secret des sources des journalistes, en nommant Philippe Courroye, procureur de Nanterre dans l’affaire Bettencourt.
Reporters sans frontières a publié en novembre 2010, son classement mondial de la liberté de la presse au sein duquel la France est située à 44ème place contre la 31ème place en 2007 sur 169 nations. Le gouvernement a mis en place le filtrage administratif d’internet à travers LOPPSI et ARJEL, afin de surveiller et contrôler tout individu gênant pour le pouvoir en place. Ou en coupant l’accès à internet avec la loi Hadopi. Nicolas Sarkozy a également maintenu des ministres et hauts responsables ayant tenu des propos racistes et pour certains ayant été condamnés pour injure raciale, tel que Brice Hortefeu.
Des conflits d’intérêts concernant plusieurs ministres ont été révélés, Christine Boutin, Christian Banc, Éric Woerth et d’autres encore. De plus, le président a tenté de placer son fils Jean Sarkozy à la tête de l’EPAD, alors que ce dernier n’avait manifestement pas les compétences nécessaires. Entre autres, Nicolas Sarkozy s’est octroyé le pouvoir de désigner le président de France Télévisions afin de contrôler l’information diffusée sur sa politique et sur lui-même.

Céline Tabou


Kanalreunion.com