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La réconciliation est un combat pour la Fraternité

Témoignages.re / 13 février 2012

« La réconciliation n’est pas une posture morale ou une proclamation, mais bien une volonté politique, assumée dans des conditions historiques données, où parfois les blessures sont encore béantes. Mais, là encore, l’engagement est nécessaire et la réalité dicte ses lois. Le dirigeant politique est face à son destin et il doit se déterminer au nom d’intérêts supérieurs ».
Cet extrait de “Réconciliation et Fraternité” p.67 est suivi de quelques exemples tirés du monde contemporain qui montrent le haut niveau de conscience des acteurs de la réconciliation.

Tout d’abord, la réconciliation vue sous l’angle du combat pour la Fraternité relève des compromis historiques fondés sur des convictions idéologiques qui ont épuisé, dans l’espace et le temps, les possibilités de leur capacité de progrès. Elle appelle à une évaluation sincère des réalités au regard de l’intérêt supérieur du peuple. C’est ce que nous appelons « le dépassement de soi et l’union sur l’essentiel ».

Cette démarche repose sur le respect des convictions idéologiques qui n’ont rien à voir avec des compromissions où les considérations personnelles priment sur la Fraternité.

Dans le cas de Sainte-Suzanne, le peuple choisit son maire en 2008. Ce mandat est frappé d’inéligibilité par un tribunal correctionnel. L’un des magistrats précise que l’intéressé est « intègre et ne s’est pas enrichi personnellement », une remarque qui absout l’homme en tant que tel. C’est encore moins une sanction d’un tribunal administratif qui est le juge des élections. C’est donc une décision, extrême, d’un tribunal correctionnel qui statue sur des actes sensés délictueux. Or, la reconnaissance de la probité et de l’intégrité de l’intéressé est suffisante pour souligner que nous avons à faire à une injustice flagrante.

Comme les décisions du tribunal sont rendues au nom du peuple, il n’y a pas d’autre façon que de faire appel au peuple pour trancher l’interprétation liée à la légitimité. Après avoir épuisé le délai d’inéligibilité, et au moment de mettre la balle au centre, toutes sortes de considérations sont avancées par certain(e)s pour contrecarrer l’initiative. Heureusement que le peuple a l’occasion de s’exprimer et il tranche en faveur du retour du maire qu’ils ont élu en 2008. La boucle est bouclée.

Ce moment démocratique n’a été possible que grâce à la décision courageuse du PCR conjointement à la discipline des élus (pas tous communistes) qui ont accepté de démissionner de leur mandat, en solidarité avec leur frère de combat. La décision du PCR repose sur la conviction idéologique que c’est le peuple qui désigne son maire, et personne d’autre.

Sur quelle conviction idéologique repose le comportement de ceux qui se sont accrochés à leurs postes et qui ont préféré s’opposer à l’appel au peuple pour trancher cette injustice ? De compromission en compromission, de coups de téléphone aux étalages médiatiques, l’affrontement contre le PCR s’est déplacé sur le terrain de la contestation du choix du peuple qui les a sanctionnés. Cette escalade ne donne à la réconciliation aucune réalité fraternelle.

Ary Yee Chong Tchi Kan


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