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La France en récession

Toute la presse en a parlé hier sauf à La Réunion

Manuel Marchal / 17 décembre 2011

C’était déjà difficile aujourd’hui, ce le sera encore plus demain, c’est la réalité qui s’impose aux gesticulations de Nicolas Sarkozy et Didier Robert : la France est en récession, et il est certain que pour La Réunion, la situation est encore plus grave. C’est l’information essentielle, elle est à la "une" des journaux en France, mais à La Réunion des médias persistent à refuser d’informer la population sur la réalité de la situation.

Cette année, Nicolas Sarkozy était le président à la fois du G20 et du G8. Au terme de cette présidence, la France sort laminée, elle est en récession et elle est sur le point de subir une dégradation de sa note. Ces deux informations sont capitales, car elles vont déterminer la politique mise en œuvre dans les mois à venir. Il apparaît d’emblée que le budget voté au Sénat et débattu actuellement par les députés devra être rectifié, car la loi de finances est bâtie à partir d’une croissance, et pas d’une récession. Cela ne sera pas sans conséquence pour notre pays, car cela signifie que l’austérité va s’aggraver.
La récession, c’est le rappel de la réalité à des politiciens qui pensent qu’ils peuvent s’en sortir en achetant des pages de pubs pour faire croire à un monde imaginaire. Dans sa dernière note de conjoncture, l’INSEE annonce une récession en France pour le dernier trimestre 2011 et le premier trimestre 2012 : voilà le cadeau de fin de mandat de Sarkozy à la population. En France, cette information est à la une partout. Même "Le Figaro" est obligé d’en faire son sujet principal, employant le doux euphémisme de « la France au bord de la récession ». Le quotidien économique "les Échos" n’y va pas par quatre chemins : « la France en récession ».

Le chômage déjà intolérable

À La Réunion, cette information est passée inaperçue hier. Elle était loin de faire les gros titres. Or dans notre île, la situation est encore plus grave. En effet, le plan de relance prévu par notre pays a été saboté par l’UMP à la Région. Trois milliards d’euros dus aux Réunionnais se sont envolés. Le chômage a grimpé, avec plus de 150.000 demandeurs d’emploi. Les entreprises ferment. Dans le même temps, le gouvernement applique le plan d’austérité à La Réunion, il supprime des postes dans la fonction publique et il réussit à obtenir l’appui d’élus de La Réunion pour en finir avec la retraite à 60 ans.
Avec la récession en France, ces attaques contre les lois sociales et les services publics vont encore s’amplifier. L’UMP a déjà annoncé la couleur, il promet de baisser de 2 milliards d’euros le montant des dotations versées par l’État aux collectivités.

M.M.


Six mois de récession selon l’INSEE

Voici un extrait du résumé de la note de conjoncture de l’INSEE.

Dans la zone euro, la dégradation de la situation économique, perceptible à partir de l’été 2011, s’est confirmée à l’automne. Elle s’est accompagnée de tensions croissantes sur le financement des dettes publiques, notamment en Italie. Ces tensions se sont ensuite étendues au système financier, malgré les interventions récentes des banques centrales pour alimenter le système bancaire en liquidités.
Ces turbulences devraient affecter à son tour l’économie réelle. Les conditions de financement des entreprises et des ménages commencent en effet à se durcir dans la zone euro. Les anticipations des chefs d’entreprise sont mal orientées, comme l’attestent les dernières enquêtes de conjoncture. La zone euro traverserait ainsi cet hiver un court épisode récessif. Cet épisode récessif serait d’intensité variable selon les pays, plus marqué et plus durable en Espagne et en Italie, où la demande intérieure est très affaiblie, qu’en Allemagne ou en France.
Ainsi en France, l’activité se contracterait légèrement au quatrième trimestre 2011 (-0,2%) et au premier trimestre 2012 (-0,1%) avant de progresser faiblement au deuxième trimestre 2012 (+0,1%). La demande des entreprises, moteur de la reprise depuis deux ans, finirait par fléchir : face à des perspectives d’activité atones, et au resserrement de leurs conditions de financement, les entreprises réduiraient leurs dépenses d’investissement. Parallèlement, l’emploi reculerait dans les secteurs marchands jusqu’à mi-2012, et le chômage s’inscrirait en hausse à cet horizon. Les ménages, confrontés à la dégradation du marché du travail et à la stagnation de leur pouvoir d’achat, maintiendraient un niveau d’épargne élevé : la consommation ne soutiendrait donc que faiblement la croissance française jusqu’à mi-2012.


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