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La responsabilité du gouvernement engagée

Projet de route en mer de Didier Robert

Témoignages.re / 26 août 2013

En conférence de presse vendredi, Maya Césari et Catherine Gaud ont évoqué des points des mémoires fournis au tribunal, suite au recours contre la Déclaration d’utilité publique, sur lequel le tribunal doit statuer dans les prochaines semaines. « Les Réunionnais vont payer les conséquences de cette route chaque jour pendant des années », d’où « la responsabilité de l’État », a indiqué Maya Césari.

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Vendredi en conférence de presse, Maya Césari et Catherine Gaud ont rappelé que l’Alliance n’a toujours pas eu de réponse du gouvernement sur sa demande d’une expertise financière et économique du projet de route en mer.

Le groupe de l’Alliance à la Région a interpellé à de nombreuses reprises l’opinion et la majorité des conséquences de la construction de la Nouvelle Route du Littoral (NRL) à six voies sur mer, parmi lesquelles : le budget alloué, les rotations des camions sur la route, la hausse du niveau de la mer et le TCSP.

« Ce projet est une folie »

Les conditions mêmes du chantier risqueraient d’impacter le quotidien des automobilistes. En termes de trafic, les rotations des camions prévues sont de neuf par heure et 200 rotations par jour, pendant une dizaine d’années. La densité de ces rotations entrainera des embouteillages sur la route actuelle et les entrées et sorties de ville, ont expliqué les élues.

De plus, lors des périodes de houle, cyclone et fortes pluies, les travaux posent la question de la faisabilité de cette NRL.

D’ailleurs, « la route actuelle sera détruite en cas de réalisation du projet », les alternatives possibles en cas de problèmes sur la NRL seront alors limitées, ont-elles indiqué.

De nombreuses questions ont été soulevées, mais « aucune n’a été résolue, pire, de nouveau obstacles arrivent », s’est indigné Catherine Gaud. Cette dernière a évoqué « le scénario pessimiste du climat », qui prévoit une hausse du niveau de la mer et pourrait remettre en cause les travaux.

De plus, il y a le problème de carrière sur lequel la Région « disait à l’époque qu’il y avait tout ce dont on avait besoin, mais aujourd’hui, on voit que le schéma départemental des carrières ne permet pas de fournir suffisamment de matériel », a indiqué l’élue. « Il a beaucoup de travail », a-t-elle ajouté, car le CNPN a « prohibé l’importation de matière sur l’île ». « Ce dossier est une folie », car les voies réservées au TCSP (Transport Collectif en Site Propre) ont été remises en cause , « il n’y a plus de voies réservées, mais des voies vélo, alors que la DUP préconise des voies dans les deux sens pour le TCSP », a expliqué Catherine Gaud.

Autre point, « le problème de l’entrée de Saint-Denis » sur lequel « le rapporteur public a pris les conclusions du dossier de la Région », indiquant que cet aspect « n’est pas pris en compte dans le dossier et dans la construction ». « Cela signifie qu’on n’entrera pas dans le débat sur le problème de l’entrée de Saint-Denis », a indiqué l’élue. « Il s’agit d’un problème majeur. A notre avis, il doit être considéré dans le projet de NRL. Il est aberrant que le rapporteur public n’ait pas pris en compte ce point » , s’est insurgée Catherine Gaud.

Un dossier financier étriqué

Le point central de ce dossier est la « soutenabilité financière » du projet NRL. Le budget alloué par le Protocole Matignon II prévoit 1,6 milliard d’euros uniquement pour la réalisation de la nouvelle route. « Ce budget ne prend pas en compte la hausse des prix des matériaux qui, contrairement au reste, n’augmentent pas », a ironisé l’élue.

La conseillère a mis en avant les aléas des chantiers, « qui ne sont pas pris en compte », bien que ceux-ci sont de +10% selon l’ampleur des chantiers. « Les aléas seront d’autant plus importants, car il s’agit d’une route sur la mer » , a-t-elle indiqué.

Maya Césari et Catherine Gaud ont expliqué que le budget de fonctionnement du Conseil régional ne pouvait pas augmenter de 1,8% par an pour financer la route, bien qu’en 2011-2012 et 2012-2013, la hausse a respectivement été de 13% et de 12% pour la seconde période. « Pour mener à bien cette route, l’ensemble des investissements doit descendre à 172 millions d’euros, contre 143 millions à ce jour. Le projet va peser sur tous les investissements du Conseil régional qui devra diminuer tous les autres investissements engagés ».

« Les Réunionnais vont payer les conséquences de cette route chaque jour pendant des années », d’où « la responsabilité de l’État », a indiqué Maya Césari. Cette dernière a pointé du doigt la demande d’expertise financière sur ce dossier faite aux responsables de l’État, « on est toujours dans l’attente d’une réponse ».

L’État complice de l’irresponsabilité de la Région ?

Les élues de l’Alliance ont pointé du doigt l’absence de réponse aux points évoqués lors de l’examen du recours, des différentes assemblées plénières et des demandes faites auprès des autorités. Il y a « une incompréhension, car face à l’ampleur de ce projet et du fait des déviations faites par la Région dans le budget, pourquoi le gouvernement n’a-t-il pas décidé à titre préventif de mener l’expertise que nous avons demandé », a expliqué Maya Césari.

Cette dernière a indiqué que « si cette expertise n’est pas faite, il y aura de lourdes responsabilités avancées dans le rail de la collectivité et des conséquences désastreuses ». « Pourquoi auraient-ils peur de faire cette expertise ? Si le dossier est précis et sincère, il n’y aura pas de problème financier, l’expertise conforte le projet de nouvelle route du littoral », mais « si cette expertise n’est pas faite, l’État se rendra complice de l’attitude irresponsable du Conseil régional et de l’impact dans la vie des Réunionnais ».

Céline Tabou


Kanalreunion.com