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La responsabilité s’impose pour prendre en compte les problèmes réunionnais

Le PCR et le séjour de Jean-Michel Blanquer à La Réunion

Manuel Marchal / 24 août 2017

Le Parti communiste réunionnais représenté par Maurice Gironcel, secrétaire général, et Julie Pontalba, membre du Comité central, a présenté hier son bilan de la visite de Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Education nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative. Cette visite a ressemblé à celle des ministres du gouvernement précédent et n’a rien changé. Ce n’est pas avec des vieilles recettes que les problèmes des Réunionnais pourront être réglés, indique le PCR, qui rappelle plusieurs revendications : création de deux grands services dans l’environnement et l’aide à la personne pour répondre aux besoins en pérennisant les emplois aidés, et la responsabilité pour que les Réunionnais puissent décider eux-mêmes de leur développement.

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Julie Pontalba et Maurice Gironcel.

Hier en conférence de presse, le Parti communiste réunionnais a donné sa position sur la première visite d’un ministre du nouveau pouvoir. Ce nouveau pouvoir avait pour but de « changer tous azimuts », rappelle Maurice Gironcel, Jean-Michel Blanquer est arrivé dans un pays en crise. C’est ce que rappelle le président de la CNL en visite à La Réunion lorsqu’il évoque le problème du mal-logement. Concernant la filière canne-sucre, rien n’est réglé, indique le secrétaire général du Parti communiste réunionnais. Pour le PCR, e passage dans notre île de Jean-Michel Blanquer a été une visite classique qui ressemble aux 23 visites ministérielles de l’ancien gouvernement. Pour le PCR, rien n’a changé dans ces visites. Face à l’immense attente de la population, la réponse du ministre est d’attendre les Assises des outre-mer.

Quelle alternative aux emplois aidés ?

Maurice Gironcel rappelle que le ministre est arrivé en pleine crise des emplois aidés. Le gouvernement a considérablement réduit leur nombre, ce qui a amené la plupart des maires à reporter la rentrée scolaire pour des raisons de sécurité le temps d’embaucher 2.200 personnes supplémentaires. « Avant de couper quoi de ce soit, avant de remettre en cause un dispositif pour les personnes les plus éloignées de l’emploi », il faut prévoir des solutions. Ce n’est pas le cas, déplore le PCR. Cette mesure est du même type que la baisse de 5 euros par mois des allocations logement.

Maurice Gironcel faisait partie de la délégation de maires qui a rencontré le ministre. Au sujet des emplois aidés, ce dernier n’a pas apporté de solutions. En France, c’est l’inquiétude générale. Le gouvernement baisse non seulement le quota, et le financement des contrats : 5 points de moins. Cela s’inscrit dans une période de baisse des dotations depuis 5 ans qui ont suivi une période de gel.

Personnels recrutés et payés par l’État dans les écoles

Cette rencontre a également permis d’aborder la question de la résorption de la précarité dans les collectivités. La titularisation entraîne l’obligation pour une commune de verser un salaire abondé de 53 % au titre de la prime de vie chère décidée par l’État. Or, la dotation globale de fonctionnement, rapportée au nombre d’habitants, versée par l’État aux collectivités de La Réunion est inférieure à celle reçue par les communes de France. « Comment mettre en œuvre un plan de titularisation dans ces conditions ? », interroge le secrétaire général du PCR. Il constate que ces baisses de crédits interviennent au moment où les dépenses des collectivités augmentent en raison de la croissance démographique.

Le report de la rentrée scolaire démontre que le service public n’est pas assuré correctement. L’État est responsable de l’Éducation nationale. C’est pourquoi le PCR demande le recrutement de personnels permanents payés par l’État en nombre suffisant pour faire fonctionner correctement les écoles.

Pour deux grands services

Si le gouvernement indique que les emplois aidés ne sont pas efficaces contre le chômage, le PCR estime qu’ils peuvent être pérennisés en répondant à des besoins permanents. Maurice Gironcel rappelle qu’en 2006, Gélita Hoarau avait défendu la création de deux grands services d’intérêts publics dans l’aide à la personne et l’environnement. Cette proposition n’a toujours pas été étudiée. Or, le responsable communiste constate que le MEDEF dit également que l’aide à la personne est une mine d’emplois. C’est le potentiel de « 200.000 emplois qui correspondent à des besoins et qui feraient entrer 1 milliard d’euros dans les caisses de l’État ».

Vie chère pour tout le monde

Enfin, le PCR rappelle le constat de l’UNEF sur le coût de la vie plus cher à La Réunion. Cela rejoint les conclusions de la Cour des comptes, d’un rapport du Sénat. L’UNEF estime nécessaire d’augmenter les bourses de 100 euros. Le PCR note que cela correspond à ce qui a été supprimé par l’ancien gouvernement (RSTA). Pour le PCR, il y a urgence à évaluer le coût de la vie à La Réunion. Il y a en effet « deux poids deux mesures avec d’un côté des personnes qui perçoivent une prime de vie chère, et tous les autres qui ne touchent rien de plus alors qu’ils ont les salaires les plus bas ».

En conclusion de son bilan de la première visite d’un ministre du nouveau pouvoir, le PCR souligne que ce n’est pas avec des vieilles recettes que le problème pourra être réglé. « Plus que jamais, il faut un projet réunionnais. Quelle responsabilité aux Réunionnais pour diriger La Réunion ? », c’est là que se situe le débat, conclut le secrétaire général du PCR.

M.M.