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La Région Réunion prochaine victime de la gestion de Didier Robert ?

Après la mise sous tutelle du Tampon

Témoignages.re / 12 mai 2012

À la tête de la municipalité du Tampon, durant quatre ans, Didier Robert aura laissé ses traces. Sa mauvaise gestion budgétaire entraîne, à peine deux ans plus tard, un gouffre financier sans précédent, obligeant la ville à être mise sous tutelle. À cela s’ajoutent les manœuvres politiciennes de son clan politique qui n’hésite pas à menacer la survie de toutes les associations touchant des subventions.

En février, la Chambre Régionale des Comptes de La Réunion a épinglé la gestion de la municipalité du Tampon entre 2005 et 2010, soit pendant quasiment toute la période durant laquelle Didier Robert était maire. L’institution pointe du doigt qu’entre 2005 et 2010 « les charges de gestion ont augmenté en moyenne annuelle de 5,23% », passant de 49,6 millions d’euros à 64 millions d’euros. La Chambre note également que 59% des charges de gestion représentaient les charges en personnel, soit 37,7 millions d’euros. Cette situation pourrait laisser croire que la politique communale de Didier Robert s’apparente à du clientélisme.

En effet, comme l’a annoncé Réunion Première, des fonctionnaires en poste au Tampon ont vu « leur rémunération triplée en 5 ans, les non titulaires n’étant pas oubliés ». En pleine crise économique, l’État avait annoncé le gel des dotations aux collectivités et la suppression de poste, Didier Robert, maire du Tampon, avait signé de nouveaux contrats de travail, en plus des titularisations, sans évoquer d’hausse budgétaire au cours de son mandat. C’est dans un tel contexte que la Cour des Comptes signale une gestion « opaque du personnel non titulaire soulignée par des recrutements et des conditions de rémunération qui ne seraient pas transparentes ».

Peser les erreurs sur son successeur

En réponse au rapport Didier Robert déclare aux médias qu’à « aucun moment il n’y a eu de difficultés (...) de surchauffe, à aucun moment le budget n’a été présenté en situation difficile ». L’ancien maire a tenu à reporter le bilan de sa gestion sur le nouveau maire, Paulet Payet, un conseiller régional de la majorité. En effet, ce dernier a succédé à Didier Robert frappé par l’interdiction de cumuler cette fonction avec celle de président de la Région Réunion en mars 2010. Il a évoqué la nécessité d’augmenter les impôts locaux pour réduire les dépenses outrageuses de la précédente équipe municipale.

Vouant faire pression sur l’actuel maire, Didier Robert convoque des élus en janvier 2012, afin d’imposer de nouvelles élections. Peine perdue, le Conseiller régional refuse et parvient à conserver son conseil municipal. Cependant, les hausses d’impôts sont évitées et le budget est voté en déséquilibre, obligeant la commune à préparer un nouveau budget, faute de quoi, la commune sera mise sous tutelle. Quelques semaines plus tard, Le Tampon est régi par des règles strictes et sa mise sous tutelle, bien que la notion ne figure plus dans le code des collectivités territoriales, est actée. Les règles imposées empêchent toutes nouvelles dépenses, les projets à l’étude sont stoppés et de nombreuses associations sont mises sur la sellette, faute de subvention.

Association en détresse

La gestion passée de la commune a aujourd’hui des répercussions sur le budget. En effet, plus d’une dizaine d’associations tamponnaises rencontrent des difficultés, car ne percevant presque plus ou plus de subventions de la mairie. Pour réduire le déficit, le budget alloué aux associations est passé de 3,6 millions à 1,7 million d’euros. Cette chute est due aux restrictions imposées par la Préfecture, qui suite au rapport de la Cour Régional des Comptes et au vote en déséquilibre du budget, a imposé au maire de stopper tout nouvel investissement, réduire les dépenses de fonctionnement et tenter de redresser les finances publiques, plombées par la précédente mandature.

Aujourd’hui, les associations désespèrent, « ça ne tourne plus au Tampon. Tout le monde se renvoie la balle et c’est nous qui payons les pots cassés », s’est insurgée Nadège Hoarau, présidente de la fanfare et des majorettes du Cady, dans les colonnes du "Quotidien".


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