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La prévision de l’OCDE plombe la sincérité du budget 2012

1,75% de croissance selon le gouvernement, 0,3% annonce l’OCDE

Manuel Marchal / 30 novembre 2011

Dans son projet de budget pour 2012, le gouvernement prévoyait une croissance de 1,75%. Le 27 octobre, le président de la République a réajusté à 1% ! Mais selon les chiffres de l’OCDE, cette prévision est largement surestimée. L’Organisation de coopération et de développement économique prévoit 0,3% de croissance pour la France l’an prochain. Quelles seront donc les recettes tirées de la croissance ?

Pour construire un budget, le gouvernement doit se baser sur une hypothèse de croissance économique. De cette croissance dépendra en effet une large part des recettes fiscales. Plus cette donnée est faible, moins l’État pourra compter sur des rentrées suffisantes pour équilibrer son budget.
Pour le budget 2012, les hypothèses du gouvernement ont varié. Dans son rapport, la Commission des finances du Sénat rappelle que jusqu’au mois d’août, le gouvernement misait sur au moins 1,7%. C’est d’ailleurs une prévision de croissance de 1,75% pour 2012 qui est associée au projet de loi de finances.
Le 27 octobre, Nicolas Sarkozy a dû admettre qu’une telle hypothèse ne tenait pas la route. Il a donc réajusté la prévision de croissance à 1%, soit une quasi-division par deux.
Mais selon l’Organisation de coopération et de développement économique, le président de la République est encore bien au-dessus de la réalité. Car pour 2012, l’OCDE ne table que sur 0,3% de croissance, avec la poursuite de la hausse du chômage.
C’est donc un taux de croissance près de six fois inférieur à celui qui sert de base au projet de loi débattu par la représentation nationale.
Le gouvernement est donc rattrapé par la réalité. Se pose alors une question : avec un tel écart, il y a lieu de s’interroger sur la sincérité du budget 2012. Où le gouvernement comptera-t-il trouver les recettes pour équilibrer les dépenses puisque la croissance ne sera pas au rendez-vous ?

M.M.

L’annonce de l’OCDE

En raison du ralentissement brutal engendré par l’absence de résolution des problèmes de dette souveraine en Europe, la France est peut-être entrée dans une récession courte et de faible ampleur. Le PIB réel ne devrait progresser que de 0.3% en 2012 avant d’accélérer pour croître d’environ 1.5% en 2013. Les perspectives se sont détériorées sur le front de l’emploi et le taux de chômage devrait augmenter pour atteindre 10.4% fin 2012 avant de se stabiliser en 2013. Compte tenu de l’ampleur des ressources inutilisées dans l’économie, l’inflation devrait revenir aux alentours de 1% en 2013.


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