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La destruction de 730.000 emplois en cinq ans

Voilà le bilan de Sarkozy

Céline Tabou / 28 mars 2012

À quelques semaines du premier tour de la présidentielle, le Pôle Emploi vient de publier les derniers chiffres du chômage. Ceux-ci illustrent le bilan du quinquennat de Nicolas Sarkozy à la tête de l’État, soit la destruction de plus de 700.000 emplois.

Le nombre de chômeurs a atteint fin février 2,87 millions de personnes dans la catégorie A (personne n’ayant pas trouvé de travail dans le mois), soit une hausse de 6,2% sur un an. Ce taux revient à son niveau d’octobre 1999. Pour le PS, « le chômage est le naufrage du quinquennat ».

6.200 chômeurs supplémentaires en février

D’après les données du Pôle Emploi, le nombre de chômeurs a atteint 2,867 millions de personnes en février, soit 6.200 de plus qu’en janvier (+0,2%) en France. Ces chiffres s’ajoutent aux nombres de personnes qui exercent une activité réduite (catégories B et C), ce qui représente 4,278 millions de demandeurs d’emploi cherchant un travail, soit une progression pour ces deux catégories de 20.400 en février (+ 0,5%). De plus, le nombre de demandeurs d’emploi sans activité en France, Outre-mer compris, a dépassé les 4,547 millions de personnes.
"Les Echos" ont annoncé qu’au quatrième trimestre 2011, la France enregistrait chaque mois, en moyenne, 23.000 chômeurs de plus (catégorie A). La progression du nombre de chômeurs devrait perdurer, car selon l’INSEE, le chômage devrait continuer à progresser d’ici à l’été compte tenu de l’atonie de la croissance.

Des déclarations mensongères

En 2007, le chef de l’Etat avait promis la réduction à 5% du taux de chômage, alors de 8,1%. Nicolas Sarkozy avait souhaité être jugé sur cette « obligation de résultat ». Cinq ans plus, le bilan est désastreux. Le taux de chômage est de 9,4% en France, et 9,8% Outremer compris, soit une hausse de 6,2% par rapport à l’an dernier pour la France (sauf Outremer).
Avoisinant les 10%, les déclarations passées de Nicolas Sarkozy sont en sa défaveur : « Si on engage sur 5% de chômeur et qu’à l’arrivée il y en a 10, c’est qu’il y a un problème » avait-il annoncé. La politique économique menée depuis l’entrée à l’Elysée de Nicolas Sarkozy aura eu pour effet de détruire de l’emploi et entrainer le pays en récession, notamment avec la hausse de 5 points de la dette publique en trois ans. Début 2010, le candidat sortant avait affirmé une baisse du taux de chômage au cours du premier trimestre 2010. Confiant, ce dernier savait pourtant que la crise de la dette souveraine ajoutée à la crise économique et financière aurait eu des effets négatifs sur l’emploi.

Les esquives de Nicolas Sarkozy

Face à ce bilan, Nicolas Sarkozy préfère mettre en avant le ralentissement de la hausse et comparer la situation de la France à celle de ses voisins européens. Le taux de chômage en France est 9,8% fin 2011 (selon l’INSEE) tandis que ceux de l’Espagne et de la Grèce sont respectivement de 23% pour le premier et 20% pour le second. Le Portugal possède un taux de chômage de 15%. Ces comparaisons ont eu vent d’irriter ses opposants à la présidentielle qui ont rappelé les situations économiques et sociales de ces trois pays. En effet, la France n’est pas dans la même conjoncture économique que ces derniers.
De plus, Nicolas Sarkozy a déclaré sur "France Info", lundi 26 mars, « une amélioration de la situation grâce à une reprise économique stable ». Minimisant les chiffres, il a tenu à faire savoir que la France a « échappé à une catastrophe » et a « beaucoup mieux résisté que les autres pays ». Les déclarations de Nicolas Sarkozy mettent en avant « un foutage de gueule » comme l’a dénoncé Olivier Besancenot (NPA), et comme l’a rappelé Emmanuel Lechypre, co-auteur de "150 idées reçues sur l’économie" sur "Rue89", « aucun candidat à sa succession à l’Elysée n’a réussi à se faire réélire avec un taux chômage supérieur à 9,4% ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com