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La responsabilité pour « un projet global au service des Réunionnais »

Conférence de presse du PCR

Manuel Marchal / 10 novembre 2017

Ary Yée Chong Tchi Kan et Yvan Dejean représentaient hier le PCR à l’occasion d’une conférence de presse où le parti a rappelé son projet d’une nouvelle gouvernance : collectivité territoriale unique dotée de larges compétences et d’un fonds de développement.

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Ary Yée Chong Tchi Kan et Yvan Dejean

Tout d’abord, Ary Yée Chong Tchi Kan met en avant des éléments qui viennent renforcer l’analyse du PCR. La COP23 est liée à une problématique visant à faire de la question du climat un élément important entre dans ce champ. Le secrétaire du PCR rappelle la proposition de loi de Paul Vergès déposée en 2000 et adoptée en 2001 à l’unanimité de l’Assemblée nationale et du Sénat, qui déboucha sur la création de l’Observatoire national sur les effets du changement climatique (ONERC), dirigé par Paul Vergès pendant 15 ans.

Ary Yée Chong Tchi Kan souligne la tenue du sommet de l’APEC, un espace de coopération reliant les deux rives du Pacifique. Il se tient au Vietnam, dans un pays touché par de graves inondations. « Les dirigeants de l’APEC constateront qu’il est nécessaire de traiter le problème du climat pour que l’économie continue », précise le dirigeant communiste.

Pour le PCR, la politique d’intégration arrive à son terme : « toute décision dans ce cadre ne règle pas le problème fondamental ». Le Parti plaide pour un projet global et cohérent, avec comme mot d’ordre la responsabilité. Il faut pour cela que les Réunionnais s’entendent sur ce projet.

Or, le gouvernement est toujours dans le cadre de l’intégration. Et les forces vives du pays ne profitent pas des Assises pour parler d’une même voix à Paris. Pour sa part, le PCR a fait des propositions et a appelé à débattre globalement. Il participera aux Assises.

Une nouvelle gouvernance

Yvan Dejean ajoute que « tous les clignotants sont au rouge ». « La suppression de l’alinéa 5 de l’article 73 », qui empêche l’adaptation des lois par les Réunionnais, n’est pas une fin en soi. C’est le problème de l’intégration qui est posé. Sur ce point, Yvan Dejean note que dans son discours à Cayenne sur les Assises des Outre-mer, le chef de l’État a cité une quinzaine de fois la responsabilité. « Il a dit ce que nous disons depuis longtemps, il semble avoir pris la voie de dénoncer le système néocolonial » en place à La Réunion. Emmanuel Macron demande aux élus de faire des propositions, « nous sommes tous au pied du mur », alerte le dirigeant communiste. Le PCR a déjà présenté ses propositions et les a remises au gouvernement à l’occasion de la visite à La Réunion d’Annick Girardin, ministre des Outre-mer, au début du mois.

La contribution du PCR s’appuie sur une nouvelle gouvernance. Il ne s’agit pas seulement de supprimer l’alinéa 5 de l’article 73 de la Constitution. C’est la création d’une assemblée territoriale unique, avec de très larges compétences. « Ce n’est pas seulement adapter des lois, c’est la demande d’autonomie fiscale, pour une fiscalité mise en place à La Réunion en fonction de la réalité réunionnaise », ajoute Yvan Dejean. Le PCR propose aussi de doubler cette assemblée d’un fonds de développement, « afin que ces outils permettent de mettre en œuvre un projet global au service des Réunionnais ».

La proposition d’Emmanuel Macron d’élaborer « un véhicule législatif unique » peut être d’ordre constitutionnel. Ce « véhicule législatif unique » est à construire, « le PCR est prêt à apporter sa contribution », souligne Yvan Dejean.

« Passer à autre chose »

Enfin, concernant la conférence des régions ultrapériphériques, les propos du président de la Commission européenne demandent à être vérifiés. Ary Yée Chong Tchi Kan constate que les discussions entre l’Union européenne et les pays voisins sur l’Accord de partenariat économique « ont lieu sans nous ». Rappelons que cet APE doit fixer le cadre des relations commerciales entre La Réunion et son environnement régional. Le PCR souligne qu’en 2014 lors du sommet de la COI, les chefs d’État ont demandé d’accélérer les négociations, « ce qui veut dire que tout devra être bouclé avant le prochain sommet ». Le précédent du sucre n’est pas rassurant. Les 200.000 tonnes de la production réunionnaise ne sont pas déterminantes dans un marché européen de 16 millions de tonnes. Elles n’ont pourtant pas été épargnées par la suppression des quotas sucriers. La Réunion doit faire face à l’ouverture du marché européen des sucres spéciaux à des pays tiers. Ceci remet en cause les déclarations du président de la Commission européenne à la conférence des régions ultrapériphériques en Guyane.

« Il faut passer à autre chose », ajoute le PCR. « C’est dans ce sens que dimanche, au travers de l’hommage rendu à Paul Vergès, nous tracerons de nouvelles perspectives », conclut Yvan Dejean qui a présenté le déroulé de l’hommage, invitant la population réunionnaise à participer à cette commémoration.

M.M.