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La résistance au changement se révèle

Paul Vergès soulève les contradictions entre les principes de François Hollande et leur non-application à La Réunion

Témoignages.re / 17 novembre 2012

À La Réunion, plus de 71% des suffrages se sont portés sur François Hollande. Avec 1% du corps électoral, notre île a apporté 15% de la majorité du président de la République. Ce vote exprimait une volonté de changement, et les propositions soutenues par François Hollande répondent à cette revendication. Mais dans notre île, la résistance au changement continue à tout bloquer et met les déclarations du chef de l’État en contradiction avec les politiques appliquées dans notre pays.



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Lors du second tour de l’élection présidentielle, François Hollande obtient plus de 71% des suffrages à La Réunion, avec une pointe à plus de 81% au Port. La Réunion se situe donc à la pointe du changement.

C’est le résultat d’un travail de longue haleine. Il avait commencé lors des Primaires citoyennes. Le Parti communiste réunionnais décida de s’impliquer dans ce scrutin, qui devait désigner l’adversaire principal de Sarkozy à la présidentielle. François Hollande avait sollicité le PCR, en annonçant qu’il désirait rompre avec la gestion de l’Outre-mer par Paris. Il annonçait la fin des décisions unilatérales, la construction d’un projet commun aux Réunionnais et au futur président de la République, et il proposait une rencontre à Paul Vergès pour en discuter.

Sur la base de ces engagements, le PCR décida de soutenir François Hollande aux Primaires citoyennes, un choix différent des dirigeants de la Fédération socialiste qui étaient majoritairement partisans de Martine Aubry, alors Première secrétaire du PS.

La reconnaissance du rôle du PCR

Aussi bien au premier qu’au second tour, le candidat soutenu par le PCR est arrivé en tête à La Réunion. Victorieux de la Primaire à l’échelle de la République, François Hollande devient le candidat soutenu par le PSF à la présidentielle.

Le 19 février 2012, le Parti communiste réunionnais organise son assemblée extraordinaire. 1.500 délégués valident les propositions que le PCR adresse aux candidats de l’opposition. Au terme des échanges avec les candidats, et après une rencontre entre Élie Hoarau et François Hollande, c’est ce dernier qui est le candidat soutenu par le Parti communiste réunionnais.

Le 1er avril à Saint-Louis, le candidat affirme son accord aux propositions de rupture du PCR, en particulier l’autonomie énergétique, le tram-train et l’emploi pour les Réunionnais. Il rend aussi hommage au rôle joué par le PCR dans le succès qui s’annonce, et salue la clairvoyance de la direction du Parti, qui a su donner un contenu réunionnais à l’élection présidentielle.

Au premier tour, François Hollande obtient la majorité à La Réunion, et plus de 71% au second.

Après le succès, le moment vient d’appliquer les engagements. Six mois se sont écoulés depuis la présidentielle. Force est de constater qu’à La Réunion, la situation a continué à s’aggraver. La politique appliquée ne remet pas en cause les fondements de la crise et des inégalités. La conférence de presse du président de la République était donc très attendue, car elle devait donner le cadre de l’action du chef de l’État.

Les députés fragilisent le gouvernement

Lors de la conférence de presse, François Hollande a confirmé les principes pour lesquels les Réunionnais ont voté à plus de 71%. Or ces principes sont battus en brèche à La Réunion.

Lors d’une conférence de presse entre la présidentielle et les législatives, le Parti communiste réunionnais avait averti que l’application du programme présidentiel n’irait pas de soi dans notre île. Il serait contrarié, notamment par celles et ceux qui se réclament du camp du nouveau président.

La conférence économique et sociale a été la confirmation éclatante de cette analyse. Le jour de l’ouverture des débats, aucun député n’était présent. Tous disent qu’ils sont de la majorité présidentielle, tous ont appelé à voter François Hollande au second tour, mais aucun n’est venu contribuer au succès d’une initiative très importante pour le nouveau gouvernement. Officiellement, cette conférence devait ouvrir la concertation pour élaborer la politique menée au cours des cinq années à venir.

Les conséquences de l’absence des députés ne manqueront pas d’être analysées. Ce manque a fragilisé la conférence voulue par le président de la République. Était-ce l’affichage public d’un désaccord sur le fond avec la ligne du changement ?

M.M.

Interprétations…

Drôles d’interprétation hier chez nos confrères suite à la conférence de presse de Paul Vergès. Les deux titres disent que le sénateur de l’Alliance n’est pas d’accord avec François Hollande. C’est inexact. Paul Vergès a soulevé les contradictions entre les principes du président de la République, et leur application à La Réunion. Cela pose la responsabilité de ceux qui doivent mettre en œuvre la politique présidentielle à La Réunion.

L’éditorialiste du "JIR" va même plus loin. Il affirme que Paul Vergès est un opposant à François Hollande, puisqu’il vote dans le même sens que l’UMP au Sénat sur le projet de budget de la Sécurité sociale.

Il est pourtant évident que le groupe CRC et le groupe UMP, ce n’est pas pareil. Si l’UMP vote contre, c’est parce qu’il estime que le projet ne protège pas suffisamment les riches, si le groupe CRC vote contre, c’est parce qu’il veut que le projet soit davantage progressiste.

Si les deux groupes ont voté contre ce texte, leurs motivations sont opposées. Aucun amalgame n’est possible.


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