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La mutilation du Patrimoine mondial des Réunionnais

Un paysage de guerre remplace une forêt plusieurs fois centenaire

Manuel Marchal / 7 novembre 2011

2.834 hectares, c’est la superficie touchée par l’incendie qui a débuté le 25 octobre. Des trésors de la biodiversité mondiale ont cédé la place à un paysage dénudé. Les dégâts sont énormes, et ils auraient pu être évités.

Ce sont des images terribles. Sur de grands espaces, des cendres fumantes ont remplacé la végétation. Hier, la superficie ravagée était stabilisée à 2.834 hectares, des dégâts considérables.
Dans un reportage diffusé le 2 novembre, un pilote de Dash 8 ne comprenait pas pourquoi son avion n’était pas à La Réunion depuis la semaine précédente. En effet, si l’ordre avait été donné sans attendre, le Dash pouvait commencer ses largages alors que la superficie ravagée par les flammes était encore contenue à 1.000 hectares. Sur la base de l’incendie de l’année précédente, il y aurait eu donc bon espoir que l’engagement du bombardier d’eau puisse stopper la progression des flammes.
Contre toute logique, le gouvernement a décidé de refuser pendant une semaine ce moyen de lutte aux Réunionnais. Ce n’est que depuis le 2 novembre qu’un bombardier d’eau combat l’incendie, 2.700 hectares avaient déjà été touchés. Le feu ne progresse plus, et une course contre la montre s’est engagée pour traiter toutes les flammes avant mercredi. Meteo France prévoit en effet ce jour-là le retour du vent.
Hier, il a été possible d’obtenir des images de la zone sinistrée. Le cœur du Patrimoine mondial est meurtri, des immenses superficies sont dénudées. Cela fait apparaître l’immensité de la tâche pour tout reconstruire. La durée d’une vie humaine ne suffira pas à faire renaître tous les trésors disparus.
Ce saccage montre aussi les effets désastreux d’une mauvaise décision. Ce choix est politique, et a été soutenu à La Réunion par des élus qui ont fait le choix de l’UMP Paris plutôt que celui de leur peuple.
Face à un tel désastre, l’exigence de transparence est plus que jamais nécessaire, pour que pareil gâchis ne puisse plus jamais se reproduire.

Manuel Marchal


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