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La Grèce en plein tourment

Crise en Europe

Céline Tabou / 19 mai 2012

Après des élections législatives qui ont vu la coalition de Gauche, anti-austérité, Syriza, prendre la tête du Parlement, les pro-austérités tentent de convaincre le leader du parti, Alexis Tsipras, de s’allier pour mettre en place la cohabitation.

Face aux divergences sur la politique économique à mener, un gouvernement provisoire a été formé (de techniciens) jeudi 17 mai et entrera en fonction jusqu’aux prochaines élections le 17 juin. Ce gouvernement, composé de 16 ministres, en majorité universitaires ou hauts fonctionnaires, ne pourra cependant légiférer sur rien, car le Parlement issu des urnes lors des élections du 6 mai a été dissout vendredi 18 mai.

« Terroriser le peuple »

Alexis Tsipras, chef de file de la Coalition de la Gauche radicale (Syriza), deuxième force politique grecque depuis les élections législatives du 6 mai, a réitéré sa position. Ce dernier continuera à s’opposer aux mesures d’austérité « barbares » qui mettent, selon lui, le pays en faillite. Ce dernier a juré, selon l’agence de presse “Reuters”, qu’il « n’écouterait pas les voix qui s’élèvent en Grèce et à l’étranger pour menacer le pays d’un arrêt de l’aide financière internationale au cas où Athènes ne met pas en œuvre les mesures d’austérité exigées par l’Union européenne et le FMI en échange d’un plan de sauvetage ».
Face à l’instabilité économique et politique, le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a averti que les Grecs devraient voter avec prudence lors des nouvelles élections prévues le 17 juin, pour éviter une sortie de la zone euro. Cette déclaration a fait réagir Alexis Tsipras, qui a déclaré qu’« Ils essaient de terroriser le peuple pour faire céder Syriza », devant des membres de son parti.
Selon un sondage publié dans l’hebdomadaire “Pontiki” réalisé par l’institut Pulse sur un échantillon de 1.200 personnes à travers le pays, Syriza arrive en tête des intentions de vote avec 22%, suivi par la Nouvelle Démocratie (19,5%) et le Pasok (14%). « Les Grecs ont voté pour la fin du plan de sauvetage et de l’austérité barbare. Les gens vont achever le 17 juin le grand pas en avant qu’ils ont fait le 6 mai, quoi que dise M. Barrots », a indiqué Alexis Tsipras.

Une sortie de la zone euro ?

La sortie de la Grèce de la zone euro entraînerait « un défaut de paiement à grande échelle du secteur privé et sur les obligations dénominées en euro, malgré un service de la dette modéré à la suite de la restructuration des bons d’État du gouvernement grec en mars », a indiqué l’agence de notation Fitch. Cette dernière vient d’abaisser les notes de long terme de la dette en devises et en euros de la Grèce à "CCC" contre "B-" auparavant.
Les économistes restent pessimistes, car une sortie de la Grèce de la zone euro pourrait entraîner la dégradation des notes d’autres pays. Le problème reste entier, et sur toutes les lèvres, un responsable allemand, Rainer Brüderle, chef du groupe parlementaire des Libéraux, a estimé dans les colonnes de “La Tribune” que cette sortie « serait beaucoup plus gérable » aujourd’hui qu’il y a deux ans, mais que cela « coûterait beaucoup d’argent ». Tous s’accordent à dire que la Grèce doit sortir de la zone euro. La présidente du FMI, Christine Lagarde, a envisagé une « sortie coordonnée » de la Grèce hors de la zone euro. « C’est quelque chose qui serait extraordinairement coûteux et présenterait de grands risques, avait-elle déclaré mardi dernier, mais ça fait partie des options qu’on est obligés de regarder techniquement ».
En attendant, les Grecs auront le dernier mot aux prochaines élections législatives de juin.

Céline Tabou



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