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« La générosité malveillante du MEDEF »

À huit mois de la présidentielle, le soutien de Sarkozy serre les rangs

Témoignages.re / 3 septembre 2011

Dans son édition d’hier, "l’Humanité" fait un bilan de l’Université d’été du MEDEF. Cette organisation est aussi une source d’inspiration pour le gouvernement UMP avec l’emprunt de mots d’ordre syndicaux pour masquer le creux du discours.

Laurence Parisot a clôturé ce vendredi midi l’université d’été du MEDEF sur le thème de la générosité, après trois jours de discours anti-social et de chants sur l’air du « tout va très bien ».

« Le monde aujourd’hui évolue vers plus de générosité car la sphère publique aura moins d’argent », a lancé David de Rotchild, lors de la plénière de clôture, ce vendredi midi, à l’université d’été du MEDEF. Après avoir passé le message d’une réduction drastique de la dépense publique plutôt que d’augmenter les impôts, le MEDEF cherche, à l’image de la taxe des super riches, à faire passer la pilule dans l’opinion publique. « Oui, les chefs d’entreprises ont un cœur », a martelé Laurence Parisot, présidente de l’organisation patronale, qui animait la table ronde. Un cœur gros comme le compte en banque de David de Rotchild dont la générosité n’est pas moins rentable : « Être généreux, c’est bon pour soi-même, parce que c’est gratifiant, a revendiqué le milliardaire, avant de lancer un appel à tous les entrepreneurs ». Heureux aussi le patron de la Société Générale, qui prône l’esprit d’équipe pour modèle de générosité. « Comme dans une mêlé, mon rôle est de motiver, de fédérer l’engagement de mes équipes. Il faut savoir perdre ensemble pour rebondir la prochaine fois ». Celui qui a touché de 2,9 millions d’euros de rémunération en 2010 ne limite pas la question de la générosité à une simple question d’argent.
Tout au long des trois jours de réflexions, les chefs d’entreprises ont préparé le terrain de la présidentielle et nié les réalités économiques. Dans le cahier « revendicatif », outre la baisse des dépenses publiques, les patrons sortent la compétitivité et la course au podium avec l’Allemagne pour demander une baisse des « charges » et du « coût du travail ». Élogieux envers le modèle de la protection sociale à la Française, ils ont, sous un verbiage bien à eux, expliqué que s’il fallait une harmonisation sociale pour éviter l’explosion, celle-ci ne pouvait pas se faire « au niveau du pays qui a la plus forte protection sociale ». « La France va devoir faire des sacrifices », a asséné Jean-Pierre Letarte, PDG de Ernst&Young France. Un petit aperçu avant la sortie à la fin de l’année de « Besoin d’air 2 », une sorte de « boîte à idée » pour l’UMP. Rappelons que Martine Billard, député du Parti de Gauche, a recensé dans son livre, qu’une bonne moitié des 44 mesures portées par le MEDEF, dans un rapport daté de 2004, ont été adoptées par Nicolas Sarkozy.


Le MEDEF rejoint les rouges !

Depuis longtemps, le rouge est la couleur qui rassemble les travailleurs. C’est derrière le drapeau rouge qu’ont été obtenues de nombreuses conquêtes sociales. La couleur rouge, c’est donc celle des syndicats. Lorsqu’il entendait que les rouges arrivaient, le patron savait qu’il allait devoir faire face à un mouvement revendicatif.
Il est de notoriété publique que la direction du MEDEF n’aime pas les syndicats. Et pourtant, c’est le rouge qui a été imposé comme code de couleur de l’université d’été 2011 du MEDEF. Décidément, les choses changent.


Quelle générosité ?

L’université d’été du MEDEF marque un raidissement de l’appareil patronal à huit mois de la présidentielle. C’est un appel à serrer les rangs pour tenter de sauver le candidat Sarkozy d’un bilan désastreux.
Comme l’UMP, la direction du MEDEF aime détourner les mots d’ordre de leur sens. Si le MEDEF était pour un partage équitable des richesses, cela se saurait, alors que vaut sa prétendue générosité ?


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