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La France se rebiffe face à Bruxelles

Le ministre de l’Economie refuse un nouveau plan de 80 milliards d’économies

Céline Tabou / 4 mars 2015

A contrario de François Hollande et Manuel Valls, le ministre de l’économie, Emmanuel Macron a refusé de se plier aux volontés de Bruxelles, d’aller jusqu’à 80 milliards d’économies de 2015 à 2017. Cette prise de position pourrait peser sur les prochains rendez-vous européens, sans oublier les tensions avec les Grecs.

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Bercy, siège du ministère de l’Economie. Ce dernier refuse d’aller dans le sens des recommandations de la Commission européenne.

La commission européenne, présidée par Jean-Claude Juncker, a demandé à Paris de faire un programme d’économie de 80 milliards entre 2015 et 2017. Refus de la part de Bercy, qui par la voix d’Emmanuel Macron a refusé cette exigence.

Vers un nouveau bras de fer avec l’Allemagne

Emmanuel Macron a expliqué lundi 2 mars à plusieurs responsables européens, que « nous avons programmé 50 milliards d’économie de 2015 à 2017 et nous les ferons, a dit le ministre de l’Économie après ses entretiens à Bruxelles. Nous tiendrons aussi le nouvel objectif d’un déficit budgétaire réduit à 3 % en 2017 ».

« Une telle demande n’est pas raisonnable économiquement, et n’est pas souhaitable pour la croissance de la zone euro. Il ne faut pas tomber dans une logique de surenchère abstraite », a expliqué une source proche du ministre au quotidien Les Echos. Cette situation devrait compliquer les négociations, notamment lors de la réunion du 10 mars des ministres des Finances, qui vont débattre du dossier français, puis le 20 mars, lors du sommet européen.

Paris a déjà obtenu, le 25 février, un délai supplémentaire de deux ans pour ramener son déficit sous 3 % du PIB. La France a donc jusqu’en 2017, année électorale, pour répondre aux conditions européennes, mais surtout « la France doit produire davantage d’efforts », a estimé Valdis Dombrovskis, vice-président de la Commission européenne chargé de l’euro, lors de l’annonce. Ce dernier souhaite un effort structurel de 0,5 point de PIB en 2015.

Paris veut faire fléchir Berlin

La Commission européenne a fait part de son inquiétude face à la dégradation des comptes de la France et de la perte de compétitivité de ses entreprises. Cette dernière craint des « retombées négatives » sur les autres pays de la zone euro. Raison pour laquelle, la commission a étendu sa « surveillance rapprochée » aux réformes françaises considérées indispensables, bien qu’elle soit réservée à la dette et aux déficits publics.

Du côté de l’Elysée, il est surtout question de placer Berlin face à son « devoir de solidarité ». En effet, le gouvernement français souhaite que l’Allemagne soutienne la croissance dans la zone euro en mettant l’accent sur l’investissement grâce aux crédits publics. Selon des sources du quotidien Le Figaro, l’Allemagne devrait « porter de 20 à peut-être 50 milliards le plan annoncé à l’automne ». La France veut participation active de son voisin outre-Rhin, dans la politique de relance européenne.


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