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La dernière génération capable de sauver l’essentiel

Climat, emploi, logement, pouvoir d’achat

Manuel Marchal / 25 septembre 2009

Après les experts, c’est au tour des responsables politiques de souligner que l’urgence est de prendre des décisions capables d’atténuer significativement les effets du changement climatique. Les déclarations prononcées mardi à New-York sont révélatrices. Or, la crise environnementale est un des aspects des problèmes structurels qui touchent à des degrés divers les peuples du monde. Et comme pour le climat, le moment de la décision est venu.

La crise environnementale que connaît le monde atteint aujourd’hui des proportions considérables. 35 ans après le premier sommet de la Terre à Stockholm qui a débouché sur la création du Programme des nations unies pour l’environnement (PNUE), 17 ans après le Sommet de Rio marqué par l’adoption de la Convention-cadre des Nations Unies sur le changement climatique, 11 ans après la signature du Protocole de Kyoto, le monde va connaître un nouveau rendez-vous.
Les chefs d’État et de gouvernement se retrouveront au mois de décembre prochain à Copenhague pour tenter d’arriver à un nouvel accord pour des mesures encore plus contraignantes en termes de limitation des émissions des gaz à effet de serre.
Mardi, l’assemblée générale de l’ONU a été l’occasion pour les décideurs mondiaux de donner leurs positions à 75 jours du début de la Conférence de Copenhague, au cours d’un Sommet sur le climat.
Pour Barack Obama, « après de trop nombreuses années d’inaction et de déni, nous assistons finalement à une large reconnaissance de l’urgence de la situation. Nous savons que l’avenir de notre planète dépend d’un engagement mondial à réduire de façon permanente la pollution des gaz à effet de serre ».
Nicolas Sarkozy a pour sa part affirmé que notre génération est la dernière à pouvoir empêcher une catastrophe aux conséquences irréversible : « pour la première fois, nous devons décider de l’avenir de la terre toute entière (…) Nous savons que si nous ne sommes pas capables de le limiter à 2 degrés, nos enfants, nos petits-enfants seront confrontés à une catastrophe échappant à tout contrôle. (…) Dans 87 jours, nous saurons si nous avons réussi, ou si nous avons failli à nos devoirs de responsables politiques ».
Déclaration confirmée hier à la télévision : « nous sommes la dernière génération à pouvoir décider, après ce sera trop tard ».
Pour le président de la République, c’est le moment de décider. Or, tout le monde constate que la solution réside dans une rupture sous peine de se trouver rapidement face à des conséquences irrattrapables liées à l’emballement de l’effet de serre.
Cette prise de position converge avec les déclarations d’autres responsables présents à New-York pour ce Sommet sur le climat. La crise environnementale a en effet pour conséquence d’amplifier les effets de la crise sociale qui se diffuse dans le monde entier. Or, les effets de ces différentes crises s’ajoutent aux problèmes structurels vécus par de nombreux pays : pénurie d’emplois, de logements, illettrisme, pouvoir d’achat insuffisant…
Sur toutes ces questions, le moment de la décision est également venu. Poursuivre dans la même voie, c’est en effet exposer des peuples à des problèmes insurmontables, qui portent en eux les germes de la division et de l’effondrement de la société.

M.M.


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