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La responsabilité écrasante des socialistes dans la victoire annoncée de la droite

À La Réunion, bientôt tous les pouvoirs pour les opposants au gouvernement PS. Conférence de presse de Paul Vergès

Céline Tabou / 27 mars 2015

Au cours d’une conférence de presse, Paul Vergès, sénateur et conseiller régional a expliqué comment la Fédération socialiste de La Réunion a amené la Droite au pouvoir, au sein du Conseil Régional et par conséquence bientôt au Conseil Départemental.

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Paul Vergès souligne que le taux record d’abstention au premier tour montre la plus grave crise politique que l’on connaisse.

Ce vendredi en conférence de presse, Paul Vergès a décrit une situation réunionnaise inédite alors qu’en France le Parti Socialiste tente de lutter contre l’extrême droite en appelant au vote républicain et tente de contrecarrer la Droite à tous les niveaux : communal, départemental, régional et présidentiel.
Après avoir évoqué le contexte économique, social et géopolitique de La Réunion, découlant de la crise structurelle, qui prend son origine avec la mise en vigueur de la loi du 19 mars 1946 [1], Paul Vergès a évoqué « les décisions décisives » à venir pour l’avenir de La Réunion qui entrent dans « le cadre de cette élection départementale ».

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L’ampleur de l’abstention relativise largement le score des partis, notamment de la coalition qui s’autoproclame grande triomphatrice du scrutin.

Une très faible représentativité

Le sénateur a évoqué la faible représentativité de la plateforme de l’union UMP-UDI-Objectif Réunion. Ses représentants « ont dit qu’ils allaient tracer l’avenir de La Réunion, mais tous les candidats de l’union qui se sont présentés ne représentent que 16 % des inscrits ». En effet, les représentants de la plateforme de l’union UMP-UDI-Objectif Réunion ont revendiqué 40 % des suffrages, cependant seuls 43,81 % des inscrits ont voté, ce qui représente en réalité 15,39 % des inscrits en leur faveur.

Pour Paul Vergès, il s’agit d’une « crise politique la plus grave que l’on connaisse », car les élus ont une faible représentativité, sans compter les nuls et les votes blancs. « On est face à une minorité de votes, car la majorité des Réunionnais n’ont pas été voter », soit 56,16 % des inscrits, a déploré ce dernier. Pour lui, le second tour n’est pas encore passé qu’« on parle des régionales et des législatives », alors qu’« on est face à une assemblée provisoire, qui n’a fait qu’aggraver les dérives actuelles ».

D’ailleurs, « on disait que le Conseil général était le syndicat des maires parce qu’il n’y avait que des maires et des conseillers municipaux » siégeant dans l’institution. Désormais, « le Conseil départemental est la représentation des maires des grandes communes, car où sont passés les représentants des communes de Salazie, Trois Bassins, Entre Deux ? »

Cette situation créée un déséquilibre car « ceux qui détiennent le pouvoir sont les maires des communes de Saint-Pierre, Saint-Paul, Saint-André, Saint-Louis, c’est un déséquilibre incroyable dans la représentation de la proximité » avec la population, a déploré Paul Vergès.

La Droite face à ses responsabilités

Les représentants de l’union UMP-UDI-Objectif Réunion « disent qu’ils vont marquer le Conseil Départemental, le Conseil Régional et les prochaines législatives », pour cela, « ils vont donc entrer en campagne ». Sachant que « le président de la République va changer, ils veulent tracer l’avenir de La Réunion pour les 7 à 8 années à venir », a expliqué Paul Vergès.

« Si l’on tient compte de cette perspective, le 29 mars, la moitié des cantons socialistes n’auront pas changé » et les présidences seront réduites de moitié en France, a indiqué ce dernier. À La Réunion, « le changement est fondamental, si on pense que tout va se concrétiser », les Réunionnais devront faire face à deux éléments.

D’un côté, « une crise à Paris, car François Hollande a guère de chance d’être réélu », et d’aujourd’hui à mai 2017, « on est avec un pouvoir de Droite », car le Sénat, une majeure partie des communes et des Conseils départementaux sont à droite. De l’autre côté, « on va faire face à un pouvoir local à droite » également. En plein « triomphe aujourd’hui, on se demande ce qu’ils vont pouvoir dire sur la filière canne, sur les conséquences de la NRL et sur la conférence Climat de Paris », a indiqué Paul Vergès.

Deux éléments contextuels qui vont s’imposer aux représentants de la Droite, pour le sénateur. D’autant plus que « tout va se jouer sur les plans économique, social et en matière d’aménagement d’ici 2015-2016 ». Raisons pour lesquelles, « certains vont se réveiller sur leur triomphe et leur 16 % d’inscrits » ayant voté pour eux. Mais pour Paul Vergès, il faut « tracer les responsabilités, si tout se passe à La Réunion différemment des Antilles, c’est parce qu’il n’y a pas eu de rupture de la majorité ».

Les socialistes, initiateurs de la victoire de la Droite

À La Réunion, « la rupture a eu lieu quand le PS a refusé de faire liste commune avec nous », lors des élections régionales de 2010. « Je me demande si ce refus était irresponsable ou analphabète pour régler un compte au PCR, où si c’était réfléchi », s’est interrogé le conseiller régional de l’Alliance. « C’était le changement qui a apporté le plus de modifications institutionnelles à La Réunion, tout ce qui se passe aujourd’hui découle de la décision du PS de ne pas faire l’union ».

« Dans le changement politique qu’il y a eu, la responsabilité du PS est catastrophique, car ils croyaient que cela concernerait seulement le PCR, mais cela a donné tout pouvoir à la droite », a expliqué Paul Vergès. D’autant que l’allié de 2010 se retourne désormais contre la fédération socialiste car « Didier Robert a regroupé tous les élus contre le gouvernement » et l’ancien allié a « détruit le PS », « c’est là les conséquences considérables d’une décision politique de dernier moment ».

En effet, ce dernier a rappelé l’accord de principe établi avec le PS, mais qui a été annulé au dernier moment « parce qu’ils avaient changé d’avis ». Mais « ce qui est fondamental, c’est que c’est entre 2015-2016 que tout va changer, les politiques devront faire face à des conséquences économiques et sociales graves à la Réunion ».


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