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La participation de La Réunion à un combat planétaire

Sur le blog de Paul Vergès

Témoignages.re / 19 juillet 2011

Dans le flot continu des informations quotidiennes, faire la part entre le fait divers et l’évènement, l’accessoire et l’essentiel est une des exigences premières pour lire le monde et anticiper les changements qui façonnent le monde nouveau qui se dessine sous nos yeux.

C’est cette lecture qui a triomphé lors du dépôt en 1999 au Sénat de la proposition de loi portant création de l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) et conférant à la lutte contre l’intensification de l’effet de serre, la qualité de priorité nationale. C’est d’une initiative réunionnaise qu’a été posé, par le vote à l’unanimité de cette loi, l’acte fondateur de toute la politique nationale en matière d’adaptation au changement climatique.

Espaces insulaires vulnérables

Cela nous confère, dans l’action conduite aujourd’hui par l’ONERC des responsabilités, comme la possibilité de porter haut les enjeux de la lutte contre le changement climatique pour les petits territoires insulaires, comme La Réunion, particulièrement vulnérables face aux impacts du réchauffement planétaire. C’est ainsi que nous sommes appelés, ce lundi à Paris, à prendre part à l’invitation de la ministre de l’Écologie à une conférence sur les "sciences climatiques", en l’honneur du passage à Paris de Rajendra Pachauri, Président du GIEC (Groupe d’experts international sur l’évolution du climat), prix Nobel de la paix. Et mardi, à procéder à l’ouverture à Brest des travaux du GIEC, qui cette année se déroulent en France.
À cette occasion, nous rappellerons que dans la crise de civilisation que met en évidence le changement climatique, l’urgence à opérer des remises en cause fondamentales dans nos conceptions du progrès et du développement si nous voulons stabiliser les émissions de gaz à effet de serre à un niveau supportable. Mais nous insisterons également sur la nécessité qu’il y a à s’adapter d’ores et déjà aux impacts du réchauffement notamment pour les régions dans la définition des politiques d’aménagement du territoire et dans la réalisation des infrastructures.
Cela vaut pour toutes les régions françaises et encore plus pour les îles de l’Outre-mer, confrontées à la menace majeure de l’élévation du niveau des océans.
Enfin, nous continuerons à militer pour que l’objectif d’autonomie énergétique pour La Réunion ne soit pas perdu de vue. Un objectif qui avait valu à notre île une reconnaissance au plus haut niveau et l’honneur d’accueillir en 2005, les travaux du GIEC à la Réunion.

Nous entrons dans une période inédite de l’histoire

Cela signifie qu’il est possible pour nos îles, aussi petites et modestes soient-elles, d’apporter une contribution à la recherche de solutions à un problème global et de prendre part à la marche du monde ; pour peu que nous nous efforcions d’opérer, dans nos analyses, un va-et-vient permanent entre notre île et le monde.
Ce monde qui entre dans une période inédite de l’histoire de l’humanité, pleine de menaces, avec la combinaison des conséquences du réchauffement planétaire et de la progression démographique qui fera passer la population mondiale à plus de 9 milliards d’habitants vers 2050. Mais porteur aussi d’espoir, car face à l’inéluctabilité du danger, l’humanité peut être capable d’un sursaut salvateur.
Si la lucidité peut inciter à un certain pessimisme, la volonté d’agir oblige à l’optimisme.


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