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La pauvreté au cœur du débat de ce second tour

Didier Robert, le candidat de la casse sociale, dénoncé

Céline Tabou / 19 mars 2010

La précarité que connaît de nombreux Réunionnais est devenue si importante qu’il faut dès aujourd’hui mettre en place une politique sociale, qui résoudra sur le fond les problèmes du chômage, du pouvoir d’achat, de la hausse des prix, et de la pauvreté.

À l’occasion d’une conférence de presse sur la pauvreté, les deux candidats de l’Alliance Brigitte Malet et Jean Fabrice Tandrayen, ont expliqué, en compagnie de Jean Hugues Ratenon, cofondateur de Agir pour nout tout, Éric Fontaine (CNL), Éric Parlier, membre de l’ARCP, et Jacky Bazon, membre de l’association Centre Ville Est, que le programme de Didier Robert allait suivre la politique de casse sociale de Nicolas Sarkozy.

Le fléau de la pauvreté à La Réunion

« La hausse des prix, la baisse du pouvoir d’achat, les problèmes de logement, le chômage de masse, la vie chère et surtout 52% de la population réunionnaise vivant sous le seuil de pauvreté, sont devenus trop graves pour qu’on laisse la situation s’aggravée » a expliqué Jean Huges Ratenon. Ce chiffre de l’INSEE date de 2006, et a dû évoluer depuis, a indiqué M.Ratenon. Cette aggravation est due à « la mauvaise volonté gouvernementale, qui reste dans sa ligne nationale, c’est à dire qui traite les problèmes Réunionnais de Paris, a conduit à la situation que l’on connait aujourd’hui » a-t-il déclaré.
Jean-Fabrice Tandrayen a annoncé que cette situation concerne aussi les personnes âgées, qui souffrent de la hausse des prix, et de la faiblesse de leur retraite. Il a expliqué que « leur maigre retraite ne leur permet plus de vivre correctement aujourd’hui. C’est pour cela, que nous proposons un chèque de solidarité Granmoun de 150 euros qui permettra aux 75.000 personnes âgées d’améliorer leurs conditions de vie ».
Le COSPAR est né de ce malaise social, et a appelé médiatiquement les élus à prendre en compte leurs revendications, mais « lorsque nous avons appelé médiatiquement les représentants et élus, pour qu’ils n’oublient pas les pauvres et les propositions faites par le COSPAR, seul Paul Vergès a répondu à nos attentes » a ajouté Jean-Hugues Ratenon. De son côté, Éric Parlier a rejeté les propositions de Didier Robert, celles-ci sont « du copyright, des propositions de Paul Vergès ».

Effectivement, Paul Vergès avait proposé la création d’emplois verts en 2008 dans le cadre du "Dispositif emplois verts, nouvelles technologies, culture". L’Alliance propose de mettre en place une économie sociale à l’aide des associations, qui pourront résoudre les problèmes de chômage dans les secteurs de l’aide à domicile, et le développement durable.

Didier Robert, l’homme de Nicolas Sarkozy

Lors du débat télévisé diffusé mercredi 17 mars sur "Antenne Réunion", Didier Robert n’a pas répondu aux problèmes des retraites, car ce serait remettre en cause son propre parti au pouvoir, "Didier Robert et Nicolas Sarkozy ont le même costume, le même langage, et de belles paroles, qui n’ont pas de lendemain, mais ils ont surtout aucune réalité de ce qui se passe en France, et à La Réunion en particulier", a expliqué Jean-Fabrice Tandrayen. Les personnes âgées soutenues par les associations ont interpellé les élus pour que le versement des retraites et aides soit effectué en début de mois, et non le 15 du mois. Mais le gouvernement n’a pas répondu aux demandes, et mis le dossier de côté.
La colère des associatifs est monté d’un cran, lorsque Didier Robert a exprimé ses inquiétudes vis à vis des pauvres et de la précarité à La Réunion, Éric Fontaine, membre du COSPAR, a indiqué « qu’un député/maire, puisse s’approprier le combat du COSPAR, alors qu’il n’a, a aucun moment, porté la voix du COSPAR au gouvernement, est une honte ». Lors des manifestations du COSPAR, Didier Robert, alors représentant réunionnais au gouvernement, « n’a pas défendu les démunis, mais voté des lois contre eux ».
Éric Fontaine a ajouté que « Didier Robert préfère payer une amende à l’État plutôt que construire des logements sociaux dans sa commune, le Tampon ». De plus, parmi ces lois qu’il a voté, Éric Fontaine insiste sur la loi Mole, qui diminue le seuil des ressources pour l’accès au logement. Les allocations sont versées selon un seuil qui a été diminué, donc une famille qui a un faible revenu, si elle touche un euro de plus que le seuil prévu, n’aura pas le droit à l’aide au logement.

Il a aussi signé la Convention d’Utilité sociale, qui autorise les bailleurs à modifier les contrats de location selon les services rendus. Il s’agit de discrimination à la location, « dire qu’il est pour les démunis est une manipulation à grande échelle, car il n’a rien fait pour les Réunionnais, et pour porter les revendications du COSPAR au gouvernement » ajoute-t-il.

Didier Robert, a à de nombreuses fois expliqué que sa politique pour la Région serait de stopper les grands chantiers, créateurs d’emplois, et de mettre en place des structures qui risquent de coûter très cher sur le long terme, notamment les 2.000 bus proposés. Il souhaite également suivre la politique de Nicolas Sarkozy, qui en France est sanctionné pour ses réformes qui n’ont pas contribué à résoudre les problèmes de chômage, crise économique, pauvreté, et développement durable. « Si il était un vrai défenseur, et porte parole des plus démunis, il n’aurait pas voté ces lois », conclut Éric Fontaine.

Céline Tabou


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