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La nécessité d’un « changement radical »

2012 : le changement. Quel changement ? Pour qui ? Par qui ?

Céline Tabou / 20 février 2012

« Un événement historique » : C’est ainsi que pourrait se résumer la Conférence extraordinaire du 19 février au Bocage à Sainte Suzanne. Devant plus de 1.500 délégués, le Parti communiste réunionnais a exposé ses propositions pour le changement et appelé au renforcement des valeurs du parti.

C’est au son du maloya que la conférence a commencé hier au Bocage Lucet Langenier. Les délégués ont afflué, et lors du rapport final de la conférence, Yvan Dejean a noté que la Conférence a accueilli plus de personnes que prévu. Après l’installation des délégués, place au mot de bienvenue. Maurice Gironcel, maire de Sainte-Suzanne, a présidé la séance en commençant par remercier toutes celles et tous ceux de Sainte-Suzanne et de toute l’île qui l’ont soutenu lors de l’élection municipale. « Il s’agissait de faire vivre les principes qui ont été à la base de notre parti et qui ont conféré à celui-ci un certain prestige dans notre pays », a-t-il déclaré.
Cette Conférence extraordinaire s’est ouverte en présence des secrétaires de section, des membres du Comité central et du secrétariat général, mais surtout devant la foule de militant et militante venue écouter les propositions faites par leur parti pour le développement de La Réunion. Car comme l’a expliqué Maurice Gironcel, « la situation à La Réunion est trop grave pour que nous ne soyons pas tous mobilisés pour un véritable changement ! ».

La nécessité d’un « changement radical »

Firose Gador, membre du Comité central et élue du Port, a ouvert la séance de travail de cette conférence, « tout le monde attend un changement ». Évoquant la hausse démographique, les 25.000 familles qui attendent un logement, les 120.000 illettrés et le taux de chômage de la population active de 30%, dont 60% des jeunes privés de travail, la jeune femme a fustigé la politique de Nicolas Sarkozy et appelé à lutter contre la misère sociale et humaine qui touche un peu plus les Réunionnais.
Sur le thème de la priorité à l’emploi des Réunionnais, Sylvie Mouniata, membre du secrétariat a appelé à la relance des chantiers et la construction de 9.000 logements chaque année. Cette dernière a également proposé la « création de deux grands services d’utilité collective — le service à la personne et la protection de l’environnement — qui sont porteurs d’activités et d’emploi ». Sous la bannière, « un logement pour tous, des prix plus justes et des revenus équitables », Sylvie Mouniata a conclu en indiquant que « le chômage et l’emploi sont des exemples de la faillite de la politique UMP. La réalité est loin des effets d’annonce », mais « l’horizon est porteur d’espoir ».

Améliorons les atouts et la gouvernance réunionnaise

Cet horizon sera possible avec un développement économique valorisant les atouts de La Réunion. C’est sur cette problématique que Patricia Coutandy, réélue de Sainte-Suzanne et membre du Comité central a proposé de « redonner la priorité au développement des énergies renouvelables », notamment avec le problème du prix élevé des carburants que vivent les Réunionnais. De même, la sécurité alimentaire pourrait être un problème si l’approvisionnement était atteint, Patricia Coutandy propose d’« être autonome énergétiquement, produire ce que l’on consomme et avoir un transport non polluant, car c’est l’avenir d’un développement durable pour La Réunion ».
Pour conclure, Émilie Assati, membre du Comité central a appelé à « une meilleure gouvernance par un nouvel acte de décentralisation ». Dans l’idée de « prendre ses responsabilités », la jeune femme a proposé le non-cumul de mandat et le respect de la parité, la création de nouvelle commune et notamment la création de nouvelles ressources financières concentrés dans un Fonds réunionnais de développement.
Après la validation du projet par la Conférence extraordinaire du PCR, Élie Hoarau a souligné combien il est nécessaire d’avoir un parti rénové et fort pour réussir ce pari du changement. Paul Vergès a ensuite clôturé les travaux avant le rapport final réalisé par Yvan Dejean.

Céline Tabou



Zot la di

• Marie-Thérèse, Saint-André : « La refondation importante pour le développement de La Réunion »

« On est venu écouter la refondation parce qu’elle est importante pour le développement de La Réunion et surtout pour tous les militants, militantes et sympathisants du PCR. J’ai toujours été dans une famille de gauche, voir le parti proposé des choses pour La Réunion est important pour tous les Réunionnais ».

• Jean-Bernard, David et Lilian : « Plus d’unité et de rassemblement »

Dans une intervention commune, les trois Portois ont expliqué qu’il fallait « plus d’unité et de rassemblement, afin d’être encore plus solidaire. Il faut continuer le travail », a expliqué Jean-Bernard. De son côté, David a indiqué qu’il y avait « beaucoup de problèmes au sein du parti, mais le PCR reste le PCR ». Renchéri par Lilian, ce dernier a déclaré qu’aujourd’hui, « à la veille d’élection importante, à travers le PCR, on a des choses à dire au gouvernement, on est une force de proposition et j’espère que ce sera entendu. Ce projet est pour La Réunion, on espère seulement que le peuple sera entendu ».

• Joé Bédié, Saint-André :
« On s’engage pour changer de politique »
« Le parti a toujours défendu La Réunion, cette assemblée autour d’un projet pour les élections de cette année est importante, car on s’engage pour changer de politique nationale et locale. Il est temps aujourd’hui d’installer les progressistes et les gens qui peuvent sortir ceux qui sont dans le besoin. Il existe des soucis dans le parti, mais c’est une organisation vivante qui crée du dynamisme et des tensions existent, donc. Mais je suis convaincu que les personnes sont intelligentes et pourront se retrouver et partir encore plus fort ».


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