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La grande diversion du remaniement ministériel

La poursuite de la casse sociale confirmée

Céline Tabou / 15 novembre 2010

Nicolas Sarkozy avait annoncé depuis plusieurs mois un changement gouvernement, ces dernières semaines ont été le théâtre d’estimations en tout genre. Seule certitude, le gouvernement mènera la même politique car c’est la même équipe ou presque qui sera reconduite. Encore un coup de com’ pour cacher le vide et l’impopularité, ce qui n’est pas sans rappeler l’annonce de la visite de François Fillon à La Réunion pour masquer le contenu de l’accord qui devait être signé entre le président de Région et le Premier ministre.

Reconduit dans ses fonctions, François Fillon, a pu bénéficier d’une opinion publique moins mauvaise que celle de Nicolas Sarkozy, et surtout rien a perdre dans ce remaniement. Gaël Sliman, directeur adjoint de BVA (Institut d’étude de marché et d’opinion), a expliqué à Reuters, que "S’il reste, c’est un aveu de faiblesse de la part de Sarkozy qui montre que le plus fort n’est pas celui qu’on croit".
Selon le communiqué de presse de l’Elysée, la nouvelle composition du gouvernement devrait être annoncé ce matin. Les estimations vont bon train : Xavier Bertrand ferait son entrée, Brice Hortefeux devrait rester Place Beauveau, Alain Juppé entrerait également au gouvernement, de même que la présidente de la HALDE Jeannette Bougrab et la députée villepiniste Marie-Anne Montchamp. En cas de départ de Christine Lagarde du ministère de l’Economie, François Baroin devrait la remplacer.
Parmi les partants, Hervé Morin, Fadela Amara, Patrick Devedjian, Bernard Kouchner et d’autres secrétaires d’Etat mettant fin à l’ouverture à gauche du gouvernement, et prôné durant des années par Nicolas Sarkozy. Un dilemne reste pour le chef de l’état. Jean-Louis Borloo, longtemps pressenti à Matignon, il se serait vu, d’après la, chaîne d’information LCI, proposer plusieurs ministères prestigieux - les Affaires étrangères, la Justice - lors de sa rencontre avec le chef de l’Etat samedi 13 novembre.
Du côté de l’oppostion, Benoît Hamon, porte-parole du Parti Socialiste, a jugé dimanche la « reconduction d’un Premier ministre en échec (...) par un président de la République lui-même en échec », indiquant que « ça donne un relief particulier à ce feuilleton du remaniement interminable où le pouvoir aura donné le spectacle d’une classe politique totalement égocentrée et objectivement désintéressée de la vie quotidienne des Français ».
Au MoDem, même son de cloche qu’au PS, Marielle de Sarnez a indiqué à l’AFP, « C’est un non-remaniement. La décision de reconduire François Fillon signifie qu’il n’y aura aucun changement, ni de politique, ni de ligne, ni de cap et que le président Sarkozy inscrit son action dans la continuité de sa majorité UMP. Au final, on peut se demander à quoi aura servi ce temps perdu à s’occuper des problèmes du gouvernement et pas des Français ».

Céline Tabou


Retour sur un grand bluff

Juin 2010 : le mot remaniement revient dans le vocabulaire politique. Des députés UMP annoncent que Nicolas Sarkozy « réorganisera le gouvernement fin octobre et tirera sévèrement les conséquences de comportements de ministres ».

12 juillet 2010 : lors de son intervention télévisée sur fond d’affaire Woerth-Bettencourt, Nicolas Sarkozy confirme, en personne, son intention de remanier le gouvernement à l’automne, après la réforme des retraites.

Eté 2010 : deux secrétaires d’Etat, Christian Blanc et Alain Joyandet, présentent leur démission après avoir été éclaboussés par des révélations du Canard enchaîné sur leur train de vie.

Septembre 2010 : l’hypothèse d’un remaniement d’ampleur semble s’imposer. Jean-Louis Borloo est pressenti pour succéder à François Fillon à Matignon. Mais d’autres noms sont également avancés comme ceux de Bruno Le Maire ou de François Baroin.

3 novembre : Coup de théâtre. contre tous les usages de la Ve République, le Premier ministre sortant, François Fillon, signifie au chef de l’Etat son souhait de rester à Matignon, en déclarant croire « à la continuité de notre politique réformiste parce que l’on ne gagne rien à changer de cap au milieu de l’action et parce que le redressement de la France réclame de la durée ».

13 novembre : Nicolas Sarkozy lance la première étape du remaniement en annonçant la démission du gouvernement de François Fillon. Mais contrairement aux usages, il ne reconduit pas son Premier ministre dans la foulée.

14 novembre : peu avant 10 heures, l’Elysée annonce que Nicolas Sarkozy reconduit François Fillon au poste de Premier ministre.


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