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La ministre exonère l’Etat de ses responsabilités

Précarité dans la fonction publique territoriale

Manuel Marchal / 10 juillet 2013

Hier en fin d’après-midi, Marylise Lebranchu, ministre de la Fonction publique et de la Décentralisation, rencontrait les organisations syndicales. A la sortie, l’Intersyndicale affichait sa déception, aucune avancée pour la fonction publique territoriale.

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Marylise Lebranchu estime que le système des mutations peut évoluer, à condition que les confédérations de syndicats de France soient d’accord.

A La Réunion, 70% du personnel des collectivités n’est pas titulaire. C’est une situation qui n’existe dans aucune région de France. Là-bas, la titularisation est la règle pour 80% des agents.

Hier, l’Intersyndicale avait rendez-vous avec la ministre de la Fonction publique. L’échange avec Marylise Lebranchu a commencé par une déclaration liminaire réaffirmant certains points (voir encadré), demandant notamment des éclaircissements au gouvernement sur la non-application d’une loi obligeant les collectivités à publier un plan de titularisation.

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Yves Gigan : « La ministre dit que rien ne peut être fait ».

A la sortie de l’entretien, Marylise Lebranchu a indiqué quelle avait été sa position. Elle a constaté « une demande très forte dans la fonction publique territoriale d’intégration ». Elle a dit que « les 53% posent un certain nombre de problèmes au budget des collectivités » . La ministre préconise donc de résorber la précarité par la signature de CDD ou de CDI « avant d’envisager la titularisation ».

Yves Gigan, secrétaire général de la CGTR-FPT, a tiré devant les journalistes les premiers enseignements de cette rencontre. « La ministre dit que rien ne peut être fait », a-t-il précisé, ajoutant en substance que selon la ministre, rien ne se fera à cause de la surrémunération.

La proposition de la ministre n’est pas celle attendue par les syndicats, car le CDD ou le CDI ne donnent pas accès au statut de fonctionnaire.

Au final, les syndicats sont « très déçus de cet entretien ». « Aujourd’hui plus que jamais, nous lançons un appel à tous les territoriaux à se mobiliser », a déclaré le dirigeant syndical, et cela à la rentrée scolaire.

Jean-Pierre Lallemand, secrétaire général du SAFPTR abonde dans le même sens. Il dénonce un manque de démocratie de la part du gouvernement, et fait part d’une « déception absolue ».

Autrement dit, le gouvernement estime que ce n’est pas à l’Etat de financer la titularisation à 53% des travailleurs précaires des collectivités. Or, c’est l’Etat qui a imposé cette condition à la titularisation aux collectivités. Il a donc bien une part de responsabilité dans le fait qu’à La Réunion, 70% des agents des collectivités ne sont pas titulaires.

M.M.

Retour aux pays : aux syndicats de France de décider

Interrogée sur les actions permettant aux Réunionnais d’exercer plus facilement dans la fonction publique à La Réunion, la ministre dit attendre les conclusions du rapport confié à Patrick Lebreton.

Elle souhaite aussi faciliter la formation sur place aux concours. En d’autres mots, c’est un appui à un Institut régional d’administration.

Mais pour les Réunionnais qui sont déjà en France, la ministre n’agira pas pour assouplir les règles si elle ne recueille pas l’accord des confédérations syndicales de France. Et elle rappelle que pour les mutations des policiers, les syndicats de France ne souhaitent pas que les règles changent.


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