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La lutte contre ces risques émergents passe par la mobilisation de l’ensemble des citoyens

Fin de la visite de la ministre de la Santé et de la secrétaire d’État à l’Outre-mer

Manuel Marchal / 31 août 2009

Juste avant leur départ, les deux ministres ont tenu une conférence de presse où elles ont fait un premier bilan de leur séjour. Outre le fait que les Réunionnais doivent être rassurés quant à la prise en charge de la grippe A, sur le chikungunya et plus largement les maladies émergentes, Roselyne Bachelot a déclaré que « la lutte contre ces risques émergents » ne concerne pas seulement l’administration, elle « passe par la mobilisation de l’ensemble des citoyens ».

Au terme de deux jours de visite, Roselyne Bachelot et Marie-Luce Penchard ont rencontré la presse et précisé les premiers enseignements de leur séjour à La Réunion.
Pour la ministre de la Santé, le système hospitalier à La Réunion est au point pour faire face. Elle a rappelé l’arrivée prochaine de masques et la livraison des vaccins au mois d’octobre. Roselyne Bachelot a rendu hommage à l’implication de tous les personnels de Santé, dans les hôpitaux et en milieu ambulatoire. Elle a également pu discuter de ce dossier avec les élus lors du dîner républicain de samedi soir. C’est « un dossier qui doit nous rassembler », indique-t-elle. Pour les vaccins, le ministère a acheté 94 millions de doses, et en a réservé 30 millions.
L’autre volet du séjour des ministres concernait le chikungunya. Quelques heures après la visite du Centre de lutte anti-vectorielle de Saint-Pierre, Roselyne Bachelot souligne que la lutte contre ces risques émergents ne passe pas seulement par l’administration, mais passe « par la mobilisation de l’ensemble des citoyens ».
Cette déclaration indique que des leçons ont été tirées de la crise sanitaire qu’a connue La Réunion. Car à cette époque, plutôt que d’impliquer la population, l’État avait décidé de faire venir des militaires de France pour renforcer les équipes chargées de larguer des quantités importantes de produits chimiques peu efficaces. Pourtant, une alternative à cette catastrophe écologique existait et existe toujours, c’est le Bti. Produit biologique, il peut être utilisé par la population, et donc chaque citoyen peut devenir un acteur de la lutte anti-moustique. Il a fallu plusieurs mois de luttes, menées notamment par le PCR et plusieurs collectivités locales, pour que l’administration écoute enfin les Réunionnais.

Stratégie du gouvernement

Or, le 21 août dernier, soit deux jours avant l’annonce de la visite ministérielle, chacun a pu constater la diffusion de données contradictoires concernant le nombre de personnes touchées par la grippe A à La Réunion. La veille, le 20 août, l’opinion apprenait que trois personnes avaient peut-être le chikungunya, ce qui sera confirmé. Mais il a fallu attendre le 26 août, soit deux jours avant l’arrivée des ministres, pour que le préfet indique officiellement que ces cas ont été signalés au début du mois. Autrement dit, quand le 20 août, l’administration annonce trois cas de chikungunya, c’est deux semaines après les faits : ce n’était sans doute pas le meilleur moyen d’associer l’ensemble des citoyens à la lutte !
Vendredi, Roselyne Bachelot avait affirmé la transparence de la part de l’administration sur l’épidémie de grippe A. Le lendemain, elle précise que la lutte contre les maladies émergentes comme le chikungunya ne peut se concevoir que par « la mobilisation de l’ensemble des citoyens ». C’est donc la stratégie présentée par le gouvernement sur deux questions du domaine de la Santé, une compétence régalienne, comme l’a indiqué Roselyne Bachelot.

Manuel Marchal


Marie-Luce Penchard : un nouveau point en octobre

Face à la situation sanitaire, tous les moyens sont mis en œuvre, indique Marie-Luce Penchard, qui appelle à rester vigilant.
L’épidémie de grippe A a des implications sociales et économiques, déclare la secrétaire d’État à l’Outre-mer. Elle reviendra au mois d’octobre pour faire le point avec les acteurs sociaux et économiques.


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