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La France du Triple A à une note « AA+ »

Sarkozy sanctionné par ceux à qui il a donné des gages

Céline Tabou / 18 janvier 2012

La dégradation de la note française a porté un coup à la politique de Nicolas Sarkozy, et particulièrement à « l’insuffisance » du gouvernement de mettre en place des mesures visant à dynamiser et relancer la croissance et l’emploi.

Redoutée par l’entourage de Nicolas Sarkozy, la perte du AAA a été officialisée, boutant en touche Paris, face à Berlin qui conserve son « Triple A ». Ventant l’économie allemande, Nicolas Sarkozy n’est pas parvenu à conserver la note suprême, dont il avait fait l’une de ses priorités et cheval de bataille pour l’élection présidentielle.

La politique de Nicolas Sarkozy sanctionnée

D’après la presse parisienne, l’annonce de Standard and Poor’s a conduit l’actuel chef de l’État et François Hollande à revoir leur programme d’ici avril et mai, prenant ainsi en compte la dégradation du vendredi 13 janvier et celles à venir. Se posant en « l’unique solution » pour mettre en place une « politique de survie » qui permettrait à la France de récupérer sa note, Nicolas Sarkozy a salué « son courage » face à l’épreuve. Ce dernier a souhaité « prendre des décisions rapidement », bien que certains élus de la majorité attestent que la dégradation de la note française renvoie au bilan de Nicolas Sarkozy, « qu’il s’y soit tant accroché fait que cela ressemble aujourd’hui à un désaveu », a expliqué un député UMP aux "Échos".
Sur le plan européen, les décisions imposées par Nicolas Sarkozy et Angela Merkel n’auront pas eu les effets escomptés, si ce n’est la dégradation d’une dizaine de pays de la zone euro. Standard and Poor’s a critiqué l’absence de mesure concernant la crise de la dette souveraine. Relancé par la présidente du FMI, Christine Lagarde, pour la mise en place d’un nouveau traité européen, cette fois-ci, les agences de notation souhaitent un sursaut de la part des responsables politiques, pour que des mesures concrètes et utiles soient appliquées pour endiguer la crise.

Céline Tabou 

Conséquence de la sanction

Le Fonds européen de stabilité financière dégradé

La dégradation des notes de crédit de neuf États sur dix-sept de la zone euro a mis sous pression le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Érigé pour protéger les pays de la crise de l’euro, celui-ci pourrait également perdre sa note AAA et entrainer une remise en cause de toutes les aides octroyées aux États, mais surtout aux Régions Ultra-périphériques (RUP), dont La Réunion fait partie.

Mis en place en mai 2011, le FESF est noté par les agences de notation et peut donc se prévaloir de la note AAA. Si cette évaluation dépend des pays de la zone euro "actionnaires", les notes de ceux-ci entraient également en compte pour la note du FESF. Lundi 16 janvier, le FESF a vu sa note se dégrader, passant de AAA à AA+. L’abaissement de la note fragilise les économies faillibles dépendantes du Fonds, comme la Grèce, l’Espagne et l’Italie. Sans le « Triple A », sa capacité d’emprunt sera réduite et ses taux d’intérêt plus élevés, portant ainsi atteinte aux économies des pays européens en difficulté, cités ci-dessus.

Malgré les nombreuses craintes, suite à la dégradation de la note par Standard and Poor’s, le Fonds de soutien de la zone euro est parvenu à lever sans difficulté mardi 17 janvier, 1,5 milliard d’euros d’obligations à six mois, lors d’une opération test.

C.T.

Qu’est-ce qu’une notation financière ?

Les agences de notation sont des organismes qui notent le risque de solvabilité financière, dans le cas de la France, d’un État ou d’une autre collectivité publique, nationale ou locale. Cette notation dite « souveraine » concerne les perspectives de remboursement des engagements pris envers les créanciers, notamment les banques et détenteurs d’obligations. Les notes concernent le moyen terme, soit plus d’un an, et le long terme, de 10 ans et plus. Ces appréciations vont de AAA, qui signifie que la « qualité de crédit est la plus élevée », à D, qui indique un défaut de paiement constaté ou imminent de la part de l’emprunteur.

Pour attribuer ces notes, les agences qualifient la situation économique générale, la stabilité financière, les politiques monétaires et budgétaires, ainsi que les plans de rigueur pour répondre à la crise. Concrètement, la perte du « Triple A » de la France signifie qu’au lieu d’emprunter à taux faible, la France verra son taux de crédit augmenter. Obligée d’emprunter à un taux plus élevé, la France devra trouver les fonds pour pouvoir rembourser ses dettes, entrainant dans son sillage les collectivités qui devront également emprunter à un taux plus élevé.

C.T.


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