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La direction UMP-UDI-Objectif Réunion du Département face à la crise de la canne à sucre

Un seul groupe de 32 membres a choisi d’être seul aux commandes

Manuel Marchal / 3 avril 2015

Le Conseil départemental a tenu ce jeudi 2 avril sa première assemblée plénière. L’institution a choisi sa direction. Elle aura donc la responsabilité de faire face à de nombreux défis entrant dans son champ de compétence. Les élus de La Possession, de Sainte-Suzanne et de Cambuston ont choisi de se situer au-dessus des logiques partisanes, et proposent la concertation.

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Voici une partie de la nouvelle direction du Conseil départemental. De lourdes responsabilités pèsent sur eux désormais.

Le Conseil départemental a livré hier son premier acte. Les 50 élus ont d’abord désigné leur président, puis la Commission permanente et enfin les vice-présidents. La direction du Conseil départemental est donc désormais connue, tous ont choisi de diriger, tous seront face à de lourdes responsabilités.

Une présidente et 15 vice-présidents, tous du même groupe politique composé de 32 élus, vont donc mener les débats. La direction du Conseil départemental hérite de compétences du Conseil général, en particulier l’action sociale et l’agriculture. La majorité UMP-UDI-Objectif Réunion est donc au pied du mur. Elle sera rapidement confrontée au problème de la filière canne. Dans son discours d’investiture, Nassimah Dindar a dit sa volonté de voir le maintien de la canne à sucre à La Réunion. Le Conseil départemental sera aux côtés des planteurs et des usiniers pour défendre la filière à Paris et à Bruxelles, a-t-elle dit. Le moment de la concrétisation ne peut plus tarder.

La crise a déjà commencé

En 2017, c’est la fin des quotas sucriers. C’est le seul engagement ferme et sans condition pris par François Hollande lors de sa visite à l’usine de Bois-Rouge en août dernier, confirmé depuis par George Pau-Langevin. Dans deux ans, les usiniers n’auront plus la certitude d’écouler la totalité du sucre produit à un prix suffisamment rémunérateur, car l’Europe n’interviendra plus pour acheter l’invendu. Cette décision a déjà une conséquence importante : le prix de la canne n’est toujours pas fixé à trois mois de la coupe. Jusqu’à présent, ce prix était défini dans la Convention canne, document signé par les planteurs, les usiniers et l’État. Il fixe les relations entre les différents protagonistes, et donc notamment le prix payé par l’usinier au planteur pour l’achat de la canne à sucre, et le montant des subventions versées par l’État aux planteurs et aux usiniers. Sa durée est traditionnellement d’au moins 6 ans. La dernière convention a couru sur 9 ans. La fin des quotas intervient au beau milieu de la période prévue pour une Convention canne.

L’agriculture est une compétence qui relève du Conseil départemental. Les dirigeants de cette assemblée ont donc une lourde responsabilité dans la gestion de la crise.

La proposition de la concertation

Cette prise de responsabilité a lieu dans un contexte très délicat : les dirigeants du Conseil départemental n’ont pas le droit de décevoir. Une grande partie de la population a en effet refusé de participer à leur élection. Au premier tour, les abstentionnistes étaient majoritaires. Au second, près de la moitié du corps électoral a rejeté le vote. Il est donc clair que si cette direction n’est pas à la hauteur, le taux de participation pourrait encore baisser. Le boycott pourrait être alors encore plus large la prochaine fois, ce qui enlèverait une large part de légitimité à une assemblée locale élue par une minorité d’électeurs.

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Les élus du Groupe de concertation pour le développement de La Réunion.

Pour leur part, les élus soutenus par le PCR ont choisi de proposer une démarche allant au-delà des partis. Mercredi après-midi, ils ont publié une déclaration qui fixe une ligne : la concertation. Les problèmes sont en effet si importants qu’ils nécessitent la concertation, indiquent Michèle Caniguy, Anne-Flore Deveaux, Maurice Gironcel et Philippe Robert.

De toutes les questions entrant dans les compétences du Conseil départemental, la canne à sucre arrive en tête car c’est le problème le plus urgent. L’appel à la concertation est lancé, pour qu’émerge une solution partagée.


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