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La responsabilité de l’UMP et du PS

Législatives partielles dans le Doubs

Témoignages.re / 6 février 2015

Dimanche dernier, l’extrême droite est arrivée en tête du premier tour d’une élection législative partielle en France.

Comme tous les républicains, je souhaite la défaite du FN dans le Doubs. Mais, contrairement à certains, je n’y vois aucun sujet de satisfaction : qu’il s’agisse de l’UMP ou du PS, aucun de ces partis ne rallie les suffrages des électeurs s’ils ne sont pas confrontés à un candidat FN.

Dimanche, dans le Doubs, l’élection souhaitable du PS ne sera pas le résultat d’un vote d’adhésion, mais celui d’un vote de détestation, comme cela se passe depuis plus de 30 ans.

Mai 1988, réélection de F. Mitterrand contre le Premier ministre de l’époque : Jacques Chirac.

Mai 1995, élection de Jacques Chirac contre le Premier ministre Balladur.

Mai 2002, réélection de Chirac contre le Premier ministre PS, Lionel Jospin, victime du plus terrible vote de détestation de toute l’histoire de la 5e République puisqu’il n’est même pas présent au 2e tour.

Mai 2007, élection de N. Sarkozy contre la candidate du PS. La “tiédeur” du programme PS et la droitisation de son discours étaient telles que certains des membres de la direction de campagne de Mme Royal choisirent, au cours même de la campagne, de franchir le maigre ruisselet séparant le programme de leur candidate de celui de son adversaire et, sans frémir, devinrent ministres de celui qu’ils combattaient 3 semaines plus tôt.

Mai 2012, le candidat PS est élu, bénéficiant du rejet massif de la politique et de la personnalité du président sortant.

Ceci pour ne prendre que l’élection présidentielle.
Car toutes les autres élections se déroulent désormais sur le même schéma : le rejet massif et la sanction de la politique menée par les gouvernants et leur absence de programme réellement mobilisateurs. Donc, élection après élection, on rejette le pouvoir en place et le gagnant comme le perdant font la morale aux électeurs qui expriment leur ras le bol en allant vers un parti ostensiblement raciste.

Ce n’est pas le FN seul qui malmène l’idéal républicain, il est aidé en cela par le PS et l’UMP. Ces deux partis, depuis plus de 30 ans, ont tourné le dos aux idéaux dont ils se réclament pourtant les héritiers. Ils s’en réclament sans cesse pour justifier leur politique. L’UMP se réfère au gaullisme. Le PS s’abrite derrière la statue de Jaurès alors que, tout récemment encore, le PS et le président de la République, sans vergogne aucune, ont livré à l’opinion une version – scandaleusement arrangée à la sauce “socialiste” 2014 – des idéaux de Jaurès.

On le voit, le “succès” électoral tantôt de l’UMP, tantôt du PS, ne sont plus que le résultat, non pas d’un choix en faveur d’une candidature, mais d’un rejet du battu. À toujours se satisfaire de cette situation, les dirigeants de ces deux partis nous conduisent tout droit à une catastrophe laquelle, d’élection en élection, se précise.

De quoi le FN est-il le nom ? Élection après élection, la réponse est donnée : l’abandon des repères républicains fondateurs, l’abandon de la plupart des conquêtes sociales, la soumission sans la moindre résistance – sinon en paroles – à la dictature des financiers.

Aimé Habib


Kanalreunion.com